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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

ment suffisante. Si l’on remarque, en effet, qu’unepluie de 0 B> ,01 suffit pour imbiber largement le sol à laprofondeur où doivent pénétrer les arrosages, on verraque nous tenons compte des irrégularités de l’irriga-tion, en doublant ou quadruplant l’épaisseur delà couched’eau nécessaire pour obtenir, artificiellement, le mêmerésultat que celui produit par la pluie. Les irrigationsen Italie fournissent, du reste, des chiffres peu diffé-rents de ceux auxquels nous arrivons, si l’on remarqueque les colatures, soigneusement recueillies, serventune seconde et quelquefois une troisième fois à l’arro-sage.

M. Puvis , après avoir cité plusieurs exemples, con-clut qu’il faut donner au moins 0 ul , 10 d’épaisseur d’eau♦aux prairies par vingt-quatre heures, 0”,30au maxi-mum et 0 m ,20 en moyenne, et que le nombre de jours

sementdes vannes, etc., on voit que l'on peut généra-lement admettre qu’un débit permanent de 01>t»5Ü parseconde et par hectare est, en moyenne, parfaitementsuffisant, quand on considère l’ensembled’une grande en-treprise d’irrigation, où les trois genres de culture donton vieutefe parler se trouvent réunis dans leurs rapportshabituels. Il serait certainement préférable de pouvoirdisposer d’un %olume d’eau plus considérable, d’unlitre par seconde, par exemple; niais cette abondancede richesse n’est nullement indispensable aux succèsdes opérations bien dirigées.

Nous avons d’ailleurs résumé dans le tableau sui-vant un certain nombre de données relatives auxarrosages. La plupart sont supérieures aux chiffresque nous venons déposer, soit parce qu’on perd les cola-tures, soit parce qu’il s’agit d’irrigations limonantes :

DÉSIGNATION

dei

CULTURES.

LOCALITÉS.

DURÉE

de

la saisond’arrosage.

NOMBRE

d’arrosages

par

saison.

ÉPAISSEURde la

couche d’eau

À chaque

arrosage.

VOLUME

d’eau

employée parsaison

et par hectare.

1

ECOULEMENTicontinu |correspondantpar seconde jet par hectare.)

jours.

m.

m.

lit.

Prairies. . .

Haute-Garonne .

160

16

0,05

8,000

0,58

—

Bouches-du-Rhône , La Crau.

180

16

0,08

12,800

0,11

—

- -

180

18

)»

5,330

1,00

—

Hautes-Alpes .

«0

10

0,053

y

0,68

—

Piémont, province d’Ivrée .. .

180

20

0,077

y

1,00

—

Milan'.

180

20

U

»

1,00

—

Pavie*.

180

20

y

„

0,75

—

Arcachon 3 .

»

U

»

y

0,50

—

Canal d’Ain 4 .

„

»

y

y

0,83

—

Canaux du Tech 5 .

y

»

»

y

0,65 |

—

Cavaillon 6 .. . . .

y

»

0,06

y

1,00

—

Le Pontet 7 .

»

»

0,05

»

1,15

—

Avignon 8 .

U

y

0,10

0

0,965

—

La Médecine 9 .

„

y

0,04

»

0,077

Luzerne. . .

Cavaillon 10 .

:>

»

0,06

y

1,003

—

Avignon 11 .

„

»

0,08

0,9

-

Entraigucs, etc. 1 * .

„

»

0,I0

y

0,5

Jardins. . .

Cavaillon 18 .

M

*>

0,107

y

2,5

Haricots. . .

_ _ 14

w

0,05

M

»

1 Moyennes. — * Ibid. — 3 Projet des ingénieurs. — * Ibid. — 5 Projet de M. Longeon. — 6 Un arrosage tous lessept jours. — 7 Un arrosage tous les cinq jours.—# Un arrosage tous les douze jours.— 9 Un arrosage tous les 7 jours.— 10 Ibid. — 11 Arrosage tous les dix à douze jours. — 12 Arrosage après chaque coupe seulement. — 13 Arrosagetous les cinq jours au moyen de rigoles entre les planches. — J* Arrosage tous les cinq jours.

d’arrosage par an peut s’élever à vingt-cinq ou trente,et même beaucoup plus. Cette évaluation, en prenantle chiffre moyen de 0 m ,20 et vingt-cinq jours d’arro-sage, répond à une dépense d’eau de 50,000 mètrescubes par an, ou bien à uu écoulement permanent de3lit.,21 par seconde et par hectare’ prolongé pendant8ix mois. Ce chiffre n’étonnera aucun de ceux qui ontvisité quelques-unes des prairies au moyen desquellesil paraît avoir été établi : l’eau y coule en quantitésénormes et les colatures sont entièrement perdues.

En résumé, nous pensons qu’il suffit de pouvoirdisposer, par an, de 5,000 à 8,000 mètres cubes d’eaupar saison d’arrosage et par hectare de prairie, d’unequantité triple pour les jardins et de la moitié pourl’arrosage des céréales et de la plupart des plantes cul-tivées. Ces volumes d’eau répondent à des débits per-manents de Olit.,32 ù Oüt.,51 par seconde pour lesprairies, de Olit ,96 à 4lit.,53 pour les jardins et deOlit.,20 environ pour les céréales. En ajoutant à cesnombres les pertes dues aux filtrations dans les canauxd’amenées, aux fausses manœuvres, au mauvais établis-

IV. exemples de grandes operationsd’irrigation.

Après avoir décrit en détail les procédés d’irrigation,il ne sera pas inutile, pour montrer l'importance destravaux de cette espèce au point de vue de l’intérêt gé-néral et la part que l’Etat peut prendre à leur exécu-tion, de citer quelques exemples d’irrigations exécu-tées, en cours d’exécution, ou seulement projetées.

Parmi les entreprises de cette espèce, nous ne pou-vons nous empêcher de mentionner l’arrosage de toutela basse Egypte , au moyen du barrage situé à la pointedu Delta, près du Caire . Ce vaste projet, conçu parMéhémet-Ali , dressé et en partie exécuté par un in-génieur français , n’est pas moins digne de fixer l’at-tention que les travaux, gigantesques du même genreattribués aux anciens Egyptiens .

Ce projet consiste (fig. 111) dans l’établissement dedeux ponts éclusés à l’extrémité du Delta, sur lesdeux branches de Rosette et de Damiette . Le premiera i52"’,3 de longueur et se compose de cinquante-neuf