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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

sont le plus rapprochés, elle est bornée au nord par la 'frontière hollandaise et au sud par la Dyle et le 'Derncr. Cette vaste contrée, à peine peuplée il y a 1quelques années, renferme 150 à 200,000 hectares de jterrains à peu près improductifs. Le gouvernement 1litige n’a pas craint d'entreprendre l’amélioration de Jce pays tout entier. Les plus heureux résultats ont |déjà couronné scs efforts, et l’on peut affirmer, dès à jprésent, qu’un succès complet ne tardera pas à cou- jvonner une entreprise que le parti rétrograde desChambres s’était efforcé de repousser, en le signalant icomme ruineux et du plus mauvais effet moral.

Un grand canal, devant servir à la. fois à la naviga- |lion et à l’irrigation, porte les eaux de la Meuse sur iune partie du pays. Ce canal, les rigoles principales jd’alimentation et les chemins d'exploitation sont exé- 1cutés par l’Etat ; ils constituent ce que l’on appelle les !travaux préparatoires. Les billonnages, les rigoles se- !oondaires et la mise en culture sont laissés aux par- !ticuliers, sous la direction et la surveillance des agents 'du gouvernement. On c-time que les bienfaits de l’ir-rigation pourront s’étendre à 2b,000 hectares, au plusbas mot. On verra, du reste, plus loin, quels sont lesrésultats d; '•ette immense entreprise, au double pointde vue de l’intérêt public et privé.

Les irrigations alimentées par les petits cours d’eaucommencent à être assez répandues en France ; on enrencontre de beaux exemples, dans les Ardennes , les"Vosges, la Meurthe, la Moselle, les ï’yrénécs, la Loire ,le Puy de-Dome, le Doubs, Saône-et-Loire , etc., etc.Cependant elles sont loin d’atteindre le développementque l'heureuse disposition de nos vallées permettraitde leur donner. Les irrigations au moyen de grandscanaux d’arrosage sont, au contraire, assez rares; ellesne sc rencontrent que dans certains départements duMidi, et les quelques grands canaux que nous possédonssont, pour la plupart, d’une construction fort ancienne.

11 existe cependant de vastes projets, qu'il serait on nepeut plus désirable de voir exécuter, pour l'irrigationet l’aménagement des eaux de parties considérables denotre territoire, telles que la Dumbe, la Brenne, laSologne, la vallée du Guérivaudan, une partie desLandes , etc. Banni ces projets, nous devons particu-lièrement citer celui relatif à la distribution et àl’aménagement des eaux de la région des Pyrénées .Ce projet, qu’il serait trop long de décrire ici avecdétails, est un des plus importants étudiés jusqu’àprésent, et 1 un de ceux qu’il serait le plus désirablede voir mettre prochainement à exécution.

liéxvltats financiers des irrinations. Il nous reste en-fin à signaler quelques faits qui permettront d’appré-cier les résultats que l'on peut attendre des irrigations,soit au point de vue de la spéculation privée, dans lespetites entreprises, soit au point de vue de ^'intérêtgénéral, lorsque les grandes opérations que l'Etat diri-gera intéresseront à la fois le commerce, l’agricultureet l’industrie, toutes les branches, en un mot, de larichesse publique.

Pour abréger, nous choisissons au hasard parmi lesfaits innombrables que nous pourrions citer.

Dans les arrondissements de Semur et d’Avallon , lesterres se louent, dans les terrains granitiques, de 12 à■10 fr., et dans ceux du lias de 3(1 à 70 fr. Les nifanesterres, arrosées, acquièrent une valeur de 4 b à 100 fr.pour les premières, et de 7b à 180 fr. pour les se-condes. Les frais d’établissement des travaux d’irriga-tion sont évalués, en moyenne, à 300 fr. par hectare.

Dans les environs d’Autun , des terrains, qui ne va-laient que 900 fr. l'hectare, ont monté à b,000 fr. encinq années. Ln Bretagne, des landes que l’on vendait300 fr. valent 3,000 fr.

M. d’Angeville, à Lauprès (Ain ), a fait des irriga-

tions dans des conditions tout à fait exceptionnelles, etdes plus désavantageuses, puisque ses travaux ontcoûté plus de 800 fr. par hectare. Néanmoins, l’argentemployé est placé à plus de 10 p. 100. La dépense, eneffet, a été de 33,480 fr., savoir :

Construction de réservoirs. 19,200 fr

Autres travaux. 1 i,280

33,480 fr.

La surface irriguée est de 40 hectares; elle rap-portait, avant les travaux. 1,140 fr.

Elle produit, aujourd’hui.b,280

Augmentation. 3,8 iO fr.

Les grèves de la Moselle , qui sont sans valeuravant l'irrigation, arrivent, en peu d’années, à valoir5,000 fr. l’hectare. Les dépenses d’irrigation s’élèventà peu près à 1,200 fr. par hectare

Un canal, construit en Auvergne par M. Ilerbeys,pour dériver une partie des eaux de la Severaisse, ar-rose environ 1,800 sétérées de terre (IG“ res ,76). La sé-téréc de terre se vendait, avant l’établissement du ca-nal , 40 fr. Elle vaut maintenant 800 fr. Ce canal, de28 kil. de longueur, n’a pas coûté plus de 100,000 fr.,cta permis de créer une valeur de 1,308,000 fr., diffé-rence entre la valeur passée et la valeur présente de laterre arrosée.

Dans différents travaux d’irrigation, exécutés enTouraine par M. Pareto, on a dépensé 16b f ,00 parhectare; l’augmentation moyenne du revenu net, parhectare, a été de ü6 f ,2b. Ce résultat a été régulièrementconstaté. C’est un placement fait à près de 42 p. 100.

M. Puvis, dans l’Ain , a irrigué 92i»«t.,43 d’anciensprés. La dépense s’est élevée à 19,000 fr. ; l'augmen-tation de produit a été de 207,000 kilogr. de foin demeilleure qualité que celui que l’on recueillait avantl’irrigation. Quelque bas que l’on fixe le prix du foin,l'opération de M. Puvis est toujours excellente. Lemême agronome a créé 38iiect.,59 de prés, avec unedépense de 20,150 fr. Il en obtient 217,500 kilogr.d’excellent foin. La terre où on a établi ces prairiesétait presque sans valeur.

En Sologne, les près non arrosés donnent de 1,000 à2,000 kilogr. de foin par hectare; les prés arrosés enfournissent de 4,500 à 8,000 kilogr.

Terminons enfin par un exemple de travaux exécu-tés sur une grande échelle, et où l’irrigation se déve-loppe avec tous les caractères d’une vaste entreprised'utilité publique: c’est dans la Campine belge , dontnous av ons déjà parlé.

Les travaux préparatoires à l'irrigation , compre-nant, comme on l'a déjà dit, les chemins d'exploita-tion et les rigoles principales d'irrigation et d'égoutte-ment, sont «aujourd’hui terminés sur une étendue deplus de 1,500 hectares, et déjà plus de 1,000 hectaressont en pleine culture. Les données fournies par uneaussi vaste expérience peuvofit être regardées commeparfaitement établies, et servir de base aux calculs lesplus positifs.

La dépense d’établissement des travaux prépara-toires à l’irrigation s’élève, en moyenne, à 130 fraucsenviron par hectare. Il n’est pas encore possible defixer d’une manière absolut?le prix des travaux laissés| aux soins des acquéreurs qui les ont exécutés de raillel manières. Mais nous pouvons dire ici d’une manière; générale que les travaux de la mise en culture, con-j venablemcnt dirigés, s'élèvent au plus à 6 ou 700 fr.pari hectare, et quelquefois à beaucoup moins, de sorte ques le prix de revient d’un hectare de prairie, y compris1 l’achat du terrain, no dépasse p.as aujourd’hui 1,000 a: 1,200 fr. Le revenu net de l’hectare de prairie irriguée,dans les plus mauvaises conditions, ne s’élève pas, à