AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
partir de la seconde année, à moins de 130 à 150 fi*.Les capitaux places dans les opérations agricoles dela Oainpinc rapportent par conséquent de -10 à 15p. 100 par an. Les évaluations précédentes sont plutôtau-dessous qu’au-dessus de la vérité.
La mise eu pulture des terrains préparés à l'irriga-tion et vendus aux enchères par le gouvernement,s’exécute par les soins de grands propriétaires, ou parles agents de compagnies formées à cet effet. Les avan-tages certains des opérations de cette nature considé-rées en ellcs-mOmes, et l’espoir de réaliser des béné-fices considérables en revendant eu détail, après uncertain temps, les terrains transformés en prairies,ont donné naissance à plusieurs compagnies d’irriga-tion établies à Maastricht, à Anvers et à Bruxelles. Cesont des exemples remarquables de l’application à l’a-griculture de compagnies industrielles. Il serait vive-ment à désirer de voir les grands capitaux s’engageren France dans la meme voie. Nous ne doutons 'pasdu succès des entreprises de cette espèce, sagementet honnêtement dirigées.
Les faits particuliers que nous venons de citer éta-blissent clairement les avantages pécuniaires, et, pourainsi dire, individuels, des travaux agricoles dirigéspar le gouvernement belge ; mais ils ne donnent qu’uneidée très incomplète de leurs résultats généraux, desimmenses bienfaits qu’ils répandent dans la classeouvrière et des ressources nouvelles qu’ils sont appelésà créer en Belgique . Quelques chiffres suffiront pourfaire apprécier l'importance de cette grande entreprise.
L’œuvre du défrichement en Campine , dit M. Küm-mer, dans son rapport annexé à la loi du 25 mars 1847,peut s’étendre sur une surface de 150,000 hectaresUne étendue de 100,000 hectares est irrigable et peutêtre convenablement transformée en prairies. Maispoiir se tenir dans les limites d’une extrême modéra-tion, et pour que les ré.-ultats soient de beaucoup au-dessus des avantages prévus, on ne doit compter quesur la conversion en prairies de 25,000 hectares. C c>tce dernier nombre qui a généralement été pris pourbase des différents calculs faits sur ce sujet.
Les bruyères de la Campine sc vendaient, en 1830ou 1835, de 15 à 20 fr. l’hectare. Ce prix s’éleva,en 18i0, dans la pré\ision de la prochaine exécutiondes travaux, à 40 fr. Aujourd’hui, le prix de l’hectarevarie de 250 à 400 fr. , déduction faite des sommes 4 ’avancées par l’Etat pour les travaux préparatoires.Le prix des terrains incultes s’est donc accru de plusde 200 fr. par hectare, grâce aux travaux prépara-toires, ce qui donne, pour les 25.000 hectares dontnous avons parlé, une augmentation de valeur \éna!ede plus de 5 millions. Cette augmentation dépasseraitdebeaucoup 20 millions, si les prix de ventes s’élevaientassez pour réduire à 5p. 100 l’intérêt des fonds placésen bruyères irrigables, qui rapportent maintenant,comme nous l’avons déjà dit, au moins 10 p. 100 par an.
Cette augmentation de la valeur vénale des ter-rains ne donne, du reste, qu’une mesure tout à faitinsuffisante des résultats des tra\aux d’irrigation. Pourarriver à une estimation exacte de leur importance, ilfaut évaluer les produits qu’ils permettront de créerannuellement. En supposant, ce qui est as>uréme:itfort au-dessous de la vérité, que chaque hectare deprairie ne nourrisse qu’une tête de gros bétail, la for-mation. en Campine , de 25,000 hectares de prairiessuffirait pour augmenter la production de \iande en•Belgique d’une quantité supérieure au chiffre consi-dérable de l’importation actuelle de cette denrée. Maisce n’est pas tout encore : les fumiers des animauxnourris au moyen des nouvelles prairies exerceront,sur la culture des terres lalîourées environnantes, uneinfluence dont chacun appréciera la valeur, sans qu’ilsoit nécessaire de rappeler les chiffres que les agro-
nomes admettent à cet égard. De sorte que, non-seu-lement les 25,000 hectares do prairies que nous pre-nons pour base de nos calculs nourriraient 25,000 têtesde gros bétail, mais encore augmenteraient, dans uneénorme proportion, le produit annuel en céréales de*terres voisines. En ajoutant la valeur de ces deuxproductions naturelles on arrive à la véritable estima-tion de l’accroissement de la richesse publique produitpar les travaux d’irrigation de la Campine . Cette der-nière remarque est d’ailleurs tout à fait générale, ets’applique à tous les cas dont nous avons parlé, desorte que l’accroissement direct de revenu que nousavons seul pu faire entrer en ligne de compte, doit êtreaugmenté dans une forte proportion pour tenir comptede l’accroissement indirect dû à l’amélioration des cul-tures voisines.
CHAPITRE IV.
OPERATIONS MÉCANIQUES DE CULTURE.
MACHINES AGRICOLES.
Les descriptions d’un certain nombre de machinesagricoles insérées dans la première édition du Dit-tionnaire seront reproduites dans l’édition actuelle.On se bornera donc à signaler ici quelques appareilsqui ne se trouvent point indiqués dans le reste del’ouvrage, et à renvoyer pour les autres aux articlesspéciaux qui leur sont consacrés.
La classification méthodique d’appareils aussi nom-breux et aussi variés, dans leurs buts et dans leursformes, que ceux qui constituent le matériel de l’industrieagricole, présente de très grandes difficultés qu’il11 ’eut pas été utile d’essayer de surmonter dans untravail aussi abrégé que celui-ci. On a donc seulementcherché à rendre, pour le lecteur, les recherches aussifaciles que possible, en rapprochant les uns des autresles instruments destinés à des usages analogues, et euprocédant, dans chaque groupe, des appareils les plusélémentaires aux plus perfectionnés. Un étudiera suc-cessivement dans ce qui suit :
Les instruments destinés à la préparation mécani-que du sol;
Les semoirs;
Les machines à recueillir les récoltes et à leur fairesubir les préparations qui s’exécutent ordinairementdans les fermes;
Enfin les instruments de.transport.
Première sertion. — Instruments destinés à lapréparai on du sol.
Cette classe d’instruments est la plus nombreuse etla plus importante. Les façons diverses données à laterre pour l’aérer et l’ameublir sont sans contredit labase de toute agriculture avancée On a expliqué,d’unemanière générale, dans le chapitre II, i’inlluence de ladivision du sol sur le développement des plantes. Onne reviendra point maintenant sur ce sujet.
Instruments à Iras d’homme. L’homme employé àdiviser, ou bien à ameublir le sol, procède de deux ma-nières différentes. Tantôt il fait pénétrer 1 instrumentdont il sc sert en agissant sur lui par son poids, tantôt il l’élève à une certaine hauteur et l’abaisse, enajoutant ses efforts à l'action de la pesanteur pour lefaire pénétrer profondément dans le terrain. A cesdeux modes principaux d’action répondent deux classesprincipales d'instruments à bras pour travailler lesterres, dans lesquelles viennent se ranger toutes lesvariétés d'outils de cette espèce. La bêche forme letype de la première classe et la pioche celui de la se-conde*