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AGRICULTURE.

AGRICULTURE

toute Tannée la luzernière par des moutons, ou de lafaucher toutes les fois que les plantes ont 0"',06 ou0“\07 de hauteur. Far ces moyens, la cuscute ne peutmonter en graine et ne se reproduit pas l’année sui-vante. La graine de cuscute ne sc sépare point par lecriblage de celle de la luzerne; mais, en frottant en-tre deux toiles rudes le mélange des deux graines etcriblant ensuite, celle de cuscute est facilement sé-parée.

Enîin, un insecte particulier, le oolopsis a/ra, dévorequelquefois la luzerne. Il faut, quand cet ennemi at-taque un champ, le mettre en fuite en fauchant la lu-zerne. On peut aussi attendre à l’époque de l’appari-tion des larves. Il parait meme que ce retard estavantageux.

Tri (le rouge. Le trèfle est pour les climats froids ethumides ce qu’est la luzerne pour les contrées pluschaudes. Le trèfle vient évidemment d’autant mieuxque la terre est de meilleure qualité; mais il donneencore de bons produits dans des terres médiocres, etréussit presque partout, à moins do conditions tout àfait défavorables.

Il existe plusieurs variétés de trèfle; mais la plusrépandue et la plus rustique est le trèfle rougeordinaire (lig. 163). Ilserai: cependant utiled’essayer un peu engrand les autres varié-tés; on en trouveraitsans doute quelques-unes de convenablespour certaines condi-tions déterminées.

On sème le trèfle àla volée, à raison de15 à 20 kilog. par hec-tare. La scmaille a lieuen automne, avec lescéréales, ou bien auprintemps, soit avecles céréales d’automne,soit avec celles du prin-temps. La graine nedoit être recouverte que

de 0 U ,020 à 0"',025 de

terre. Les graines plusprofondément enfouiesne lèvent que très dif-licilemcnt.

Ou défonce généra-lement les trèfles à lafin ài leur deuxième ouau plus tard de leurtroisième année. Quelquefois meme on ne recueillequ’une année de fourrage; mais cette méthode n’estjustifiable que-dans le cas d’un semis mal réussi; carle produit le plus abondant est celui de la seconde an-née, et le trèfle étant, éminemment améliorant, accroîtpar son séjour mémo la fertilité du sol.

Le trèfle enlève à la terre une forte proportion d’é-léments minéraux qu’il est indispensable de restituer ausol par des amendements appropriés. Le plâtre est trèsfavorable à cette culture. Il convient d’en répandreune :crtaine quantité après chaque coupe. Le plâtrageannuel doit être de 300 kilog. environ par hectare.

Pour faire consommer le trèfle en vert, on le coupeaussitôt que la faux peut le saisir. Quand on veut leconvertir en foin, on le coupe en pleines fleurs, si Tonespère une seconde coupe, et seulement quand ellesconrncncent à se flétrir dans le cas contraire. Le sé-chage du trèfle est très difficile parce qu’il contient plusdes 3/-i de son poids d’eau. La graine sc récolte liabi-

Fig. 103.

tuellemcnt sur les plantes de la seconde coupe. On ob-tient 1 , en moyenne, 5,000 à 7,000 kilog. de foin detrèfle par hectare. Le produit, dans les terres fraîcheset irriguées du Midi, peut s’élever à 9,000 kilog., etCrud dit en avoir obtenu, en Suisse , jusqu’à 10,000 ki-logrammes.

Le trèfle incarnat est un fourrage précoce qui peutrendre des services en raison de ses qualités particu-lières. Il est assez peu répandu.

Sainfoin. Il y a deux variétés de sainfoin : le petitet le grand. La seconde, obtenue par les cultures soi-gnées, dans les bonnes terres calcaires du Languedoc ,est infiniment plus vigoureuse que la première ; le regainest assez abondant pour être fauché, ce qui lui a faitdonner le nom de sainfoin à deux coupes. Il dégénère àla longue dans les terres pauvres et arides, et la grainedoit être renouvelée.

Le sainfoin se plaît particulièrement dans les terresprofondes, légères et fortement calcaires. Mais il vientdans tous les terrains, même les plus sableux et lesplus arides ; il ne redoute que les sols à eaux stagnantesou constamment humides. Cette faculté de croître dansles terrains arides fait du sainfoin une plante fourra-gère des plus précieuses; non-seulement il donne unproduit dans des terres pour ainsi dire sans valeur,mais encore il les enrichit par scs débris, augmenteleur consistance, et permet de cultiver des céréales dansdes terrains où on n’aurait pas essayé de le faireavant- lui.

Les cultivatem's qui attachent une grande impor-tance à la culture du sainfoin le sèment au printemps,quand la température atteint environ 10*’, sur uneterre préparée à cet effet l’automne précédent. Avantles semailles, on donne un coup de scarificateur pourbien nettoyer et ameublir le terrain. Habituellement onse borne à semer à l’automne, sur les sols bien égout-tés, avec les céréales d’hiver, ou bien, au printemps,soit sur la céréale d’hiver, après un hersage, soit avecles céréales de printemps, ou enfin avec un semis devcsces destinées à être consommées en vert. On em-ploie 4 à 6 hectol. de graines par hectare, selon saqualité. Dans les terrains peu calcaires, ou répand,chaque année, 200 à 250 kilog. de plâtre. Le sainfoindoit être conservé deux ou trois ans, et même pluslongtemps, s’il n’est pas trop envahi par les mauvaisesherbes.

On fauche le sainfoin quand la floraison est com-plète. Ou obtient, dans les terrains convenables, 4,000 à7,000 kilog. de foin par hectare. Le regain, quand onne le fauche pas, doit être pâturé par des bêtes à cornes ;les moutons coupent la plante trop près du collet et ladéchaussent. On doit éviter de semer le sainfoin tropprès des arbres; il leure-t funeste.

Le trèfle, la luzerne et le sainfoin forment la presquetotalité de nos prairies artificielles. Nous nous borne-rons à mentionner quelques autres plantes employéesau même usage.

Le sulla ou sainfoin d'Espagne est une plante four-ragère des pays chauds; elle rendra probablement dogrands services en Algérie ; mais les hivers, en France ,même dans le Midi, sont souvent trop rigoureux pourelle.

La lupulinc ne peut être fauchée, mais elle fournitun pâturage assez précieux dans les terrains où le trèflene réussit pas, et où le'sainfoin ne s’élève pas assez.

Les ve-sces et les gesces sont semées, soit seules, soitmélangées avec d’autres plantes, et consommées ensec ou en vert; employées comme fourrages, ces plantesn’offrent d’avantages que dans des circonstances assezspéciales.

L’ajonc, en Bretagne , le genêt d'Espagne , dans leMidi, rendent quelques services comme fourrage. Cesdoux plantes, mieux connues, permettraient d'utiliser