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AGRICULTURE.

agriculture.

de vastes terrains pour ainsi dire abandonnas aujour-d’hui. .

La spergule rend, en Belgique , d’inimenses services,soit comme engrais vert, soit comme fourrage. Elle pa-raît réussir beaucoup moins bien en France , et dégé-nère souvent avec une rapidité singulière.

Enfin, on cultive quelquefois l’orge, le seigle, lemaïs, etc., comme fourrages verts annuels, et lesivraies, 1 herbe de Guinée, etc., comme fourrages per-manents. Toutes les plantes de cette dernière catégo-rie enlèvent au sol plus de principes fertilisants qu’ellesne lui en restituent, de sorte que si elles sc placentsous le rapport de leurs applications parmi les plantesfourragères, elles doivent être soigneusement distin-guées de celles que nous avons étudiées avec plus desoiu, et qui jouent un rôle si important, au point dovue do l’économie agricole, par suite de la propriétéqu’elles possèdent d’accroître la fertilité du sol.

Quatrième section. •— Plantes cultivées en grand pourleurs racines alimentaires.

Los racines entrent maintenant en forte proportiondans le régime alimentaire de l’homme et des ani-maux. Elles rendent à l’agriculture, par leurs qualitésspéciales, des services signalés, et leur introduction,dans certaines localités, a transformé l’état du sol etson mode d’exploitation. On ne doit pas cependant selaisser aller à trop d’admiration pour les produits decette culture. Ils ont, il est vrai, un poids très consi-dérable, mais ils ne contiennent relativement qu’unefaible quantité de matières nutritives, et l’exemple ter-rible do l’Irlande montre le danger de laisser prédomi-ner dans un pays la culture d’aliments d’un ordreaussi inférieur.

On étudiera, dans ce qui va suivre, les principalesplantes à racines alimentaires, à l’exception de la bel -ivrai e, pour laquelle nous renvoyons à l’article SUCRE .

I. POMMES DE TERRE.

Les variétés de pommes de terre sont extrêmementnombreuses, et se multiplient tous les jours. Il seraitimpossible d’en donner une liste complète, et surtout dedélinir nettement chacune d’elles. La collection conser-vée par M. Vilmorin est partagée en-quatre sections :1° les pommes de terre très productives, à goût moinsdélicat que les autres ; 2° les pommes de terre remar-quables parieurs bonnes qualités; 3° les pommes deterre hâtives; les pommes de terre de longue garde.< ’ette classification pratique serait difficile à appliqueren tous lieux. M. de Girardin a proposé de partager lespommes de terre, en raison de leur conformation exté-rieure, en trois sections : 1° les patraques, à tuber-cules généralement arrondis, offrant des yeux nom-breux et apparents; 2° les parmentières , à tuberculesallongés ou aplatis, munis d’yeux peu nombreux;3° les ritelottes, à tubercules allongés et cylindriques,offrant des yeux très nombreux, très apparents, et en-châssés dans une cavité profonde.

Les parmentières ne comprennent que des variétésde jardin; parmi les viteloitcs, quelques-unes senle-lement conviennent à la grande culture. Dans la sec-tion des patraques, enfin, se rencontrent les espècesles plus productives. La patraque ex-noblc se place enpremière ligne, excepté dans les terrains calcaires, soitpour les emplois alimentaires, soit pour la féculerie.

La pomn e de terre se développe dans la plupartdes terrains, pourvu qu’ils ne soient pas trop com-pactes, et qu’ils ne soient ni tout à fait secs, ni cons-tamment mouillés. Elle se plaît particulièrement dansles terres fertiles, légères et fraîches.

i Dans 'les climats humides et les terrains frais, onI peut se dispenser de remuer profondément la terre quidoit recevoir des pommes de terre. Mais les laboursi profonds et les défonccments sont indispensables dans! les terres disposées à la sécheresse.

On reproduit, en général, les pommes de terre endéposant en terre des tubercules coupés en morceaux,de telle sorte que chaque fragment contienne au moinsun œil. Le moyen le plus expéditif de semer consisteà déposer les fragments au fond d’une raie de charmede ()"’, 10 de profondeur, et à les recouvrir par la terreque renverse le versoir en ouvrant le sillon suivant.Quelquefois on plante à la main, en quinconce, enouvrant de petits trous au point d’intersection delignes d’avaire perpendiculaires, éloignées les unes desautres d’une quantité convenable. Dans les terres hu-mides, on plante les pommes de terre au sommet debillons étroits, et on les recouvre avec la tjerre dedeux sillons voisins formant rigoles d’assainissement.L’espace entre les plantes est très variable ; cependant,dans le plus grand nombre des cas, il est de 0 ,u ,25 afi"',30 en tout sens. Cet écartement paraît être celuiqui donne le maximum de produit ; mais il oblige àdonner à la main toutes les façons.

On sème les pommes de terre en automne, au prin-temps, ou bien même après la récolte des eéréales, dansles pays assez chauds et où le sol est en même tempsassez frais pour que l’on puisse obtenir la récolte avantl’hiver.

Les soins que réclame la pomme de terre se bor-nent à des sarclages, que l’on peut donner à la herse,et à un buttage quand la végétation est assez avancée.Cette dernière opération est même quelquefois négligéesans que le produit paraisse en souffrir beaucoup.

On arrache presque toujours les pommes de terre àla fourche ou à la bêche. On estime qu’il faut dix-huitjournées d’homme et huit de femme pour recueillir,sur 1 hectare, 23,110 kilog. de tubercules. L’époquede lu récolte n’est pas absolument fixée, comme pourles plantes aériennes. Le moment le plus convenableest celui où toute la pomme de terre présente une con-sistance homogène. Elle renferme alors, en moyenne,environ 75 à 77 p. 100 d’eau.

Les pommes de terre demandent des engrais d’unedécomposition facile, fournissant beaucoup d’acide car-bonique, et riches en sels alcalins. Le fumier ordinaireleur convient très bien; selon Sehvverz, il faut en em-ployer 19,000 à 20,000 kilog. par hectare pour obte-nir 17,700 kilog. de récolte, ce qui répond assez bienaux indications de la théorie.

Un hectolitre ras de pommes de terre pèse de 62 à65 kilog. Il contient 300 tubercules, s’ils sont très gros,900 s’ils sont moyens, et jusqu’à 2,000 s’ils sont trèspetits. On obtient, dans les bonnes cultures, 25,000 etjusqu’à .30,000 kilog. de pommes de terre par hectare.Mais, dans les terres médiocres mal soignées, ou dansune mauvaise année, la récolte tombe quelquefois à•10,000 kilog. On estime qu’elle est, en moyenne, de17,000 kilog. contenant 6i kilog. d’azote, cl représen-tant, par conséquent, une masse de nourriture égale àcelle que fourniraient -i9 liectol. de blé, c’est-à-dire leproduit de près de i hectares consacrés à cette plante.

Les pommes de-terre se conservent très bien quandon peut les mettre à l’abri de la lumière et des gelées,et surtout des dégels trop rapides. Des caves biensèches, et assez profondes pour qu’il n’y gèle pas, se-raient le meilleur emplacement pour conserver cetterécolte ; mais il est rare que l’on dispose de pareillescaves ; on y supplée au moyen de silos en maçonnerieou en terre. Ces derniers sc construisent en creusantdans le sol une fosse de 0"'i0 à U"',50 de profondeur ;on garnit de paille le fond et les bords de cette fosse,et on la remplit de pommes de terre que l’on dispose