AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
Chanvre. Le chanvre (fig. 164) a besoin d'un lorrainfertile, profond, qui ne soit pas extrêmement tenace,
Fig. 161.
et qui, sans être mouillé, reste frais pendant toute ladurée de la végétation de cette plante. La rapidité de• c n croissance permet de le cultiver dans des climatsirès opposés.
La terre à chanvre doit être bien préparée et abon-damment fumée, à moins qu’elle ne soit par elle-mêmed’une extrême fertilité, périodiquement renouvelée pardes inondations ou autrement. On sème depuis le mi-lieu de mars jusqu’en juillet, selon la récolte qui ac-compagne ou précède la culture du chanvre. On em-ploie de 6 à 12 hectol. de semences par hectare, se-lon le but que l’on se propose d’atteindre et la naturedu terrain. Les semis clairs donnent des tiges grandeset fortes très convenables pour fournir de la graine,mais dont la filasse est grossière ; les semis épais, aucontraire, fournissent de petites tiges qui s’abritent lesunes les autres, et donnent de la filasse fine etdouce. Lessemis épais n’exigent, pour ainsi dire, aucun soin,parce que le chanvre étouffe les mauvaises herbes.Dans les semis clairs, on donne au plant un ou deuxsarclages et un binage. La récolte du chanvre se faiten deux fois. On arrache d’abord le chanvre male, etquelques semaines après le chanvre femelle, qui n’ar-rive à maturité qu’un peu plus tard.
Lin. Cette plante est cultivée soit pour sa filasse, soitpour sa graine. U est difficile d’obtenir à la fois cesdeux produits dans de bonnes conditions. La filasse aperdu une partie de ses qualités quand la graine ar-rive à maturité. Cependant, en cueillant le lin un peuavant la maturité de la graine, on obtient une filassepassable, et, pendant le séchage, la graine arrive à unpoint suffisant de maturité pour être employée à lafabrication de l’huile, et surtout comme assaisonne-ment des fourrages.
Le lin exige, comme le chanvre, des terrains fertiles,frais, riches en engrais et en humus. Les alluvions etles prairies défoncées conviennent particulièrement àsa culture. La préparation du sol varie avec les usageslocaux, mais elle doit toujours être soignée. Les en-
grais énergiques conviennent très bien au lin; il en-lève au sol une forte proportion de sels minéraux. On
recommande vivement, en Irlande ,par hectare, un mélange formé de :
de lui appliquer,
Os en poudre..
. 300 kil.
Chlorure de potassium. . . ,
. 106
Chlorure de sodium. . . .
. 135
Plâtre cuit pulvérisé. . . .
. 188
Sulfate de magnésie. . . .
1,120
On sème en automne ou vers le mois de mai, h rai-son de 125 à 250 kil. de graine par hectare, selonque Von veut obtenir de la graine, ou des filasses plusou moins fines. On obtient de 400 à 600 kil. de filassepar hectare, en moyenne.
On recueille le lin, comme le chanvre, en l’arra-chant par petites poignées. On le fait sécher, puis onle soumet au rouissage et aux autres opérations in-dustrielles nécessaires a sa transformation en matièreouvrée. Nous n’avonspas àexaminerces différentes ma-nipulations, qui font l’objet d’un article spécial du Dic-tionnaire ; mais nous ne pouvons passer sous silence unemodification récemment introduite dans la préparationdu lin, et qui permet de remplacer l’ancien procédé siinsalubre du rouissage par une opération qui n’entraîneavec elle aucun inconvénient, et permet de restituer au: sol toutes les matières solubles qui se perdent ordinai-1 rement dans les routoirs. Ce procédé consiste à placerle lin dans des cuves remplies d’eau chauffée à 32 aenviron. La fermentation se développe rapidement etle rouissage est terminé en soixante ou quatre-vingt-dix heures. Dans le grand établissement de MM. Ber-nard et Koch, les cuves sont en bois, de forme ellip-tique; le grand diamètre a 4 m ,27, le petit 3"',05. Laprofondeur des cuves est de 1 *'*, 12. Elles sont garniesd’un double fond percé de trous, dans lequel se trouveun serpentin où l'on fait passer de la vapeur pouréchauffer l’eau. Le lin est placé verticalement dansles cuves et maintenu par un disque en planches. Onremplit l’appareil d’eau, on fait arriver la vapeur dansle serpentin, et quand la masse est suffisammentéchauffée on l’abandonne à elle-même; la fermentationsuffit pour entretenir la température nécessaire. Quandla fermentation est terminée, on fait sécher le lincomme de coutume. L’eau des cuves est employéecomme engrais; elles rendent au sol la presque totalitédes principes fertilisants enlevés par le lin, et permet-tent ainsi de ramener souvent cette plante sur la mêmeterre sans l’épuiser.
II. PLANTES OLEIFERES.
La graine de lin peut servir à la préparation d’unehuile fort utile pour les arts. Cependant, c’est commeplante textile que le lin rend le plus de services; aussiLavons-nous placé dans la division précédente. Oncultive en France pour la fabrication des huiles unassez grand nombre de plantes, parmi lesquelles nousciterons seulement les suivantes, qui sont les plus ré-pandues. Toutes ces plantes, épuisant le sol, exigentdes engrais abondants et doivent être associées dans laculture aux plantes qui concourent à enrichir le sol deterreau. Leur place dans la rotation doit être la mêmeque celle des céréales, c’est-à-dire entre une récoltesarclée et une plante fourragère.
Colza. Le colza (fig. 165) vient bien dans presquetous les terrains qui ne sont pas trop inconsistants.On le sème à l’automne ou au printemps, surle terrainsoigneusement préparé, ou bien on le transplaute. Cettedernière méthode est la plus fréquemment employée.On choisit un moment où le terrain de la pépinière est