AIGUILLES.
parties,'l’une F fixée au moyeu d’une manière inva-riable, l’autre E glissant a coulisse sur la première, etpouvant C*tre rendue solidaire avec elle par le moyend’une vis qu’on desserre lorsque le dévidage est ter-miné, ce qui permet d’enlever ensuite aisément le til.
Sixième opération. Ou ôte la botte do fil qui en-veloppe le rouet; on la coupe en deux endroits dia-métralement opposés, soit à Laide d’une cisaille àmain, soit à l’aide d’une cisaille mue mécaniquement.31 en résulte deux faisceaux composés dequatre-vingt-dix ou cent fils longs de 2G à27 décimètres.
Septième opération. Ces faisceaux de filssont alors coupés en morceaux d’une lon-gueur égale à celle de deux aiguilles, etmeme un peu plus grande. Pour cela onplace les fils dans un demi-cylindre fermépar un bout Ifig. 3/, et on les coupe tous àras de l’ouverture, avec des cisailles; unseul ouvrier coupe en dix heures de travail400,000 fils de chacun deux aiguilles.
Huitième opération. Les fils, coupés de lalongueur de deux aiguilles, sont en partie pliés et cour-bés ; il faut les redresser : c’est ce qu’on fait très promp-tement, et d’une manière aussi simple qu’ingénieuse, àLaide d’un banc à presser, de deux anneaux et d’unerègle à jour.
Cette opération consiste : 1“ à placer dans deux an-neaux cinq à six mille fils bien serrés et bien pressés;2° à poser le rouleau ou faisceau qui en résulte sur unbanc uni, couvert d’une plaque de fonte, après avoirchauffé préalablement ce rouleau jusqu’au rouge ce-rise dans un four établi à cet effet ; 3° à appliquer des-sus une règle à jour appelée râpe .(fig, 4i, de manière
Fig. 3.
Fig. 4.
que les deux anneaux se trouvent dans les intervalles dela règle, et faire aller et venir cette règle cinq ou sixfois en appuyant sur le faisceau, ce qui le fait tournersur lui-même et redresse presque en un clin d’œiltous les fils qui la composent. Au lieu de faire cetteopération avec la règle à main, on la fait plus promp-tement et mieux avec la règle à bascule représentéedans la fig. 5. La plaque de fonte est recouverte desable que l’on puise, à Laide d’une spatule, dans lacaisse placée à la partie inférieure de la figure. Lors-qu’un paquet est redressé, l’ouvrier appuie le pied surla pédale : la bascule joue, la râpe est soulevée, et ouenlève facilement le rouleau.
Seuvième opération. Les fils dressés sont portés à1 aiguiserie. L’aiguiserie ou empointerie consiste ordi-nairement en vingt-huit ou trente meules distribuéesdans les divers étages d’un batiment, et mues par uneseule roue hydraulique ou par une machine à vapeur.
Les meules ont 5 décimètres et 12 à 43 centimètresd'épaisseur, elles sont de grès quartzeux, de couleurgrise tirant sur le blanc, d’un grain brillant et d’unedureté moyenne. Comme ces meules tournent avecune grande vitesse et qu’elles sont sujettes à éclater,leur partie antérieure est cachée par une tôle forte,ouverte au milieu sur une hauteur de 2, décimètres etune largeur un peu plus grande que l’épaisseur desmeules.
Chaque ouvrier qui est assis vis-à-vis de chaquemeule prend en ses mains, entre le pouce et l’index,cinquante ou soixante fils, et les présente par un boutsur la partie découierte delà moule.; il appuie sur ces
AIGUILLES.
Fig. 5.
fils a Laide d’un doigticr de cuir fort, qu’il fait alleret venir pour leur imprimer à tous à la fois un mou-vement de rotation sur eux-mêmes, ce qui est néces-saire pour que les peintes soient coniques. L’habiletéde T ouvrier consiste à prendre à la fois le plus grandnombre de fils, et à leur imprimer un mouvement derotation bien régulier pour que la conicité soit par-faite.
Ce premier travail sur la meule se nomme dégrossis -sage. Les fils, échauffés par le frottement de la moule,rougissent bientôt; l’ouvrier les éteint dans une caissepleine d’eau qu’il a près de lui, et il continue de dé-grossir les pointes d’autres fils. L’ouvrier, pour ga-rantir sa vue des étincelles brûlantes qui s’éparpillenten tous sens, porte sur la tête un chapeau dont lelarge bord, rabattu sur son visage, est percé pour re-cevoir un verre do 42 à 45 centimètres de longueur et'de 5 à 6 centimètres de largeur.
On emploie encore, àl’exemple des Anglais , un garde-vue plus commode ; c’est un carré de verre dont lecadre en fer est mobile : l’ouvrier le place devant lameule et se garantit ainsi du danger des étincelles. Samobilité facilite le nettoyage, et sa grandeur permetde voir l’ensemble de l’opération.
Les meules sont tendres et friables, et elles s’usentrapidement et inégalement. Il faut souvent les retail-ler. Lorsque ce cas arrive, l’ouvrier prend un charbonqu’il tient dans une position fixe près de la meule quitourne, et de manière à marquer en noir les endroitssaillants qui ont besoin d’être enlevés; il fait ensuitearrêter la meule, et se sert d’une espèce de piocheavec laquelle il pique la meule et abat tout ce qui a étémarqué parle charbon.
Dixième opération. Les fils empointés par les douxbouts reviennent au premier atelier; on les coupe alorsen deux pour en faire deux aiguilles. On se sert pourcela d’un petit appareil semblable à celui représenté