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A-F.
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AIGUILLES.

AIGUILLES.

fîg. 3, et ayant tout justement la longueur d’uno ai-guille. On y place un certain nombre de fils empruntés,et on les coupe tous à la fois au ras du bord h Laidede la cisaille à main, qu’on fait mouvoir, dans ce cas,avec le genou; on agit de meme sur la partie res-tante, ce qui donne un léger déchet; mais ce dé-chet est indispensable : ou se rappelle (septième opé-ration ci-dessus) qu’on a donné aux fils une longueurun peu plus grande que celle de deux aiguilles. Lesempointeurs usant toujours plus ou moins les fils, cesfils seraient souvent trop courts si on ne leur donnaitque la longueur juste de deux aiguilles.

Onzième opération . Les aiguilles, coupées de la lon-gueur précise qu’elles doivent avoir, ont été rangéesparallèlement les unes sur les autres dans de petitesboîtes de carton ou de bois. On porte ces boîtes à l’ou-vrier chargé d’aplatir la tète’ des aiguilles. Celui-ci,,assis vis-à-vis d’une table sur laquelle est fixé un tasd’acier déformé cubique et de 8 à 9 centimètres de coté,,prend de la main gauche vingt ou vingt-cinq aiguillesentre le pouce et l’index, et les arrange en forme d’é-ventail, c'est-à-dire les pointes serrées sous le pouce etles tètes plus écartées au dehors ; il pose les tètes surle tas d’acier, et, saisissant de la main droite un petitmarteau à tète plane, il frappe plusieurs coups succes-sifs sur toutes les tètes et les aplatit en un instant, cequi se nomme palmer. L’ouvrier range ces aiguillesainsi aplaties dans une boîte, et continue la memeopération sur d’autres aiguilles.

Douzième opération. Les tètes palmées des aiguillesse sont écrouies par le choc du marteau, et elles- cour-,raient le risque de se fendre ou de se casser lorsqu’onles percera, si on ne les faisait recuire auparavant. Onles porte donc dans un four,, ou les en retire quandelles sont chaudes, et on les laisse se refroidir lente-ment.

Treizième opération. Les tètes ainsi recuites, on lesperce avec un poinçon. Ce poinçon est d’acier, et il ala forme et les dimensions qu’on veut donuer à l’œilou au trou des aiguilles.

Un enfant, assis devant une table garnie d'un, tasou petite enclume d’acier, prend de la main gaucheune aiguille et le poinçon; il pose la tète de raignillesur le tas et le poinçon sur la tète de l’aiguille, etfrappe aussitôt un coup de marteau sur le poinçon;puis, retournant l’aiguille et y appliquant le poinçonde manière à rencontrer le trou commencé sur le côtéopposé, il frappe un second coup. Cette opération senomme marquer.

Quatorzième opération. Les aiguilles marquées pas-sent dans les mains d’un autre enfant, dont la fonc-tion est de troquer les aiguilles, c’est-à-dire d’enleverle petit morceau d’acier qui reste encore dans leurtête.

Cet enfant a devant lui deux petits tas,, l’un deplomb et l’autre d’acier. Il place la tète de l'aiguillesur le premier tas, et, y appliquant ensuite un poin-çon, il frappe dessus et fait entrer dans le plomb lepetit morceau d’acier. Il pose alors à plat sur le se-cond tas le poinçon et l'aiguille que ce poinçon tra-verse, et, frappant un coup sur chaque côté, il faitprendre à l’œil ou trou de celle-ci la forme exacte decelui-là.

Ces deux opérations, treizième et quatorzième, sefont avec beaucoup plus de vitesse qu’il n’en faut pourles décrire. Les enfants à qui elles sont confiées sont siadroits, qu’ils se font un jeu de percer avec un poin -çon le cheveu le plus fin, et de faire passer un autrecheveu au travers.

Quinzième opération . Un ouvrier qn’on nomme évi-deur s’empare ensuite des aiguilles pour faire la can-nelure ou coulisse longitudinale et en arrondir la tète.Les instruments dont il se sert consistent :

En une petite lime plate qui a la forme d’une petitehache dont le tranchant est taillé en scie; elle sert àfaire la cannelure ;

En une lime carrée taillée sur ses quatre faces ; ellesert pour arrondir la tète des aiguilles;

En mie pince à bride; elle sert à tenir l’aiguille;

Enfin en un tasseau ou enelumeau de bois fixé surla table et portant deux entailles, l’une angulaire,l’autre demi-cylindrique.

L’o-uvrier place une aiguille dans la pince, de ma-nière que l'œil corresponde au côté plat de cette pince.II appuie ensuite la tète de l’aiguille dans l’entailloangulaire, ayant soin que l’œil de l’aiguille soit placéhorizontalement. Dans le même instant il prend do la.main droite la lime, la pose à plat sur le tusseau, l’ap-proche de l’aiguille, et creuse en deux coups la coulisse longitudinale ; puis,., tournant l’aiguille sur elle-même sans la déplacer, il présente à la lime le côtéopposé et y creuse une coulisse semblable.

Il reste alors à arrondir la tête : l’ouvrier, tenanttoujours de la main gauche la pince et l’aiguille, posela tête de celle-ci dans l’entaille demi-cylindrique, etavec la lime carrée qu’il appuie sur le tasseau il arron-dit la tête de l’aiguille en deux ou trois coups. Ildesserré ensuite, avec le petit doigt gauche, la bridede la pince qui tient l’aiguille, et jette celle-ci sur latable.

Seizième opération. Toutes les aiguilles évidées, je-tées sur la-table comme il vient d’être dit, sont misesensuite pêle-mêle etasans ordre dans une espèce d’augeplate, légèrement concave au fond. Un ouvrier deboutprend en sos mains cette auge, l’agite horizontalementde droite à gauche, d’arrière en avant, et ces mouve-ments d’oscillation et de trépidation, répétés plus oumoins vite et dans des directions convenables, ramè-nent l’ordre parmi les aiguilles; en un instant etcomme par magie, elles viennent toutes se ranger pa-rallèlement les unes aux autres sur le côté que l’ou-vrier tient appuyé sur son ventre. Cette méthode sim-ple et ingénieuse n’est pas ancienne : elle n’estconnue que depuis une cinquantaine d’années; l’onétait obligé auparavant de ranger les aiguilles à lamain.

Variantes et procédés nouveaux dans la première séried'opération. On emploie actuellement à l’Aigle , et pro-bablement aussi dans d’autres établissements à l’étran-ger, une série de procédés très remarquables, à partirde la dixième opération. Ces procédés diffèrent desprécédents, surtout en ce qu’on emploie des moyensmécaniques et en ce qu’on place dans un autre ordreles diverses phases de la fabrication. Ainsi la sépara-tion des aiguilles jumelles ne se fait qu’apres le pal-mage, le perçage et l’évidement,

La fig. () représente le mécanisme au moyen du-quel on produit l’estampage. L’aiguille jumelle estplacée de telle sorte que son milieu, portant sur unpetit bloc d’acier correspond à un poinçon placé à lapartie inférieure d’un mouton, ou poids considérableen fonte de fer. L’estampeur appuie le pied sur unétrier, soulève le mouton et laisse brusquement retom-ber celui-ci sur l’aiguille sur laquelle l’empreinte des-sine aussitôt les deux têtes et la place du trou appeléchas en langage de fabrique. Un homme fait do neufà dix mille estampages dans sa journée, ce qui corres-pond à dix-liuit ou vingt mille aiguilles.

Le perçage est une opération tout à fait analogue à.la précédente. L’ouvrière (fig. 7) agit à l’aide d’unlevier sur un poinçon à double pointe, adapté au boutd'une vis do pression, et les deux pointes viennentpercer à jour sur chacune des deux, aiguilles du cou-ple le chas , qui n'était encore qu’indiqué par la pre-mière opération.

Au fur et à mesure du percement les aiguilles sont.