AIGUILLES.
AIGUILLES.
la cinquième fois la seizième opération de la première jsérie, et on les porte ensuite à l’ouvrier qui est chargé ;de faire les rouleaux d’aiguilles.
I
!f n
h
R?
rl--
>i
1 1
i!
j
A!
Fig. 10.
On fait alors des rouleaux semblables aux premiers,on les renvoie au moulin à polir, on roule pendantvingt heures, on dégraisse à la sciure de bois dans letonneau, on vanne, on range et on fait de nouveauxrouleaux. On recommence ainsi sept fois de suite lumeme série d’opérations; on la fait même dix fois;seulement on varie la composition de la substancefrottante dans les rouleaux. La huitième fois, lesaiguilles ne sont arrosées que d'huile et roulées pen-dant six heures; la neuvième et la dixième fois, on.emploie des lits de son de froment gros, sec et dé-pouillé de farine, et on ne roule encore que peud'heures.
On termine enfin le polissage en essuyant les ai-guilles une à une avec un linge.
Le polissage comprend donc cinq opérations dis-tinctes qui se répètent chacune dix fois, et une der-nière opération qui ne s’exécute qu’une fois, savoir :1° confection des rouleaux; 2° position des rouleauxsur les tables du moulin à polir; 3° dégraissage dansle tonneau; 4° vannage; 5° arrangement des aiguilles;6° essuiement des aiguilles.
Quatrième série d'opérations. — Triage desaiguilles polies.
La plupart des opérations précédentes donnent lieuà un certain déchet, et l’un des soins de l’ouvrier, enrecevant les aiguilles pour les soumettre à une nou-velle main-d’œuvre, consiste à rejeter toutes celles quipont sorties défectueuses des épreuves qu’elles ont su-bies ; mais le principal déchet a lieu au polissage. Lesrouleaux qui reviennent du moulin à polir ne sontplus serrés et ronds comme quand on les y avait por-tés Ils se sont aplatis; les aiguilles ne sont plus dansle même ordre ; plusieurs sont piquées dans la toile quiles enveloppe ; beaucoup sont croisées, et les pointesmême de quelques-unes traversent les trous de quel-ques autres. Toutes sont émoussées, et lorsqu'ellesont été exposées dix fois, dans des rouleaux successifs,à L’action des polissoirs, on compte, en général, undixième d’aiguilles cassées et un vingtième d’aiguillescourbées et pliées.
Les aiguilles polies passent dans uu atelier particu-lier qu’on a soin de tenir toujours sec, afin qu’elles nesoient pas exposées à se rouiller; là elles subissentcinq opérations.
Première opération. Elle a pour objet de détournerles aiguilles, c’est-à-dire de mettre*toutes les têtes dumême côté. En même temps, l’ouvrier rejette les ai-guilles cassées par le milieu.
Deuxième opération. Un second ouvrier prend les ai-guilles détournées et les étale sur une table ; il sépare
celles qui sont cassées à la tête. 11 est en outre chargéde faire deux qualités d’aiguilles, en raison du poliplus ou moins brillant.
Troisième opération. Un troisième ouvrier est chargédo mettre à parties aiguilles dont la pointe est cassve,sauf à les appointer de nouveau.
Quatrième opération. On redresse au marteau et surune petite enclume de bois les aiguilles qui se sontcourbées pendant le polissage.
Cinquième opération. On sépare chaque espèce d’ai-guilles en trois tas, selon leurs diverses longueurs.Cette opération s’exécute promptement et simplementau tact; elle pourrait être confiée à un aveugle.
Cinquième série d’opéra/tons. — Derniers toursde mains et mises en paquets.
Cette cinquième série d’opérations paraît avoirreçu des changements ou plutôt des additions notablesdepuis une cinquantaine d’années, qui ont beaucoupamélioré la qualité des produits.
Première opération. — Le bronzage. Un enfant aliguesur une table de cuivre un certain nombre d’aiguilles,les têtes dehors, et l’ouvrier vient appliquer en dessousdes têtes une barre de fer ronge dont la chaleur déter-mine l’apparition d’une couleur bleue, utile au drilleurdans l’opération qui va suivre, et à la personne qui, seservant de l’aiguille, veut y entrer le fil. L’espèce desupport à mouvement oscillatoire, qui est employé àcette opération, porte, d’un côté, la barre de fer rouge,et est tenu de l’autre par la main gauche de l’ouvrierqui dirige son opération de cette main ; la main droiten’est employée qu’à tenir le fer rouge qui détermine lebronzage.
Deuxième opération. — Le drillage. On appelle ainsil’achèvement ou l’arrondissement du chas , œil ou trou.Sur une plaque mince de cuivre, on range une tren-taine d’aiguilles que l’on maintient avec les deuxpouces, tandis que l’index de chaque main soutient laplaque par dessous. Le chas était déjà percé, maisbien imparfait; l’ouvrier le présente à la drille % espècede burin d’acier très fin, animé d’un mouvement dorotation rapide qui arrondit le trou et régularise lesbords, de manière à empêcher le fil d’être coupé. Ilfaut pour cette main-d’œuvre beaucoup d’attention,du coup d’œil et une grande habitude. Mais c’est chosemerveilleuse que de voir la promptitude avec laquelleopèrent les ouvriers exercés. A peine la drille paraît-elle toucher les aiguilles; l’outil ne manque jamais detomber où il le faut ; la rangée s'avance successivementde gauche à droite, et tout est fini, que le spectateura eu à peine le temps de suivre les détails de l’opération.
Troisième opéra/ton. — Le brunissage. Cette main-d’œuvre, la dernière de la confection, à proprementparler, ne laisse pas d’être fort importante. Elle con-siste à donner le poli lo plus fin à l’aiguille, sur unebobine de buffle, recouverte de matières pulvérulentesd’une nature variable., mais qui toutes remplissent