AIGUILLES.
AIGUILLES.
()ua/r/»?m^ opération. — La mise en piquets. Elle sosubdivise elle meme en une dizaine d’autres :
1° On coupe le papier en petits carrés d’une gran-deur proportionnée aux aiguilles, en général do dimen-sion triple de la longueur de l’aiguille. .Le papier estbleu ou violet, d’une composition particulière qui lerend peu susceptible d’attirer l’humidité;
2° Un enfant plie ces papiers au tiers, et forme lepremier pli;
3° Un ouvrier compte cent aiguilles et les met dansun des plateaux d’une petite balance; il met en mêmetemps dans l’autre plateau des poids équivalents aupoids des cent aiguilles ; puis il verse celles-ci dans undes papiers dont le premier pli a été fait par l’opéra-tion précédente II continue à peser des poids égauxaux cent premières aiguilles, et ilobtient ainsi successivement descentaines d’aiguilles.
Le comptage des aiguilles est uneopération longue, fastidieuse et su-jette à erreur quand elle se fait àla main. C'est pour l’éviter que l’onfait ces pesages successifs ; mais onperd peut-être alors en précisionce que l’on gagne en promptitude.
Heureusement on peut opérer méca-niquement d’une manière très sim-ple Il suflit d’employer la règleen fer imaginée par un Allemand ,
M. Pastor. Le bord supérieur decette règle porte des canneluresproportionnées à la grosseur dc9aiguilles; les cannelures sont assezlarges et assez profondes pour qu’enjetant dessus une certaine quantitéd’aiguilles que l’ouvrier tient entrele pouce et l’index, il ne s’en loge qu’une à la fois danschaque cannelure ;
4" Un ouvrier prend les paquets et achève de lesplier, il les range ensuite dans une boîte qui porte lesnuméros des aiguilles;
5 n On écrit sur les paquets le numéro des aiguilles,le nom du fabricant et les marques particulières adop-tées pour chaque espèce et chaque qualité d'aiguilles.Pour certaines aiguilles, le papier est eu outre revêtud’un timbre à sec ;
6° On réunit en un seul dix paquets de cent, ce quiforme des paquets de mille aiguilles ; on les enveloppedo papier bleu ou violet, qu’on lie avec du til blanc ourouge. On recouvre quelquefois les paquets de milled’une feuille de papier blanc, portant des figures et descaractères dorés ;
7° On réunit encore tous ces paquets au nombre decinquante, ce qui forme des paquets de 50,000, qu’onenveloppe immédiatement de papier blanc, puis d'uneou doux ^ssies de bœuf séchées, et on recouvre letout de papier ciré ou de toile cirée, et on y ajoute unedernière enveloppe de toile grise. Sur celle-ci, on écritl’assortiment des aiguilles avec une marque qui en in-dique la qualité.
De l’insalubrité de Vempointage et des moyensde l'atténuer.
Parmi les opérations précédentes, il y en a surtoutune qui a des effets nuisibles pour la santé de l’ou-vrier : c’est l’empointage qui se fait ordinairement àsec pour prévenir la rouille. La poussière qui se pro-duit dans l’empointage, ainsi fait sur les meules degrès, est extrêmement dangereuse. Sans l’emploi decertains préservatifs, les empointeuvs ne peuvent guèreexercer leur métier plus de dix à quinze ans. Us meu-rent à la fleur de l’âge, atteints de phthisie pulmo-naire, ii moins qu’ils n’uient renoncé de très bonne
heure à cette partie de la fabrication. Un médecin doReddith a observé, pendant une longue pratique, quesur plusieurs milliers d’ouvriers empointeurs, il y en aun à peine qui atteint l’âge de quarante ans. Dès lecommencemeut de ce siècle (vers -1810), des tentativesont été faites en Angleterre pour remédier à l’insalu-brité reconnue de l’empointage. M- Prior imagina uneespèce de soufflet mû par le pied de l’ouvrier ou parle moteur qui fait tourner la meule, et dont le vent,chassé à travers un tube percé de fentes longitudinalesqui embrasse lu meule, produit un courant assez fortpour entraîner la poussière. La fig. 12 montre cet ap-pareil vu en perspective. Un autre appareil fondé surle même principe, fut construit, en 1816, par M. Tho-mas Roberts; enfin M. Abraham inventa en 1822 un
Fig. 12.
appareil simple qui a le double avantage d’eutrainer lapoussière de grè3 et de préserver les ouvriers des par-ticules fines d’acier qui s’élèvent pendant le travail.C'est à l’aide de barreaux aimantés qu’il arrêtait lespoussières qui échappaient à la ventilation.
Le moyen qu’a imaginé et employé avec succèsM. Pastor, fabricant à Rorcette, près d’Aix-la-Cha-pelle , consiste à faire de la meule elle-même un venti-lateur qui entraîne les particules de grès et d’acier.Cette meule est revêtue d’une enveloppe en tôle, quino laisse qu'un étroit passage pour les aiguilles, et quiporto en un autre endroit une plaquo de verre à traverslaquelle l’ouvrier suit les progrès du travail. La cham-bre vide, comprise entre la 1 meule et l’enveloppe, esten communication avec un tuyau aboutissant à unecheminée, et dans lequel l’air se précipite avec vio-lence, entraînant la poussière siliceuse et métallique.
Considérations et faits divers qui se rattachent à lafaliricalion et au commerce des aiguilles.
Conditions auxquelles satisfait une bonne aiguille. —Nous pouvons maintenant résumer et compléter ce quiprécède, de manière à établir les conditions d’unebonne fabrication.
Pour être réputées bonnes, les aiguilles doivent sa-tisfaire à diverses conditions. Il faut que le fil soit d’a-cier de bonne qualité, bien trempé, que la partie cy-lindrique soit d’une rectitude parfaite; que la canne-lure soit faite avec une très grande régularité ; quel’œil soit percé dans l’axe, bien rond, et que ses bordsne coupent pas le fil; que la tête ait assez de résis-tance pour ne pas se rompre sous l’effort de tractionqu’on exerce sur le fil au travers de certaines étoffes;que la pointe soit aiguë, bien conique, ne déviant pasde l’axe; que le poli soit parfait; que l’entrée dansl’étoffe soit facile et qu’il n’y ait pas de rentre, c’est-à -dire qu’après l'outrée la sortie soit également facile ;