ALCOOL.
ALCOOL
à l'extérieur deux couches et intérieurement quatre cou- jches d’une dissolution de colle de poisson, qui en rend |la texture plus serrée, et fait que l’alcool se concentremieux. Une vessie ainsi préparée peut servir plus decent fois. On doit la remplir de manière à laisser unpetit espace vide; on lie le col en le serrant fortement,et on la suspend dans une étuve maintenue à une tem-pérature de 50“ centigrades, ou bien au-dessus d unbain de sable ou dans le voisinage d’un four. La surfacede la vessie reste humectée d’eau tant que la densité del’alcool qu’elle renferme reste au-dessus de 0,952. L’cs-prit-de-vin faible perd son eau plus promptement quele fort; toutefois, quand la température est propice, laconcentration de l’alcool peut ne durer que six à douzeheures. Cette méthode économique est particulièrementapplicable pour obtenir l’alcool qui doit servir à lapréparation des vernis. Lorsqu'on destine l’alcool àd’autres emplois, on doit le dépouiller ensuite par unedistillation ultérieure de certaines matières en dissolu-tion provenant de la vessie. L’alcool peut encore seconcentrer, ainsi que Soemmcring s’en est assuré, lors-que le vaisseau qui le contient est recouvert d’une vessieliée sur ses bords, qui n’est point en contact avec leliquide. On peut de meme, par ce moyen, rendre plusspiritueux tous les autres liquides qui contiennent del’alcool, tels que le vin, le cidre, etc.
Pour se procurer de l’alcool absolu, on prêtai duchlorure de calcium récemment londu, qu’on concassegrossièrement et qu’on mole avec son poids d’esprit-de-vin ayant une densité de 0,853 dans une bouteille qu’ona le soin de bien bouclier, et qu’on agite jusqu’à ce quele sel soit entièrement dissous. La dissolution s’étantéclaircie, on la verse dans une cornue, on la soumet àune douce chaleur, et on en retire par la distillation lamoitié du volume de l’alcool employé. On peut obtenirsans distillation l’alcool presque privé d’eau en ajoutantdu carbonate de potasse sec à do l’esprit-de-vin ayantune densité de 0,825. L’eau se combine avec la potasse,et tombe au fond du vase en un liquide épais, tan-dis que l’alcool pur surnage au-dessus et s’enlève àl’aide d’un siphon ; ainsi obtenu, il contient toutefoisun peu d’alcali qu’on ne peut séparer que par distilla-tion.
L’alcool anhydre est composé en poids de 52,(36 decarbone, de 12,90 d’hydrogène, et de 34,44 d’oxygène.Son poids atomique se compose de
4 at. de carbone, 1 l 1 at. d’éther,C 4 ll 10 O= 468,137
I 2 at. d’hydrog-, \ < 1 at. d’eau, II 2 Or: 112,47!)
2at.d’oxygtne, J | o8ü,6I6
II est très avide d’eau, et il absorbe avec énergie celle del’atmosphère; on doit par conséquent, pour le conser-ver, le tenir dans des vases hermétiquement bouchés.11 s’empare aussi de l’humidité des \égétaux et de celledes corps morts, d’où résulte son emploi si répandu pourla conservation des préparations anatomiques. A l’étatanhydre, il agit comme un poison mortel, ntjn seule-ment par son action extrêmement stimulante sur lesystème nerveux, mais encore parce qu’il s’empare desparties aqueuses des membranes de l’estomac, avec les-quelles il se trouve en contact, et les désorganise. L’alcoolest un dissolvant très énergique pour un grand nombrede substances : on s’en sert beaucoup pour dissoudreles résines, les huiles essentielles, le camphre, etc.,dans la préparation des vernis, des parfums, etc. Ladissolution d’une résine, ou d’une huile essentielle dausl’alcool, devient laiteuse quand on y ajoute de l’eau,parce que celle-ci, par son affinité pour l’alcool, sépareces substances. Divers sels et particulièrement les selsdéliquescents sont également dissous par llalcool, etplusieurs d’entre eux en colorent la flamme ; ainsi lesdissolutions des sels de strontiane brûlent avec une
flamme cramoisie, celles des sels de cuivre et.de boraxdonnent une flamme verte, celles des sels de chauxrouge, et celles des sels de baryte jaune.
Lorsqu’on mêle de l’eau à de l’alcool, il en résulteun dégagement de chaleur et une condensation de vo-lume. Ces effets sont à leur maximum lorsque le mé-lange est de 54 p. 100 d’alcool, et de 46 p. 100 d’eau;ils vont en diminuant à mesure qu’on ajoute une plusgrande proportion d’eau. Lorsque l’alcool contient 90p. 100 d’eau, la contraction du volume est de 1,94p. 100; lorsque la proportion d’eau est de 80 p. 100,la contraction est de 2,87, celle-ci est de 3,44 à 70p. 100 d’eau, de 3,73 à 60 p. 100, de 3,44 à 40 p. 100,de 2,72 à 30 p. 100, de 1,72 à 20 p. 100, et de 0,72à 10 p. 100. D’où il suit que, pour apprécier la quan-tité d’alcool qu’il y a dans un esprit, il devient néces-saire de s’assurer de la pesanteur spécifique qui corres-pond à chaque proportion déterminée d’alcool et d’eaumêlés ensemble. Cela fait on peut , au moyen d’unaréomètre construit pour les liquides plus légers quel’eau, déterminer la force d’un esprit, soit d’après uneéchelle des densités, soit d’après une graduation arbi-traire correspondante à certains objets de commerce.Un aréomètre construit dans ce but s'appelle un alcoo-mètre, particulièrement lorsque l’échelle est graduée demanière qu’au lieu d’indiquer la pesanteur spécifique,.elle indique immédiatement le nombre de centièmesd’alcool anhydre qui est contenu dans un poids ou unvolume donné de liquide.
Les plus employés de ces appareils sont YahoomètreeenfestmaJ imaginé par M. Gay-Lussac, et les aréomètresde ttaumé et de Cartier, dont nous parlerons à l’articlearkomktke. D’après le principe de la graduation del’alcoomètre centésimal, la force d’un liquide spiritueuxest le nombre de centièmes (en volume) d’alcool purque ce liquide renferme à la température de 15" eentig.,d’où il suit que l’on obtiendra toujours facilement et,immédiatement la quantité d’alcool réel contenu dansun 'esprit, en multipliant le nombre qui exprime levolume de cet esprit par la force de ce même liquide ;force donnée par l’instrument.
L’alcoomètre (fig. 82; a la forme d’unaréomètre ordinaire, son échelle est divi-sée en 100 parties ou degrés, dont cha-cun desquels indique un centième d’al-cool ; la division 0, au bas du tubecorrespond à la densité de l’eau pure, etla. division 100 vers le haut, à celle del’alcool absolu. Lorsqu’il est plongé dansun liquide spiritueux à la température de15° eentig. , il en donne immédiatementla force, si on le plonge dans un esprit àla température de 15 u eentig., et qu*ils’y enfonce, par exemple, jusqu’à la di-vision 50, c’est que la force du liquideest de 50 p. 0 /q, ou qu’il contient 50 cen-tièmes d’alcool pur.
Déjà les gouvernements de France , deSuède et de Prusse ont adopté exclusive-ment l’alcoomètre centésimal, et il se-rait à désirer qu’on le substituât partoutà l’aréomètre de Cartier, qui est beau-coup moins exact et surtout moins com-mode.
Xous rapporterons ici quelques tablesextraites du travail de M. Gay-Lussac,qui est imprimé sous le titre de : Instruction pour l’u-sage de l’alcoomètre centésimal et des tables gui l'accom-pagnent, et se vend ainsi que les instruments, chezM. Collardeau, rue du Faubourg-St-Martin, 60.
Le tableau suivant donne les densités de l’alcool ab-solu, et de son mélange avec l’eau, à la températurede 15” eentig. d’après M. Gay-Lussac.