aujourd'hui aux grandes nations industrielles de laisserleurs citoyens se livrer aux entreprises commerciales,mais qu’elles-mêmcs, en outre, doivent coopérer à degrandes spéculations pour lesquelles la puissance col-lective de toute la nation est nécessaire, afin d’ouvrir àdes classes nombreuses de citoyens des sources derichesse et de prospérité.
ALLIAGES (angl. alloy, ail. legirung.) Les alliagesmétalliques peuvent être considérés , relativement àl’industrie, comme constituant de nouveaux métaux,jouissant de propriétés spéciales plus ou moins diffé-rentes de celles qui appartiennent aux métaux qui lescomposent. Le rôle que jouent les métaux dans l’in-dustrie est d’une telle, importance, qu’on ne peut mettreen doute l’immense intérêt qui doit s'attacher à l’étudedes alliages qu’ils fournissent par leurs combinaisonsmutuelles. «Malheureusement cette partie de la sciencea été peu cultivée jusqu’à ce jour, surtout sous le rap-port de ses applications ; espérons que cette lacune serabientôt comblée par quelque savant plus jaloux de l’uti-lité que de l’éclat de ses travaux l C’est le désir de mon-trer tout l’intérêt que mérite une étude semblable, quinous a engagés à donner à cct article un développementpeut-être exagéré ; mais, tant que les lois des variationsde dureté, de fusibilité, etc., des alliages, en propor-tion des métaux employés, seront inconnues, on nosaurait faire rien de plus utile que d’enregistrer denombreux résultats d’expérience, pouvant guider lepraticien dans une question fondamentale pour une fouled’industries.
Les alliages ont été fort longtemps considérés commeîle simples mélanges, et cela parce qu’il est possible demélanger en proportions quelconques des métaux fusi-bles, qui restent unis par la solidification qui résulte durefroidissement. Mais, sauf ce phénomène accessoire,le cas est absolument le même que celui d’un acide dis-sous dans l’eau; en conclut-on que l’acide ne persistepas et qu’il change de nature à mesure qu’on augmentele volume de l’eau? Aussi, aujourd’hui, admet-on queles métaux se combinent comme tous les corps en pro-portions definies, malgré leur dissolution dans un métalou dans d’autres combinaisons. Ce qui le prouve, c’estque, si on laisse un alliage fondu se refroidir, on recon-naît qu’il se sépare en deux ou plusieurs couches quisont des composés différents à proportions déterminées ;c’est surtout ce qu’il est facile de constater dans tousles cas où il y a cristallisation.
L’étude scientifique des alliages devrait donc avoirpour base celle des composés à proportions définies,qu’il faudrait bien déterminer. Ce sont les combinai-sons et mélanges de ces alliages atomiques entre eux,et avec les métaux constituants, qui forment les alliagesqu’emploie l’industrie.
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES ALLIAGES EX GÉNÉ-RAL. Densité. La densité des alliages est tantôt moin-dre, tantôt plus grande que celle qui serait déduite desdensités et des proportions des métaux dont ils sontformés. Aucune loi n’a été reconnue à cet égard. Onconnaît seulement, par expérience, pour un certainnombre d’alliages, dans quel sens marche la densité.
Lorsque dans un alliage il n’y a ni contraction nidilatation, la pesanteur spécifique ou densité de l’alliage(F + p)I) d
est donnée par la formule A = —:-dans la-
P d -h p J )
quelle P et p désignent les poids des métaux composantsqui entrent dans l’alliage, et I) et dleur densité respec-tive. Lorsque l’expérience donne poqr densité de l’al-liage un nombre différent de A, on en conclut qu’il y acontraction, si ce nombre est plus grand, et dilatation,s’il est plus faible; c’est ainsi qu’on a pu dresser lestables ci-dessous qui se rapportent aux principaux al-liages binaires ;
ALLIAGES.
Or et zinc.
Or
et argent.
Or et étain.
Or
et fer.
Or et bismuth.
Or
et ploirtb.
Argent et zinc.
Or
et cuivre
Argent
et cuivre.
Argent et étain.
et plomb.
Argent et bismuth.
et antimoine.
Argent et antimoine.
Cuivre
et plomb.
Cuivre et zinc.
Zinc
et antimoine.
Cuivre et étain.
et bismuth.
Cuivre et bismuth.
et plomb.
Cuivre et antimoine.
et antimoine.
Plomb et bismuth. jPlomb et antimoine. |
Si l’on voulait absolument déduire de ce tableau laloi qu’il renferme, quoiqu’il soit beaucoup trop incom-plet pour arriver à aucun résultat certain, on seraitamené à admettre qu’il y a en général condensationquand l’alliage est composé de deux métaux ayant unegrande’affinité réciproque, et que par suite la combinai-son est intime et vire versa qu’il y a dilatation quandles deux métaux ont peu d’allinité l’un pour l’autre etne sont pour ainsi dire que mélangés. Ainsi le cuivre,qui a beaucoup d’affinité pour le zinc et l’étain, formeavec ces métaux des composés d’une densité plus grandeque la densité moyenne, tandis qu'avec le plomb, métalavec lequel il forme plutôt des mélanges que des com-binaisons, il donne des alliages d’une densité au-dessousde la densité moyenne. Pour un même métal, la mêmeloi devrait s’appliquer, si on augmentait au-delà dupoint de saturation du premier métal composant l’al-liage, la proportion du second. C’est ce que paraîtraientdémontrer des expériences de Aluschenbrœck sur les va-riations de densité des alliages dans lesquels on faitvarier la proportion des métaux. Elles tendraient à éta-blir qu’il existe un point de combinaison plus intimepour chaque alliage correspondant sans doute à un com-posé défini. Ainsi l’alliage de plomb et d’argent adonné :
Argent Plomb Densités.
1 4 40,480
2 4 11,032
3 1 4 0,8.31
La densité des alliages peut servir à faire connaître,au moins d’une manière approximative, la proportiondes éléments. Tel est l'essai à la balle employé pourreconnaître la pureté de l’étain. On coule de l’étain dansun moule à balle et on pese celle ci comparativementavec une balle semblable d’étain pur. La présence duplomb est indiquée par l’augmentation du poids.
Dureté. — Ductilité. — ïéiuv ité. Les alliages sonten général plus durs, plus aigres et ont moins de ducti-lité et de ténacité que celui des métaux constituants, leplus ductile et le plus tenace.
Elasticité des alliages. Nous extrayons du rapportfait par M. Babinet, à l’Institut, sur un intéressantmémoire de M. AVertheim, traitant de l’élasticité desmétaux et des alliages, ce qui est relatif à ces derniers.Nous reviendrons sur ce travail à l’article élasticité.AL AVcrthôim a cherché à constater le rapport qui peutexister entre les propriétés mécaniques des métaux etcelles des alliages afin d’en déduire la connaissance del’état moléculaire de ces composés.
Les alliages ont été préparés avec des métaux purs.Après les avoir suffisamment mêlés et brassés à plu-sieurs reprises pendant la fusion, il les a coulés dansune lingotièrc de 50 contim. de longueur qui fut