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ALLIAGES .

ALLIAGES .

travaux les plus remarquables de chimie industrielle :

« Les trois dissolutions ci-dessus permettent de dorertous les métaux en usage dans le commerce, et meme desmétaux qui, jusqu’ici, n’y ont pas été employés.

« Ainsi l’on peut dorer le platine, soit sur toute sa.surface, soit sur certaines parties, de manière à obtenir«les dessins d’or sur un fond de platine.

«« L’argent se dore si aisément, si régulièrement etavec des couleurs si pures et si belles, qu'il est permisde croire qu’à l’avenir tout le vermeil s’obtiendra de lasorte. On varie à volonté l'épaisseur de la couche d’or,sa couleur même. On peut faire sur la même pièce desmélanges de mat et de poli. Enfin, on dore avec uneégale facilité les pièces à grande dimension, les piècesplates ou à reliefs, les pièces creuses ou gravées et lesfilaments les plus déliés.

« Tout ce qu’on vient do dire de l’argent, il faut lerépéter du cuivre, du laiton, du bronze. Rien de plusaisé, de plus régulier que la dorure des objets de diversenature que le commerce fabrique avec ces trois métaux.Tantôt l’or, appliqué en pellicules excessivement min-ces, constitue un simple vernis propre à garantir cesobjets de l’oxydation; tantôt, appliqué en couches plusépaisses, il est destiné à résister, eu outre, au frotte-ment et à l’usage. Par un artifice très simple, ou peutvarier l’épaisseur de la couche d’or, la laisser mincepartout ou l’action de l’air est seule à craindre, 1 é-paissir, au contraire, là où il importe d’empêcher lesdégradations dues au frottoment. La bijouterie tireragrand parti de ces moyens.

«« Le packfong prend très bien la dorure par ce pro-cédé, et il devient facile de convertir en vermeil lescouverts en packfong, déjà assez répandus et qui nesont pas sans danger.

« L’acier, le fer se dorent bien et solidement parcette méthode, qui n’a aucun rapport, à cet égard, avecles procédés si imparfaits de dorure sur fer ou acier ;seulement il faut commencer par mettre sur le fer oul’acier une pellicule cuivreuse. Les couteaux de dessert,les instruments de laboratoire, les instruments de chi-rurgie, les armes, les montures de lunettes et une fouled'objets en acier ou en fer recevront ce vernis d’or avecéconomie et facilité. Nous avons constaté que diversobjets de cette nature avaient été reçus avec une vivesatisfaction par le commerce. L’emploi des couteauxdorés à l’usage habituel nous a fait voir d’ailleurs quecette application était de nature à résister à un longusage, quand la couche d’or était un peu épaisse.

« L’étain a été, sous ce rapport, l’objet d’expériencestrès intéressantes de M. de Ruolz. Il s’est assuré qu’ilne se dore pas très bien par lui-même ; mais vient-on àle couvrir d’une pellicule infiniment mince de cuivre,uu moyen de la pile et d’une dissolution cuivreuse, dèslors il se dore aussi aisément que l’argent. Le vermeild’étain est même d’une telle beauté, qu’on peut assurerque le commerce saura trouver d’utiles débouchés à cenouveau produit ; quoiqu’il soit de notre devoir d’a-jouter qu’à raison du prix élevé de l’or il devient diffi-cile de mettre sur des couverts d’étain une couche d’orsuffisante pour les rendre durables, sans élever tropleur prix.

« X«a commission a mis un grand intérêt à s’éclairerd’une martière précise, sur les circonstances de l’opéra-tion au moyen de laquelle ou applique l’or sur les diversmétaux. Diverses questions se présentaient : pouvait-on, en effet, augmenter à volonté l’épaisseur de la cou-che d’or de manière à produire les mêmes effets qu’aumoyen du mercure, ou même de manière à aller plusloin? Le dépôt du métal se faisait-il régulièrement oud’une manière variable? Quelle était la part de la tem-pérature du liquide, de sa concentration, du nombre deséléments de la pile, de la nature des métaux employés?

a 1°La précipitation de l’or est régulière ; elle est

exactement proportionnelle au temps de l'immersion :circonstance précieuse qui permet de juger de l’épais-seur de la dorure par la durée de l’opération et de lavarier à volonté, comme l’ont parfaitement prouvé nosexpériences. (Voy. le Compte-Rendu.)

« Argenture , —Tout ce que nous venons de diredes applications de l’or, il faut le répéter de celles del’argent. M. de Ruolz est également parvenu, au moyendu cyanure d’argent dissous dans le cyanure de potas-sium, à appliquer l’nrgent avec la plus grande facilité.

« L’argent peut s’appliquer sur l’or et sur le platine,comme affaire de goût et d’ornement.

« Il s’applique très bien aussi sur laiton, bronze etcuivre, de manière à remplacer le plaqué.

« On argente aisément aussi l'étain, le fer, l’acier.

« L’application de l’argent sur le cuivre ou le laitonse fait avec une telle facilité, qu’elle est destinée à rem-placer toutes les méthodes d'argenture au pouce, d’ar-genture par voie humide, et même en bien des cas lafabrication du plaqué.

« L’argent s’applique très bien sur l’étain. Il fournitainsi le moyen de faire disparaître, à bon marché, l’o-deur désagréable des couverts d'étain, en leur donnantd’ailleurs l’aspect et toutes les propriétés extérieures descouverts d’argent. Ce serait là, sans nul doute, une descirconstances les plus importantes des procédés qui nousoccupent, si à la place de l’étairi, comme corps de lapièce, on pouvait substituer un autre métal plus éco-nomique et plus solide.

« 11 s’agit du fer ou même de la fonte. Ces métaux,façonnés en couverts et revêtus d’une couche d’argent,permettront de populariser en France , par leur bonmarché, des objets déjà usuels en Angleterre. On fa-brique, en effet, par d’autres procédés bien plus cherset bien moins parfaits, beaucoup de couverts en lèrargenté à Birmingham , et leur usage est habituel dansla plupart des familles en Angleterre. L’expérience enest donc faite, et la Commission a vu avec le plus vifintérêt les procédés de M. de Ruolz fournir une argen-ture égale et parfaite, sur fer, acier ou fonte, comme leprouvent les objets mis sous les yeux de l’Académie .

« Tout en reconnaissant que l’étain peut s’argentersans difficulté, H semblerait plus convenable aux vraisintérêts du consommateur de faire des couverts en ferou fonte argentée, et de réserver l’étain argenté pourdes pièces destinées à des maniements moins fréquents,et surtout pour des pièces obtenues par des moulagesdélicats.

« Platinure. —Au premier abord, d’après l’analogiequi existe entre le platine et l’or à beaucoup d’égards,on aurait pu croire que le platine s’appliquerait aussifacilement que for sur les divers métaux déjà cités.Cependant cc résultat a offert de graves difficultés pen-dant longtemps, parla lenteur avec laquelle il obéissaità l'action de la pile. Il fallait avec les dissolutions dansles cyanures, par exemple, donner à l’expérience unedurée cent ou deux cents fois plus longue pour le pla-tine que pour l'argent ou l'or, à égales épaisseurs.

« Mais en faisant usage de chlorure double de platineet de potassium dissous dans la potasse caustique, onobtient une liqueur qui permet de platiner avec la mêmefacilité et la même promptitude que lorsqu’il s'agit dedorer ou d’argenter.

« Nous n’insisterons pas sur les applications très va-riées que le platine pourra recevoir dans cette nouvelledirection.

« Comme le platine ainsi appliqué peut s’obtenir dela dissolution brute de la mine de platine, et que lesmétaux qui accompagnent le platine ne nuisent en rienà l’effet, on voit que le' platine en cette occasion coûteà peine autant que l’argent lui-même, car l'expérienceprouve qu’à épaisseur moitié moindre, il préserve aussibien. Il en résulte évidemment que les usages du pla-