ALUN.
ALUN.
et permet aussi de faire promptement toutes les répara- |tions nécessaires. l)u reste, une construction ainsi faite [et bien établie tout d’abord peut servir bien des années.
Pendant la concentration finale , on est dans l’usaged’ajouter une certaine quantité d’eaux mères provenantd’une opération antérieure; cette quantité doit être ré-glée d’après une analyse spéciale et la connaissancequ’on doit avoir do leur composition. Si ces eaux mèrescontiennent beaucoup d’acide sulfurique libre provenantde la formation du sous-sulfate de fer, elles peuvent de-venir avantageuses en dissolvant une partie de l’aluminedu sédiment, dans lequel il y en a toujours en plus oumoins grande quantité.
4° Précipitation de Valun par l’addition de sels alca-lins (ou brevetage). En règle générale, il est plus avan-tageux de séparer d’abord des dissolutions clarifiées etconcentrées l’alun à l’état de poudre ou de petits cris-taux, par l’addition d’un sulfate alcalin, et de laisserdans les eaux mères les sels étrangers tels que lesulfate de fer ou de magnésie, plutôt que d’essayer àséparer ces sels par une cristallisation préalable. Parcette méthode, non seulement on simplifie et on accélèrela fabrication de l’alun , en laissant provisoirement decoté les eaux mères, que l’on retraite plus tard, mais on11 e court pas le risque d’enlever une partie du sulfated’alumine avec le sulfate de fer ou de magnésie. Dans cecas, on ne doit pas pousser la concentration assez loinpour que le liquide donne des cristaux, mais seulementfaire en sorte que la concentration se rapproche de cepoint. On peut à cet égard déterminer d’avance et parexpérience la densité ou le degré de concentration leplus convenable.
Arrivé à ce point, on fait passer le liquide cla-rifié dans la cuve à précipitation, et on y ajoute laquantité convenable de sulfate de potasse ou d’ammo-niaque. Au lieu des sulfates, on peut employer du chlo-rure de potassium ou du carbonate d’ammoniaque ; lechlorure de potassium a sur lo sulfate de potasse, lors-qu’on peut se le procurer à bon marché, l’avantaged’être plus soluble et de se transformer en sulfate depotasse aux dépens du sulfate de fer, qu’il change enchlorure, lequel cristallise très difficilement, et est parconséquent moins apte que le sulfate à souiller les cris-taux d'alun. Le carbonate d’ammoniaque réagit d’unemanière analogue sur le sulfate de fer, en donnant lieuà la formation de sulfate d’ammoniaque et à la précipi-tation d’une quantité correspondante d’oxyde de fer.
La quantité de sels alcalins nécessaire pour précipiterl’alun en poudre granulaire d’une eau de lavage con-centrée à un degré convenable dépend, d’un côté, deleur richesse en potasse ou en ammoniaque, et del’autre, de la teneur des eaux en sulfate d’alumine.L’on doit s’assurer de ces quantités réciproques par uneexpérience préliminaire faite en petit. Une approxima-tion exacte n’est pas praticable quand on opère sur unegrande échelle; mais, comme les eaux mères sont en-suite mêlées ensemble dans une cuve, s’il y a eu un ex-cès de précipitant dans une opération, il sera compensépar un excès de sulfate d’alumine qui sera resté dansune autre, et l’alun qui en résulte se rassemble au fondde la cuve. Lorsque la liqueur est parfaitement refroidieet éclaircie , on décante l’eau mère qui surnage avecune pompe, ou, mieux encore, avec un siphon ou unrobinet, et on la fait passer dans une cuve inférieure,l'ius le soutirage aura été complet, plus aussi il sera fa-cile de purifier l’alun.
Cette eau mère a généralement une densité de 1,4 àla température moyenne de l’atmosphère, et consiste enuno dissolution saturée de chlorure ou de sulfate de pro-toxyde et de peroxyde de fer, mêlée à du sulfate de ma-gnésie dans certaines localités, à du chlorure de sodium,et enfin du sulfate d’alumine. En ajoutant de temps entemps une certaine quantité de cette eau à des eaux de
1 lessivage neuves, une portion de ce dernier sulfate seI convertit en alun ; mais il y a des occasions où il con-\ient de faire évaporer cette eau mère de manière à enretirer, par cristallisation, du sulfate de protoxyde de1er ou vitriol vert, avant de la traiter de nouveau poul-ain n.
Lorsque les eaux de lessivage contiennent une grandequantité de sulfate de fer, il est bon de commencer paren séparer une partie par cristallisation avant de préci-piter l’alun. Dans ce cas, on doit faire évaporer le li-quide jusqu’à ce qu’il ait atteint une densité de 4,40,puis, le transvaser dans les cristallisoirs en pierre.Lorsque le vitriol vert s’est séparé, on ramène le liquideà l’aide d’une pompe en plomb dans la cuve d’évapora-tion, et on le réduit de nouveau à la densité de 4,40.Si on y ajoute alors l’un des précipitants alcalins quenous avons énumérés plus haut, l'alun se séparera decette solution concentrée , et se précipitera sous formed'une poudre très tenue, très facile à laver, et à puri-fier. Mais cette méthode exige plus de vaisseaux et plusde manipulations que la méthode précédente, et l’on nedoit y avoir recours que lorsque la nécessité le com-mande; de plus, il est à remarquer que la couperose ouvitriol vert, extraite en premier lieu des eaux de lavage,entraîne, ainsi que nous l’avons dit, une portion dusulfate d’alumine, et acquiert par là un aspect terne;tandis que celle qu’on retire des eaux mères après luséparation de l'alun, a au contraire un aspect brillant.
h u Lavage ou édulcoration de l'alun en poudre. L’alunpulvérulent et cristallin est d’une couleur brunâtre, cequi tient à ce qu’il est sali par des eaux ferrugineuses ;mais on peut faire disparaître cette couleur par un la-vage avec de l’eau très froide qui ne dissout pas plus d'undix-huitième de son poids d’alun. Après avoir bienagité ensemble la poudre et l’eau, on doit laisser dépo-ser l’alun, et puis on décante l’eau de lavage; on pro-cède ensuite à un second lavage qui rend l’alun presquepur, et même à un plus grand nombre, s’il est néces-saire. Moins on emploie d’eau, et mieux elle est décan-tée, plus l’opération est complète. La deuxième eaupeut être employée au lieu d’eau pure, pour le premierlavage d’une portion de poudre d’alun non encore la-vée, etc. Ces eaux de lavage sont toujours saturéesd’a’.un et servent de nouveau dans le lavage de la pou-dre d’alun, à l'exception de la première eau de lavage quiest préalablement évaporée et donne du sulfate de 1erpar cristallisation.
G° Cristallisation. L’alun lavé est mis dans une cuvede plomb avec lu quantité d’eau justement nécessairepour le dissoudre à la température de l’ébullition : onchauffe et on facilite la dissolution en agitant. Lorsquela solution est arrivée à l’état de saturation, on la faitcouler dans les cristallisoirs qu’on appelle en anglais roching casks , et en français masses. Ce sont des ton-neaux qui ont à peu près l m ,50 de haut, 0 ro ,î)0 de. largeau ventre et un peu moins aux extrémités. Ils sontconstruits avec de très fortes douves en bois bien ajus-tées l’une contre l’autre, et maintenues par des cerclesde fer épais, qu’on enfonce provisoirement de manièreà pouvoir ensuite aisément les enlever, afin d’écarterles douves quand cela devient nécessaire. La dissolution concentrée forme pendant son refroidissement lentdans ces vaisseaux fermés une couche épaisse sur toutesles faces du tonneau, intérieurement tapissée de groscristaux bien réguliers d’alun. Après huit ou dix jours,plus ou moins, selon le temps, on enlève les cercles etles douves, et on trouve une masse d’alun ayant la formemême du tonneau. L’ouvrier perce alors avec un pie,cette masse sur le côté près du fond, et donne issue al’eau mère de l’intérieur, qui s’écoule sur les dalles enpente de l’atelier, et sc rend dans un bassin destiné àla recueillir. On l’en retire ensuite pour l’ajouter àune nouvelle quantité de poudre lavée, et la faire scr-