AMIDON.
AMMONIAQUE.
est augmentée d’autant. La dextrine ainsi préparéedonne avec l’eau froide un liquide presque clair, muei-ïagineux, qui offre la plus grande ressemblance avecune dissolution de gomme arabique, et peut être em-ployé à une foule d’usages en industrie, comme pourépaissir les couleurs dans l’impression des étoffes et celledes tapis, le gommage des tissus, etc. 11 n’est pas né-cessaire d’ajouter que dans cette préparation l’acide ni-trique est complètement détruit par sa réaction sur lafécule, et que l’on n’en retrouve plus la moindre tracedans le produit obtenu.
M’interfeld recommande un procédé tout à fait ana-logue ; seulement il emploie une quantité d’acide nitri-que plus considérable ('2 d’acide eu poids pour 100 defécule sèche à traiter), 11e dessèche la pâte qu’à unetempérature de 22 à 25” centigr., à l’air libre en été etdans une étuve eu hiver, puis effectue la torréfaction àla faible température de 03 à 69° centigr., en ayantsoin de retourner fréquemment la matière avec un râble.On prépare par voie sèche, dans les arts, de la dextrineimpure, ou amidon torréfié , très employé dans les ap-prêts, l’encollage, les applications des mordants et descouleurs, etc. On le prépare spécialement avec l’amidondes céréales que l’on pulvérise et que l’on échauffe gra-duellement à une température de 140 à 100° centigr.,dans un four, ou un cylindre en fer-blanc analogue àceux qui servent à brûler le café, jusqu’à ce que la ma-tière ait pris une teinte brun clair et exhale l’odeur dupain fortement cuit. A Manchester, où la fabrication del’amidon torréfié se fait très en grand pour l’impressiondes indiennes et autres étoffes de coton, on opère la torré-factiondans des fourneaux construits en plaques de fontequi sont chauffées extérieurement, à un point tel quela température intérieure s’y élève à 150" centigr.
On étend l’amidon sur des plaques en tôle munies derebords, que l’on introduit par quatre à la fois dans lefourneau; il s’v agglomère et forme des pelottcs irrégu-lières, translucides, d’un brun jaunâtre, que l’on passeau moulin lorsqu'elles sont refroidies pour les réduireen farine, état sous lequel ou verse l’amidon torréfiédans le commevcc. Ainsi préparé, l’amidon torréfié sedissout assez complètement dans l’eau, en formant unedissolution qui, concentrée,est mucilagineuse et coloréeen brun assez foncé, ce qui empêche de l’employer pourl’application de certaines couleurs pâles ou très déli-cates.
La fécule de pommes de terre ne se torréfie pas bienpar les pi'océdés que nous venons d’indiquer, parcequ’elle s’attache aux parois des vases dans lesquels s’o-père la torréfaction; pour remédier à cet inconvénient,on a proposé de faire bouillir une partie de l’amidon avecune certaine quantité d’eau et 77; de son poids d’alun,puis de mélanger cette bouillie avec le reste de la féculeet d’en former une pute épaisse que l’on briserait enfragments, que l’on ferait sécher et que l’on torréfieraitensuite, comme il est dit ci-dessus.
L'amklon torréfié diffère de la dextrine préparée parvoie humide : 1° en ce qu'il n’est pas transformé en su-cre de raisin par l’acide sulfurique étendu, ou l’infusiond’orge germé; 2" en ce que l'amidon torréfié prend unecoloration rouge pourpre par l’iode, et la dextrine unecoloration brunâtre; enfin, d’après M. le docteur Ure,la composition chimique de ces deux corps ne serait pasla même, comme il résulte des nombres suivants :
Lexlrine.
Carbone. . . . 35,7
Hydrogène. . 0,2
Oxygène. . . 53,1
*< 100 , 0 ~
Amidon torréfié. |43,5
. . 6,8. . 49,7
”100,0
Il est à remarquer que la dextrine et l’amidon torréfié,préparés en grand, contiennent presque toujours unecertaine quantité d’amidon non décomposé, et que par |
suite lorsqu’on les traite par l’eau froide, iis donnentlieu à un résidu d’apparence floconneuse plus ou moinsconsidérable.
Nous terminerons cct article en parlant de l’actionremarquable de l’iode sur l'amidon.
Lorsqu’on arrose de l’amidon sec avec une dissolu-tion aqueuse d’iode, les granules prennent aussitôt unecouleur bleu clair. Si au contraire, on agite de l’empoisavec de la teinture d’iode, le tout prend aussitôt unebelle couleur bleu foncé, au moyen de laquelle on peutreconnaître dans une liqueur les moindres traces d’ami-don et réciproquement, l'amidon est un des moyens lesplus précieux et les plus délicats que nous ayons pourdécouvrir la présence de l’iode. Si l’on chauffe de l’ami-don ainsi coloré par l’iode avec de l’eau, la couleur com-mence par virer au rouge et finit par disparaître presque,entièrement, parce que toute la masse s’est dissoute;par le refroidissement, l'empois s’agrège peu à peu et lacouleur reparaît de nouveau. Par l’action prolongée dela lumière, toute coloration disparaît, parce que souscette action l’iode se transforme en un mélange d'acidesiodique et hydriodique; on peut la faire reparaître enajoutant un peu de chlore qui revivifie l’iode ; si l’on en«joutait trop, il se formerait du chlorure d’iode et lacouleur disparaîtrait de nouveau. Il paraîtrait, d’aprèsquelques observations récentes, que les fibres végé-tales peuvent, dans quelques circonstances, donner, avecl’iode, une coloration bleue, et que par conséquent cettecoloration 11e serait pas toujours un signe assuré de laprésence de l’amidon.
Pour ce (pii regarde la transformation de la féculeen sucre de raisin, voyez les articles diastask, feu-M E N T A Tl O N, G L U C O S K.
AMMONIAQUE. L’ammoniaque ou alcali volatil aune assez grande importance industrielle, puisqu'il sertà extraire l’orseille, la cochenille, etc.; mais cette im-portance est bien autrement considérable lorsqu’il s’a-git des sels, que cette base peut donner en se combinantavec les acides, tels que l’hydrochloratc et surtout lesulfate d'ammoniaque, auxquels nous consacrerons desarticles spéciaux ( voir cjii.ouukks et sulfates).
L’ammoniaque jouit des propriétés alcalines des ba-ses les plus puissantes ; il verdit fortement le sirop de vio-lette, ramène au bleu le papier rouge de tournesol, saturecomplètement les acides les plus énergiques etforme dessels parfaitement définis et cristallisés; toutes ces pro-priétés lui assignent dans l’industrie un rang très élevéet qui tend à grandir chaque jour.
L’ammoniaque anhydre est gazeux à la températureet à la pression ordinaires ; ce gaz est incolore, très âcre,caustique, son odeur vive et pénétrante provoque lasuffocation et le lannoyement ; il est susceptible de scliquéfier à une très basse température ou sous une fortepression, enfin, et ce qui nous importe surtout ici, il estextrêmement soluble; à la température et à la pressionordinaires, l’eau en dissout le tiers de son poids, ce quifait environ 4 où 500 fois son volume, et la dissolutiondiminue de densité au fur et à mesure qu’elle contientune plus grande proportion d'ammoniaque.
Voici au reste un tableau, dressé par Davy, etqui indique approximativement la proportion réel Ud'ammoniaque qui existe dans une dissolution à des pcsauteurs spécifiques différentes.
Ainsi, la pesanteur spécifique de l’eau étant 1,0000,on aura :
ueur spécifique.
Ammoniaque.
Eau
0,8750 . . .
. 32,50 .
. . 07.50
0,8875 .
0,9000 . . .
. 20,00 .
. . 71,00
0,905 i . . .
. 25,37 .
. . 71,03
0,9100 . . .
. 22.07 .
. . 77.93
0,9255 . . .
19.01
80,10
0,9326 . . .
17,52 .
. . 8218