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AMMONIAQUE.

AMMONIAQUE.

Bu-sameur spéciliquc. Ammoniaque. Eau.

0,9385 .... '15,88 . . 84,12

0,9435 .... 14,53 . . . 85,47

0,9476 .... 43,46 . . . 86,54

0,9513 .... 12,40 . . . 87,60

0,9545 .... 11,56 . . . 88,44

0,9575 .... 10,82 . . . 89,18

0,9597 .... 40,17 .. . 89,83

0,9619 .... 9,60 . . . 90,40

0,9692 .... 9,50 . . . 90,50

4,0000 .... 0,00 . . . 100,00

La dissolution aqueuse d’ammoniaque est très peu sta-ble; à la température de l’ébullition la presque totalitéde l’alcali volatil qu’elle tient en dissolution se dégage;exposée à l’air libre, même à la température ordi-naire, elle finit également, à la longue, par s’en dé-pouiller complètement ; il faut donc avoir grand soin deconserver les dissolutions d’ammoniaque dans des vasesparfaitement fermés. Du reste, la dissolution aqueusede l’ammoniaque possède les mêmes propriétés que l’al-cali gazeux lui-même, et c’est à cet état seulementqu’on le rencontre dans le commerce.

A l’état de gaz, l’ammoniaque est composé de 3 vo-lumes d’hydrogène et de 1 vol. d’azote condensés en2 volumes, ou bien en nombres de :

Azote .

Hydrogène.

82,83 1•17,47

\z 2 IR

400,00

A l’état de dissolution, c’est-à-dire tel qu’on le trouvedans le commerce, il est uni à une quantité d’eau telle,qu’il marque de 21° à 22° Bamné, et qu'il forme 18 à20 p. 100 du poids de la dissolution.

Pour obtenir l’ammoniaque liquide, il existe au-jourd’hui deux méthodes parfaitement distinctes :1° L’ancien procédé qui consiste à prendre un sel am-moniacal cristallisé, préparé d’avance, et à le décom-poser par de la chaux caustique ; 2° le nouveau procédéqui consiste, au contraire, à retirer directement l’am-moniaque que renferment les eaux de condensation desusines à gaz. On voit tout de suite en quoi dilièrent es-sentiellement ces deux méthodes; dans la première,l’ammoniaque doit supporter des frais d’acide et de fa-brication qui sont complètement supprimés dans lanouvelle fabrication ; décrivons successivement les deuxprocédés.

1° Si l’on mélange intimement un sel ammoniacaltel que l’hydrochlorate ou le sulfate, avec de lachaux parfaitement caustique, puis qu’on chauffe lemélange, on sait que l’ammoniaque est mis en libertéet se dégage à l’état gazeux, tandis que la chaux prendse place pour former du chlorure de calcium ou du sul-fate de chaux. C’est sur cette réaction très simple querepose l’ancien procédé. Le sulfate d’ammoniaque estaujourd’hui exclusivement employé dans cette prépara-tion ; il renferme un peu plus d’alcali, et d’ailleurs, sonprix est bien moins élevé que celui de l’hydrochlorate( voyez plus loin la préparation de ces deux sels ).

On prend à peu près poids égal de sulfate d’ammo-niaque cristallisé et de chaux parfaitement délitée, eten poudre impalpable, dont on fait un mélange intimeque l’on porte de suite dans l’appareil de décomposition.C’est une chaudière en fonte ou en tôle, qui doit êtredisposée de manière à pouvoir être chauffée uniformé-ment, ainsi qu’à permettre d’y introduire facilement lesmatières premières et d’en retirer les résidus de l’opéra-tion. Un appareil analogue à ceux qui s’emploient dansla fabrication de l’acide nitrique, réussit très bien, pourde grandes productions.

Le gaz ammoniac qui se dégage par la réaction dela chaux caustique, sur le sulfate d’ammoniaque, estconduit dans une série de vases cylindriques en plomb,disposés en appareil de Woolf; il se rend d'abord dans

un premier flacon laveur, destiné à le débarrasser deses impuretés; puis, dans deux ou trois autres vasesdans lesquels on a mis d’avance la quantité d’eau né-cessaire pour donner une dissolution à 22°; on doit s’ar-ranger pour que chaque flacon ait au moins le tiers dosa capacité vide. Les tubes qui amènent le gaz ammo-niac, doivent plonger jusqu’au fond des vases, sanscette précaution la dissolution , qui est plus légère quol’eau, se ferait difficilement.

L’opération commence immédiatement aussitôt quol’on commence à chauffer; la rapidité plus ou moinsgrande de l’émission du gaz, que l’on entend barbotter,sert de guide pour augmenter ou diminuer le feu; leflacon laveur absorbe d’abord tout le gaz; mais lorsquela petite quantité d’eau qu’il renferme est saturée, l’am-moniaque se rend dans le premier vase de dissolution ; àmesure qu’elle se dissout, le volume du liquide augmente,sa température s’accroît rapidement, et deviendraitmême un obstacle à la dissolution si l’on n’avait soinde refroidir le llacon avec de l’eau froide; d’ailleurs, ladensité de la dissolution diminue sans cesse jusqu’à lasaturation complète du liquide. A ce moment, le vasene tarde pas à se refroidir, le gaz ammoniac passe en-tièrement dans le vase suivant, et ainsi de suite.

L’opération est terminée lorsqu’il n’y a plus de déga-gement de gaz; à ce moment le sulfate d’ammoniaqueest entièrement décomposé, et il ne reste plus dans l’ap-pareil de décomposition, que du sulfate de chaux, de lachaux eu excès et les substances étrangères non vola-tiles que renfermait le sulfate d’ammoniaque.

La dissolution d’ammoniaque, versée dans le com-merce, doit marquer 21 à 22“ à l’aréomètre Baume ; onla livre dans des bouteilles en grès, exactement ferméesau moyen de bouclions en liège, enveloppés d’une ron-delle de parchemin et recouverts par de la glaise quel’on enveloppe au moyen d’une nouvelle feuille de par-chemin, ficelée autour du col de la bouteille.

2° Le nouveau procédé, qui consiste à retirer directe-ment l’ammoniaque des eaux de condensation du gazd’eclairage, est en marche régulière depuis quelquesmois seulement. M. Mallet est le premier qui se soitoccupé de cette fabrication; M. Lamingue, venu en-suite, obtient également de bons résultats.

Les eaux de condensation du gaz renferment, entreau-tres produits, du carbonate et de l’hydrosulfate d’am-moniaque, et marquent à l’aréomètre de Baume, depuis1 jusqu’à o degrés, terme moyen 2 degrés. En principe,la méthode que l’on emploie est extrêmement simple,elle consiste à distiller ces eaux ammoniacales, sur dela chaux parfaitement éteinte ; l’ammoniaque mise en li-berté se dégage, et il se fonne du carbonate de chauxet du sulfure de calcium, qui reste dans les eaux épuisées ; tout le secret du procédé réside donc dans la dis-position des appareils. L’appareil breveté qu’emploieM. Mallet, se compose : 4" De deux chaudières distilla-toires, munies d’agitateurs, dont la première est disposéedirectement au-dessus du foyer, et la seconde est chauf-fée par la chaleur perdue, et par les vapeurs de lapremière; 2° de vases laveurs à la chaux, destinés àpurifier le gaz, analogues à ceux employés dans la fa-brication du gaz d’éclairage; 3” d’un serpentin conden-sateur, où se condense le gaz ammoniac, et qui estrefroidi par les eaux qui doivent être distillées dans l’o-pération suivante; 4° d’un vase destiné à recevoir l’am-moniaque condensée dans le serpentin ; 5“ d’un flacon delavage destiné à épurer l’ammoniaque; 6° d’un appareilde Woolf pour la dissolution du gaz qui a échappé à lacondensation et qui se dissout dans l’eau que contien-nent ces vases. L’ammoniaque recueillie dans le pre-mier vase ne marque jamais un degré sulhsant, on laremonte dans l’appareil distillatoire, au moyen d’unepompe foulante.

L’alcali, que l’on obtient par ce procédé, marque