ANCRE
ancre
L'encolure sc forge d’une manière analogue à la ;verpe. La partie la plus importante et la plus remar- jquablo du procédé de M. l’crring, consiste dans la ma-nière dont il réunit les bras à l’encolure. On ne soudepas immédiatement ensemble toutes les barres qui doi-vent former la couronne; mais on les divise en deuxmoitiés suivant la largeur, que l’on forge séparément,puis on les juxtapose et on les brase ensemble par l’ex-trémité qui doit être réunie à la verge, tandis que l’onrecourbe à angles droits et en sens inverse, les extrémi-tés opposées qui doivent être plus tard soudées «avec lesbras. On introduit dans l’angle qui s’est formé par l’é-cartcment des deux parties de l’encolure lorsqu’on Icaa recourbées, une sorte de coin en fer que l’on y brase,puis on soude de chaque côté les bras formés de plusieursbandes de fer préalablement brasées ensemble et pré-sentant une épaisseur égale à la moitié de l’épaisseurmaximum du bras de l’ancre, qui est formée «à sa mais-sauce de la somme des épaisseurs du bras soudé et de lamoitié de celle de l’encolure.
On soude ensuite la verge à l’encolure ; puis on ter-mine le forgeage de la verge. Enfin après avoir forgé àpart les pattes ou oreilles on les soude sur les bras.
Le bras BC fait généralement un angle de o()° avec laverge A; il est ou rond ou polygonal, et sa longueurest à peu près la moitié de celle de la verge.
L’extrémité supérieure E de la verge F (fig. 93) estéquarrie pour recevoir une sorte de flotteur ou pièce enbois dite jas placée dans une direction perpendiculaireà la verge et au plan des branches de l’ancre, et quioblige l’une de ces branches à se diriger vers la terre età s’y enfoncer quand on vient «à tirer sur le cable. Pourl’cmpêchcr de changer déplace, il est retenu par deuxoreilles ou espèces de tenons faisant saillie.
Le jas de l’ancre (fig. 92) est en bois de chêne. Ilconsiste en deux fortes pièces qui embrassent la partieéquarrie de la verge, et y sont solidement assujetties pardes boulons et des frottes en fer «ainsi que l’indique lafigure. Le jas est ordinairement un peu plus long queia verge; il a au milieu une épaisseur qui est d’environun douzième de sa longueur, mais il va en s’amincissantdans un sens jusqu’à n’avoir plus que la moitié de cetteépaisseur à ses extrémités. Dans les petites ancres lejas est fréquemment en fer; mais dans ce cas il n’em-brasse point la verge, on le fait passer an travers d’untrou pratiqué dans le carré qui a été renflé convenable-ment dans ce but.
Le poids des ancres, pour les différents vaisseaux,est proportionné à leur tonnage. On admet comme unebonne règle d’avoir des ancres qui pèsent, en quintauxmétriques, un quarantième du nombre de tonneaux decharge. Ainsi, pour un vaisseau de 1,000 tonnes, ilfaudrait une maîtresse ancre du poids de "25 quintauxmétriques. Les vaisseaux de guerre sont pourvus d’an-cres un peu plus pesantes.
Plusieurs autres formes d’ancres, et d’autres maniè-res de les construire, ont été proposées dans le brevetde M. Piper , dont la date remonte «au mois de novem-bre 1822. Si ce nouveau système était adopté, il en ré-sulterait du moins, quant à la force, des avantages su-périeurs à tout ce qui a été pratiqué jusqu’«alors.
Le but principal de ccttc invention a été de donneraux fibres du métal une disposition telle qn’elles puis-sent offrir la plus grande résistance possible: pour yparvenir, on évite autant que possible de contrarier etde courber ces fibres aux points de jonction de la vergeet des bras ; de sorte qu'elles ne soient ni tourmentéesni affaiblies, là où précisément elles ont le plus d’effortà supporter.
Sous ce rapport, la plupart des ancres sont défe/-*tueuses, car presque toujours en réunissant la vergeaux bras, le gr.ain du métal est ou contrarié, ou infléchi,au point d’altérer la ténacité des fibres, et par consé-
quent d’affaiblir ICanore, là où il est nécessaire au contraire qu’elle soit le plus renforcée. Le premier principe,pratiqué par M Piper, a été de phacer autant que possi -ble les fibres du métal en ligne droite, partout où l'effortdoit principalement s’exercer.
La figure 94 montre une an-cre «avec un bras tournant, passant entre les deux brandiesd’une verge fourchue. La partieinférieure de cotte ancre qui cor-respond à l’encolure est traver-sée par un fuseau autour duqueltourne le bras. On y introduitune cheville quand on veut fixerle bras dans une position déter-minée. Lavergccstformée d’unepièce solide en fer battu, dont les fibres sont dis-posées en ligne droite, et les trous qui sont percésà la couronne n'occasionnent dans le métal qu’unsimple renflement, dont la courbure n’affecte pas cesmômes fibres au point de les forcer; le br«as ainsi quele fuseau qui réunit le bras à la verge sont égale-ment formés d’une seule pièce, sensiblement droite.Le fuseau dépasse un peu de chaque côté de l’ancre;cette disposition a pour but de remplacer le jas; csrlorsque l’une ou l’autre des extrémités du fuseau vi c n‘en contact «avec le fond, l’ancre s’établit dans une posi-tion stable. On peut néanmoins, «au lieu de ces saillies,introduire un jas de fer auprès de la chaîne. Dans lachute de l’ancre, le bras tombera du côté qui sc trouverale plus près du fond, et elle sera immédiatement en étatde mordre dès qu'on le tirera en avant.
La fig. 95 présente le dessin d’une autre ancre établi©sur le même principe, maislégèrement modifiée dans saforme. Dans celle-ci, les bran-ches qui forment l’cnfourcho-ment de la verge sont plusrapprochées que dans la pre-mière, et il y a deux bras aulieu d’un fixés sur le mêmemanchon. L’un de ces brastombe dans sa position d’ar-rêt lorsque 1’«ancre touche le fond, et il est maintenuinvariablement sous son angle d’inclinaison par l’autre,bras qui vient buter contre ha verge.
La figure 96 présente une autre variation dans laforme de ccs ancres perfectionnées ; il y a ici deux brastournants disposés de manière qu’ils puissent mordre enmême temps. La verge est, comme dans celles qui pro-cèdent, forgée sans croiser le grain, et les yeux prati-qués soit à l’encolure pour le fuseau, soit auprès de lachaîne pour l’organeau, ont été percés au lieu d’étreformés soit en soudant, soit en contournant le fer. Dansce système, la couronne est munie d’une garde qui faitoffice de jas, en faisant tourner les bras dans la positionconvenable pour les fixer. Les bras sont forgés, ainsique nous l’avons déjà dit, dans le sens des fibres du fer,puis percés et fixés au fuseau qui passe à travers l’en-colurc.
La figure 97 représente uneverge sans enfourchcment. Elleest en ligne droite dans toute salongueur. La garde est ici unepièce de fer allongée tenant lieude jas, qui est ainsi que les brastournants, réunie au fuseau quipasse au travers de l’encolure,et qui fait tomber les bras del’ancre dans leur position d’ar-rêt.
tant formées de pièces scparc-Of
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