ANTIMOINE.
ANTIMOINE.
le seul minerai qui se rencontre en quantité suivantepour être traité en grand est le sulfure d’antimoine. On letrouve ordinairement en masses composées d’aiguillesprismatiques juxtaposées, d'une couleur gris de plombtiraut sur le gris d’acier et douées d’un éclat fortementmétallique. Ta rayure offre la meme couleur. Ces ai-guilles sont extrêmement aigres et cassantes, fondentà la simple flamme d’une chandelle, et exhalent uneoaeur sulfureuse. Réduit en poudre, le sulfure est grisnoir, et était autrefois employé par les femmes pour seteindre les sourcils et les paupières. Sur 100 parties enpoids, il renferme 72,80 d’antimoine et 27,14 desoufre ; sa densité est de 4,13.
Le sulfure d’antimoine est ordinairement associé àdu quartz, du sulfate de baryte et du carbonate de chaux;à Allemont on le trouve dans les nombreuses tissuresdu schiste micacé. Dans U* traitement du minerai pouren retirer le métal, la première chose à faire est de sé-parer le sulfure d’antimoine de la gangue à laquelle ilest associé; cette séparation se faisait autrefois dans despots d’argile, que l’on plaçait soit dans des fosses enplein air, soit sur la sole d'un fourneau où on les chauf-fait modérément. Le sulfure d’antimoine, qui est trèsfusible, se séparait par liquation des matières étran-gères, auxquelles il était associé, et se rendait par untrou pratiqué au fond de chaque pot dans une série depots inférieurs dits boulets, placés hors de l’action dufeu. Les grandes pertes qui résultaient de la casse despots, ont fait adopter dans beaucoup de localités uneautre méthode, qui consiste à concasser grossièrementle minerai trié et à le charger sur la sole concave d’unfourneau à réverbère, près de l'autel. On opère ainsiune liquation. Les matières terreuses restent où on lesa chargées, et le sulfure fond et se rassemble au mi-lieu de la sole, d’où on le coule.
A l’usine do Malbosc, dans le département de l’Ar-dèche , on opère la liquation d’une manière différente, etque nous allons décrire, parce que cet établissement estun des plus considérables qui existent en France .
Le fourneau de liquation est représenté dans lesfigures 104, 105 et I0G; la lig. 104 est une coupe ho-rizontale suivantla ligne EF, fi-gure 105, et leslig. 105 et 106sont des coupesverticales sui-vant les lignesAli, CD de laiig. 104. Dansces trois coupes,les mêmes lettresreprésentent lesmêmes objets, a,b, v , sont les troisgrilles situées au même niveau; elles ont 1 ,M ,37 delong sur 0"',27 de largeur, et sont séparées par deuxmurs dans lesquels sont pratiquées les galeries rectan-gulaires longitudinales d, e, dont le fond est situé à0 IU ,30 au-dessus du niveau du sol de l’usine, et qui .sontfermées à leurs extrémités par des portes en fonte i, g...munies de regards. Les parois et la partie supérieure deces galeries sont construites en briques réfractaires.Trois ouvertures f, g, h, pratiquées dans chaque mur deséparation, permettent à une partie de la flamme des’introduire dans les galeries rectangulaires d } e, et d’é-chauffer préalablement les creusets coniques en fontek, U ,... où le sulfure d’antimoine tombe goutte à goutteil mesure qu’il se sépare des matières étrangères aux-quelles il était associé; ces creusets ont Ü"‘,30 à O 1 ",33de profondeur, 0‘", 25 de diamètre à l’ouverture, et 0“’,15au fond: l’épaisseur de la fonte est de 0"*,01 ; ilssont portés sur des chariots à roulettes, en fonte, ce
qui permet de les retirer au besoin ; on a soin de les re-vêtir d’un enduit d'argile réfractaire, afin de prévenirl’action sulfurante du sulfure d’antimoine sur la fonte.
Il y a danschaque fourneau 4 tubes doliquation m,m..en argile réfrac-taire; ces tube*sont verticaux,légèrement co-niques, et ont1 ,n ,02 de hau .teur, 0 IU ,26 d tïdiamètre iuté •rieur en haut,etO m ,21 cubas ;leur épaisseurest de U’ I, ,U15 ;des ouvertureso, o,.. de 0 m , 10à 0‘“, 12 de lar-ge, placées aitbas des tubes deliquation, et vis-à-vislosportes p,p, qui sont bou-chées pendant la fonteavec des plaques d’ar-gile, servent à les net-toyer; le sulfure fondus’écoule par les petitstrous », »... et tombedans les creusets k, k...Les tubes de liquationtraversent la voûte q, qdans des ouvertures pra-tiquées à cet effet, et noferment à l’aide des pla-ques de recouvrementr, r. La flamme sert dufourneau par les ram-pants u, v, v, munis (leregistres, et se rend dansla cheminée t, hauted’environ 4 mètres ; unepetite, cheminée to sert à donner issue aux vapeurs sulfu-reuses qui se dégagent lorsqu’on enlève les crasses et rési-dus de la liquation ; une dernière cheminée x consolidéepar des tirans en fer aa', et en bois b’ } b \ qui com-mence, en y, y, au niveau de la partie supérieure d<*stubes de liquation, et est partagée en deux comparti-ments par un mur de séparation r, est destinée à en-traîner les fumées qui se dégagent lors du chargementdes cylindres m, ?»,... Enfin des portes c’, c’, ferméespar des plaques d\ d’ } lutécs avec de l'argile, permettentde visiter au besoin l’intérieur du fourneau, et d’exa-miner si l’un quelconque des tubes de liquation est horsde service.
On charge à la fois, dans chaque tube de liquation,220 i\ 230 kilogr. de minerai d’antimoine, préalable-ment échauffé sur la voûte même du fourneau ; peu detemps après, le sulfure commence à couler goutte àgoutte dans les creusets de réception ; quant tout écou-lement a cessé, on retire les résidus par les ouvertuieslatérales, et on introduit une nouvelle charge. On laisseles creusets de fonte enduits d’argile sc remplir auxtrois quarts, puis on les retire du fourneau, où on enintroduit d’autres, on les laisse refroidir lentement, et onles vide; chaque lingot pèse environ 40 kilogr. On passeune charge toutes les trois heures, et lorsque l’opérationmarche bien, on produit par tube de liquation et parheure, de 40 à 5Û kilogr. de sulfure d’antimoine. Ladurée moyenne des tubes de liquation est de trois
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