ANTIMOINE.
ANTIMOINE.
maines ; on en voit même qui durent le double. Le fou-dage est d’environ 40 jours. Le rendement du mineraien sulfure d’antimoine est de 40 à 5*0 p. 100, et onconsomme 63 parties de houille p. 400 de sulfure d’an-timoine obtenu. Ce procédé se recommande par la faibleconsommation de combustible, l’économie dans la main-d’œuvre, et le grand appauvrissement des résidus. D’a-près l’ingénieur en chef des mines Furgaud, ce fourneauà donné dans une campagne de 36 jours 23471 kilogr.de sulfure avec un minerai rendant 40 p. 100, en dé-pensant :
15000 k de houille grosse et menue à 2 r les
100 k , soit. 3000 r
240 journées d’ouvriers à l r ,50 l’une, soit. . 300
Renouvellement des cylindres, outils, répa-rations. 60
Total. . . . 3420*
ce qui donne 3 r ,06 pour les frais de traitement,correspondant à la production de 4 00 kilogr. desulfure d’antimoine.
« Dans le travail en plein air, les frais de traite-ment s’élèvent à 8 f ,42 par 100 kilog. de sulfured’antimoine fondu produit; ils sont moins consi-dérables dans les fours avec pots à boulets; maisy sont cependant encore bien supérieurs à ceuxdu fourneau de Malbosc. »
Le sulfure d’antimoine, ainsi obtenu par la fusiondes minerais, porte le nom impropre d'antimoinecru, et est en cet état employé, partie à la préparationde différents produits pharmaceutiques , partie à la fa-brication de l’antimoine métallique ou régule.
Le procédé le plus simple pour convertir le sulfured’antimoine en régule, consiste à le porter au rougeavec du fer métallique ; il se forme du sulfure de fer etde l'antimoine métallique, un peu ferreux, qui se sépa-rent par la fusion. Les meilleures proportions à observersont de 42 parties de fer métallique p. 100 de sulfured’antimoine. Quoique le sulfure d’antimoine renferme72 parties d’autimoino métallique, on n’en obtient que60 ; cette perte tient à ce qu’une partie du métal se vo-latilise pendant l’opération, et à ce qu’une autre partiereste mécaniquement mélangée dans le sulfure d’anti-moine. Le rendement augmente d’une manière notable,si l’on ajoute au mélange, du sulfure de potassium oude sodium, ou bien un mélange de sulfate de soude etde charbon ; il se forme alors un sulfure double de so-dium et de fer, beaucoup plus fusible et plus léger quele sulfure de fer, et qui par conséquent se sépare beau-coup mieux de l’antimoine métallique.
D’après M. Berthicr, 400 parties de sulfure d’anti-moine, 60 de battitures de fer, 45 à 50 de carbonate desoude, et 10 de charbon de bois pulvérisé, donnent parla fusion de 65 à 70 parties d’antimoine métallique. Onpeut également employer le sulfate de soude au lieu ducarbonate, et, avec les proportions suivantes : 100 desulfure d’antimoine, 80 de battitures de fer, 50 desulfate de soude, et 17 de charbon, on obtient 57 partiesde régule.
L’ancien procédé d'extraction, presque entièrementabandonné aujourd’hui, consiste à fondre au rouge, dansdes creusets, un mélange de 4 parties en poids de sul-fure d’antimoine, 3 parties de tartre, et 1 partie 1/2 deirtre. On n’obtenait que 27 parties de régule métalliquep. 100 de sulfure employé, ce qui, joint au prix élevédu nitre et du tartre, a été la cause de l’abandon presquegénéral de ce procédé. L’énorme déchet que l’on obtientrésulte de ce qu’une grande partie de sulfure d’anti-moine se combine avec le sulfure de potassium qui seforme, et échappe ainsi à la réduction. Dans les raresusines où ce procédé est encore appliqué, et où il estjuste de dire que l’on obtient un métal d'une grandepureté, on utilise les scories alcalines que l’on obtient
en les dissolvant dans l’eau ; il sc précipite du sulfured’antimoine, qui est lavé, desséché, puis vendu à basprix sous le nom de kermès minéral préparé par voiesèche, et est employé dans la médecine vétérinaire.
Lorsqu’on réduit le sulfure d’antimoine pur l’un desprocédés indiqués par M. Berthicr, la séparation de l’an-timoine métallique se fait bien plus aisément et à uneplus basse température, de sorte que dans ce cas onpeut aisément opérer la réduction sur la sole d’un four-neau à réverbère, et traiter directement le minerai brut.M. Frank, pharmacien à Linz, sur les bords du Rhin ,prit en 1828 un brevet à ce sujet; nous donnons ici(,6g. 107 et 108) le plan et la coupe do son fourneau deréduction. Le lit de fusion étant préparé comme nousl’avons dit, on en charge 100 à 150 kilogr. sur la sole,formée d’un mélange bien damé de sable et d’argile,par la porte c qui sert en meme temps a retirer ico ace-ries. On coule l’antimoine réduit par le trou de percée
407. 408.
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a, qui pendant l’opération est bouché avec de la brasquede charbon. On charge le combustible sur la grille e,par la porte f; la flamme passe par-dessus l’autel d,continuellement rafraîchi jrtir un courant d’air qui tra-verse le canal b, se réverbère sur la sole du four, et s’é-chappe enfin par le rampant qui la termine dans la che-minée g. Chaque fonte dure huit à dix heures.
Comme l’antimoine ainsi obtenu n’est pas assez purpour être immédiatement livré au commerce, ou le fondde nouveau avec un peu de charbon dans des creusetsque l’on chauffe dans un four à réverbère. On le purifieencore mieux dans quelques usines, en le fondant avecde son poids de verre d’antimoine, qui enlève le sulfured’antimoine dissous dans le régule. L’antimoine mé-tallique, tel qu’on le rencontre dans le commerce, ren-ferme presque toujours une certaine quantité de fer etd’arsenic. La présence de ce dernier corps, tient à ce quele sulfure d’antimoine natif est presque toujours asso-cié à une petite quantité de sulfure d’arsenic, qui se ré-duit en partie avec l’antimoine. Il n'est pas rare nonplus d’y rencontrer une petite quantité de plomb et decuivre. L’arsenic se reconnaît, en fondant l’antimoine auchalumeau, par l’odeur d’ail qui se dégage. Comme ilest très important pour les préparations pharmaceuti-ques d’avoir de l’antimoine parfaitement pur, on a pro-posé un grand nombre de méthodes pour purifier l’an-timoine du commerce ; le procédé qui réussit le mieux,consiste à mélanger ensemble 16 parties en poids d’an-timoine impur, I partie de sulfure d’antimoine ot 2 par-ties de carbonate de soude fondu, puis de mettre lemélange dans un creuset de Hesse et de le maintenir enfusion pendant une heure environ ; on laisse ensuite re-froidir, et on sépare d’un coup de marteau les scoriessurnageantes du culot métallique, que l’on achève deraffiner en répétant encore deux fois la même opéra-tion.
L’antimoine a une couleur blanc d’argent avec unetrès légère teinte bleuâtre ; sa cassure est extrêmementlamelleuse, et il est tellement aigre et cassant que l'onpeut aisément le pulvériser dans un mortier. Il se fondun peu au-dessous du rouge en répandant dans l’aird’épaisses fumées blanches. Il se fond au chalumeauavec une fumée blanche, et vient déposer sur le charbonune auréole blanche formée d’aiguilles cristallines