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ARDOISE.

ARDOISE.

I.cs anciens nous ont laissé en ce genre des travauxmagnifiques, parmi lesquels nous citerons : le Pont du•tard, formé par trois rangs d’arcades superposées etconstruit par les Romains pour l’alimentation de la villede Nîmes; l’aqueduc de Petra , en Mingrclic, qui selonIVocopc, fut construit pur les soins de Cosroës, roi dePerse, et qui se composo de trois aqueducs superposés;et er.î.n les immenses aqueducs qui alimentaient Rome.

M. Montrichcr construit en ce moment un aqueducgigantesque, qui laisse bien loin derrière lui tout cequ’a fait l’antiquité. (Jet aqueduc qui amènera les eaux«le la ilurance à Marseille doit alimenter la ville, enmôme temps qu’assainir le port en y amenant des eauxcourantes, qui forout disparaître les exhalaisonspestilen-tielles qui s’en exhalent lorsque l’eau de la mer se retire.

ARDOISE. Nom donné à une sorte de schiste quise trouve répandu en grande masse dans la nature, etqui par son inaltérabilité à l’air, et la faculté qu’il pos-sède de pouvoir se diviser aisément en lames ou feuilletstrès minces, est très employé pour former des toituresaussi légères que solides. On trouve en France , dans lesArdennes , et surtout près d’Angers (Maine-et-Loire ),deux gisements considérables d’ardoises éminemmentpropres à cet usage.

Les couches d’ardoises sont ordinairement verticalesou très inclinées sur l’horizon, rarement presque hori-zontales. On les exploite suivant leur position, tantôt àciel ouvert, tantôt par galeries souterraines.

Exploitation à ciel ouvert. Comme exemple de cemode d’exploitation, nous allons décrire brièvement lefoncement de l’une de ces immenses excavations àciel ouvert ou pe trières (pù entourent la ville d’.ln-gers, et qui fournissent la plus grande partie des ar-doises consommées eu France . On y comptait en 1841,d’après M. Le Châtelicr, quatorze perrtères, dont laproduction annuelle s’élevait a 120 millions d’ardoises,représentant une valeur do 2 millions de francs. Lescouches de schiste sont verticales ou inclinées d’aumoins 75 à 80° sur l’horizon. Après avoir enlevé, surune étendue rectangulaire de 2,000 à 5,000 mètrescarrés, la terre végétale et l’argile provenant de la dé-composition du schiste ardoisier, laquelle présente sou-vent une épaisseur considérable, on attaque la rochepar foncées successives ou gradins droits (voir mines),de 3 mètres de hauteur chaque. On coupe verticale-ment les deux parois ou chefs perpendiculaires à la di-rection du schiste, en laissant seulement de 3 en 3 mè-tres, une saillie de quelques centimètres pour marquerles foncées. C’est sur celui qui présente le plus de soli-dité que l’on établit les machines à molettes servant àl'enlèvement de la pierre et à l’épuisement des eaux.On commence chaque foncée en ouvrant au milieu de lacarrière et parallèlement à la direction des feuillets duschiste, une longue tranchée de 3 mètres de profondeur,1 mètre de large à l’ouverture et se terminant en coin ;ce travail qui est assez long et ne donne que des dé-bris, se fait avec la pointe , sorte de pic droit à manehcmince, flexible et long d’un mètre ; on abat ensuite lerocher de côté et d’autre, de manière à former ainsiplusieurs gradins sur chacun desquels on dispose unatelier. La tranchée ouverte, on pratique avec la pointeet à une distance de 2 à o décimètres de son bord supé-rieur, d’après Rexamen des délits ou veines qui se mon-trent à la surface de la foncée, une série de trous espa-cés de 3 à 5 décimètres, et destinés à recevoir les fers,coins de 2 à 3 décimètres de long ; c’est ce qu’on ap-pelle faire le chemin ou enferrer. Après avoir enfonceces fers à coups de masse, on les retire et on les rem-place par les quilles , autres coins plus gros de 8 déci-mètres de long, dont le nombre dépend de l’étendue dubloc que l’on veut abattre; puis des ouvriers, armés delourds marteaux en fer, frappent en cadence sur la tètedes quilles, et quand elles ont pénétré tout entières,

: les chassent avec de nouvelles. Il faut quelquefois en! superposer ainsi jusqu’à 5 et (5 rangées. Le rocher se, brise par le pied, et le bloc finit par se détacher ; si l’in-clinaison du schiste ne lui permet pas de tomber parson propre poids, on introduit dans le joint de gros le-viers de fer, sur lesquels on agit au moyen de cordagesque l’on tire à bras d’hommes ou avec un treuil. Lebloc en tombant dans la tranchée, s’y brise en plusieursblocs plus petits ou crcnotis, que l’on subdivise en yfaisant des entailles et en frappant sur le plat d’aprèsleur direction afin de les rendre plus transportables;enfin des ouvriers abattent ou rangent au moyen do lapointe, les écots ou saillies que le bloc en se détachanta laissés adhérents à la masse.

Les blocs d’ardoises et les débris ou vidanges sont ame-nés à la surface du sol dans des caisses rectangulairesdites bassicots, par le moyen de manèges mus par de»chevaux et formés d’un tambour vertical autour duqueldeux câbles s’enroulent en sens inverse, et viennent en-suite passer sur des molettes ou poulies de renvoi verti-cales, soutenues par une charpente qui fait saillie surl’excavation , de telle sorte qu’un bassicot vide descendtoujours lorsqu’un autre monte. On vide les bassicotspar le lucet ou côté formé d’une planche mobile. Lors-que l’excavation est assez profonde, on guide les bassi-cots dans leur mouvement, au moyen de câbles tendusen travers de la carrière, de manière à les faire arriver na-turellement aux différents points de chargement, ce quiprocure au spectateur un coup d’œil très curieux et trèsintéressant. Lorsqu’on est parvenu à une certaine profondeur on donne aux tranchées une pente légère pourfaciliter l’écoulement des eaux, et l’on creuse à l’extré-mité une grande cuve pour les recevoir. On les épuiseavec deux grands seaux qu’un manège fuit monter etdescendre alternativement. Les chefs sont, comme nousi’avons dit, toujours taillés verticalement; les parois la-térales sont taillées en gradins plus ou moins larges,suivant la solidité de la roche, ou en talus rapide, pourprévenir les éboulements. On abandonne la carrièrelorsque les parties supérieures,, fatiguées par les filtra-tions d’eau, donnent lieu à des éboulements trop fréquents, ou lorsque la carrière est devenue trop étroitepour que l’exploitation soit profitable. La profondeuratteint souvent tOO mètres; on a vu, il y a quelquesannées, une carrière finir à la profondeur de 140 mètres.C’est du reste un fait à peu près constant que l’ardoiseest d’autant meilleure que l’on s’enfonce à une profon-deur plus considérable.

Aussitôt après leur extraction les blocs amenés anjour sont façonnés en plein air sur les tas de remblaisqui entourent la carrière. On les débite d’abord en ré-partons ou pièces de 2 à 3 ccntim. d’épaisseur et présen-tant grossièrement la forme et les dimensions des ar-doises de diverses espèces ; on les subdivise ensuite ensuivant le fil de la pierre , en ardoises brutes ou fendis , àl’aide d’un petit maillet et d’un ciseau plat très mince,appelé dougé; enfin on termine les ardoises, et on leurdonne la dimension et lu forme voulues, en les taillantsur le chaput, billot cil bois armé sur le bord d’une lamede fer qui forme Varête, avec une petite hache ou do-leau; cela s’appelle rondir l’ardoise.

Exploitation par galeries souterrahics. On exploiteainsi les couches recouvertes d’une grande épaisseurde mort terrain. On les rejoint par des puits ordinaire-ment inclinés et on enlève le schiste d’une manière àpeu près analogue à celle que nous venons de décrire enlaissant d’espace en espace pour soutenir le faite des ex-cavations, un certain nombre de piliers disposés en quin-conces.

Qualité des ardoises. La plus estimée est la carrée fine,elle est rectangulaire et a 0 n, ,30 do long sur 0'",22 delarge et environ 0 m ,003 d’épaisseur; elle n’a point detaches et vaut sur le port d’Angers 25 francs le mille