argile.
ARGILE
desséchant, la pâte conserve de la solidité, et quand onl'expose à une chaleur toujours croissante, elle en ac-quiert une ucs plus fortes, et devient si dure qu’elleétincelle sous le briquet; dans ce cas, elle 11 e peut plusse délayer dans l’eau et faire pâte avec elle. L’argilesèche est complètement opaque, à cassure terreuse,happe ;i la langue, et devient plus ou moins onctueuseau toucher apres avoir été mouillée. Immergée dansl'eau, elle l’absorbe, peu à peu, et devient facile à tra-vailler. Kilo est blanche lorsqu’elle est pure, gris bleuâ-tre plus ou moins foncé lorsqu’elle est mélangée de ma-tières combustibles, l’hydrate de fer la colore en jauneou en brun, et le peroxyde de fer anhydre en rougebrun. Par calcination elle devient blanche si elle estpure,* et colorée en rouge brique plus ou moins foncélorsqu’elle contient de l’oxyde de fer. Elle éprouve unretrait très considérable par l’action de la chaleur, etse fendille avec une grande facilité, si celle-ci n’est pasextrêmement graduée. C'est sur ce phénomène du re-trait de l’argile qu’est fondé le fykomètue de Wedy-xcood.
L’argile pure est infusible à la chaleur la plus élevéeque l’on produise dans les fourneaux employés dans l’in-dustrie. Modérément calcinée, elle durcit, et se trans-forme en une masse terreuse et poreuse, qui happe for-tement à la langue et absorbe l'eau avec avidité. A unetempérature excessivement élevée, elle se ramollit aupoint de donner une masse pierreuse sonore, à cassureconchoïdale plus ou moins éclatante. Les argiles im-pures présentent les memes phénomènes à une tempé-rature moins élevée, au-dessus de laquelle elles se Ion-dent.
Les principales variétés d’argiles sont les suivantes :
l u argiles-kaolins. Les kaolins sont exclusive-ment employés à la fabrication des porcelaines, ils sontfriables, maigres au toucher, font difficilement pâte avecl’eau; quand on les a séparés par le lavage, des sub-stances étrangères qu’ils renferment, ils sont absolu-ment iufusibles au four de porcelaine et y deviennenttrès durs et sans solidité. Ils proviennent de la décom-position des feldspatbs, et renferment toujours unequantité plus ou moins conddérable do mica qui les ac-compagnait. Dans plusieurs gisements (Chine, Alençon ,Saint-Yrieix, près Limoges ’, les kaolins sont recouvertsd’une roche micacée qui a la texture du gneiss, maisqui est rouge et très fusible. Le kaolin de Saint-Yrieix ,lavé et desséché, contient 0,oG de silice et 0,44 d’alu-mine.
truand le kaolin sort de la carrière, il est mêlé debeaucoup de feldspath dont on le sépare en le délayantdans des cuves avec de l’eau, laissant reposer pendantun temps plus ou moins long, puis décantant; le feld-spath reste dans les cuves, et l’eau chargée d’argile, estreçue dans des bassins de dépôt où elle se clarifie; onla fait ensuite écouler, et on recueille l’argile qu’onlaisse sécher à l’air. On peut avec avantage dessécheren très peu de temps la pâte au point nécessaire pour lavendre transportable, par un procédé dû à M. Grou-velle, qui consiste à la renfermer dans des sacs en fortetoile de chanvre serrée que l’on superpose par lits, sépa-rés par des claies d’osier, et que l’on comprime forte-ment au moyen d’une presse à bras.
argiles plastiques. Douces et presque onc-tueuses au toucher, se laissant polir avec le doigt ; ellesdonnent avec l’eau, une pâte tenace, très liante et lon-gue, quelquefois un peu translucide sur les bords ; ellessont très réfractaires, et acquièrent une grande soliditépar l’action de la chaleur. Les plus connues sont : enFrance, les argiles réfractaires de Dreux , de Monte-reau, de Forges-les-Eaux et de Gournay, que leur ex-cellente qualité fait rechercher pour la fabrication despots de verreries et des cazettes qui servent à lu cuis-son delà porcelaine; en Allemagne , la terre de pipe
de Vollendar près çle Coblcntz et l’argile réfractairode Gross-AImerode, dont on fuit les creusets de Hesse;en Angleterre, les terres de pipe du Devonshire, du Cor-nouailles, de l'île de Wight et la célèbre argile réfrac-taire de Stourbridge dont nous avons déjà parlé au motacier, et en Belgique l’argile d’Ai,donnes.
3° argile smkctique ou terre a foulon. Grasse et onctueuse au toucher, se polissant avec l’ongle, etformant en peu de temps avec l’eau une bouillie peuductile; sa couleur varie du gris-jaunâtre au vert et aubrun ; sa cassure est raboteuse, schisteuse ou coneboïde;elle est compacte et happe peu à la langue; elle fondau four à porcelaine, et contient souvent de la ma-gnésie à laquelle elle paraît devoir une partie de ses ca-ractères extérieurs. Elle est très employée dans les artspour le dégraissage ou le foulage des draps ; on en trouvedans beaucoup de pays; celle de Rittenau en Alsace estde très bonne qualité.
4“ argiles FiGULiNKS. Présentent les propriétésphysiques des argiles plastiques ; beaucoup sont commeelles, douces au toucher et donnent avec l’eau une pâteassez tenace ; mais elles sont en général moins compactes, plus friables et sc délaient plus facilement dansl’eau ; plusieurs aussi sont fortement colorées et loin deperdre cette couleur au feu, elles y deviennent souventd’un rouge très vif; leur cassure est irrégulière, ra-boteuse et nullement lamcUeusc. Quoique douces autoucher elles n’ont pas ordinairement l’onctuosité desargiles à foulon. Quelques-unes font une légère effer-vescence avec les acides et se rapprochent tellement desmarnes qu’il est difficile de les en distinguer. La chauxet l’oxyde de fer que contiennent ces argiles, les ren-dent fusibles aune température souvent fort inférieureà celle que les argiles précédentes peuvent supportersans altération. Ces argiles sont employées dans la fa-brication des faïences et poteries grossières, à pâte poreuseet rougeâtre; on en fait aussi des statues et des vasesdits de terre cuite, pour les jardins ; on en rencontre desbancs très étendus à Yanvres, Accueil etVaugirard;elles renferment fréquemment des pyrites de fer.
5" AKGILES EFFERVESCENTES OU MARNES. Les mai*-
ncs sont formées d’un mélange mécanique et intime decarbonate de chaux et d’argile; suivant que l’un oul’autre de ces éléments domine dans le mélange, elle3prennent le nom de marnes calcaires ou d’argiles mar-neuses; elles ont peu de consistance, forment avecl’eau une pâte qui n’a point de liant, font une vive ef-fervescence avec les acides et sont très fusibles. Lesmarnes plus ou moins calcaires sont employées avecsuccès en agriculture pour amendement des terres for-tes ou argileuses.
6° argiles ocueusks. Ce sont des argiles maigres,siliceuses colorées par de l’oxyde de fer, en rouge (ocrerouge) lorsqu’il est anhydre, ou en jaune (ocre jaune)lorsqu’il est hydraté.
La sanguine est une argile ocreusc rouge, qui sert àpréparer les crayons rouges. La terre sigillée ou toi d’Ar-ménie , employé en médecine, est aussi une variété d’ar-gile ocreusc rouge très estimée, tirée autrefois parConstantinople de l’île de Lemnos où on la purifie parlévigation, et on en forme de grosses pastilles sur les-quelles on imprime le cachet du gouverneur do File oucelui du grand seigneur avant dé les livrer au commerce;on se sert maintenant en France pour préparer le bold’Arménie , d’une terre ocreuse que l’on trouve aux en-virons de Blois et de Saumur .
L’ocre jaune se trouve principalement en France prèsde Vierzon, et àBitry près St-Amand (Nièvre ); elle estexploitée par puits et galeries, puis calcinée et lavée con-venablement elle donne un ocre rouge; l’ocre de liitry,celui de Morngue et celui de Saint-Bourrain se vendentquelquefois naturels ou calcinés, sous les noms de jaune. t rouge d’Italie . On les emploie comme les autres ocres