ARMES A n:u.
ARMES A FEU.
ment au rouge cerise, et que l’on enroule en cet état enspirales aussi serrées que possible sur un mandrin de1 \ millimètres environ de côté. On retire le mandrin, eton porte le canon dans le feu ; puis on le soude commenous l’avons dit plus haut en commençant au milieu desa longueur.
D’après ce que nous avons dit, les bandes, primitivessont soudées côte à côte normalement à la surface ducanon, de sorte que celui-ci paraît être très finementrubanné. Dans les fusils à deux coups, on enroule leruban qui forme l’un des canons, à droite, et celui quiforme l’autre, à gauche, ce qui produit un effet agréableà la vue. Quinze ouvriers parisiens , dont six à la forge,deux au forage, et sept aux autres parties de la fabrica-tion, 11 e peuvent livrer par semaine que 6 canons dou-bles rubannés pour fusils de chasse, prêts à être montés,et les vendent au prix de 100 à 300 fr. pièce.
M. Gâstine et Hcnette habiles arquebusiers de Paris ,ont établi un autre système de canons à rubans sur les-quels M. Séguicr a fait à l’Institut un rapport très fa-vorable. Au lieu de se composer d’une lame plate rouléeen hélice et soudée bord à bord, le canon est formé parla juxtà-position de deux rubans triangulaires, super-posés de telle manière que le sommet de l’un s’unisse àla base de l'autre (voir la fig. -135). De cette façon, lasurface de contact des sou-dures pratiquées suivantdes plans obliques , setrouve augmentée, et onremedied’uno manière trèssatisfaisante à l’inconvé-nient des travers, c’est-à-dire résultant des défautsde soudure. Dans desépreuves faites avec descanons, du poids de 875grammes, de 72 centimè-tres de longueur,et ^mil-limètres de diamètre inté-rieur, de o millimètresd’épaisseur à la culasse, etde I millimètre 50, à labouche ; ceux-ci ne se sont ouverts qu’à la charge de44 grammes de poudre et 250 grammes de plomb. Und’eux n’a meme cédé qu’à la charge de 50 grammes depoudre et 280 grammes de plomb ; charge énorme,puisque celle employée par les chasseurs ne dépasse pas4 grammes de poudre et 40 grammes de plomb.
Des résultats non moins avantageux ont été obtenuspar M. Bernard, habile armurier de Paris , avec descanons de fusil obtenus, en enroulant 2 hélices l’unewir l’autre; la deuxième, recouvrant les joints delàpremière.
Lorsque les canons de fusil sont entièrement forgés,on les porte au rouge sombre dans un fourneau particu-lier, puis on les laisse refroidir très lentement, pour don-ner au fer dont ils sont composés, le plus de douceur pos-sible ; ils sont alors propres à être portés à l’atelier deforage.
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137.
Le foret (fig. 136) est un long morceau d’acier, àsection carrée, légèrement pyramidal et à arêtes tran-chantes, qni est soudé à une tige cylindrique en fer, se
terminant à l’autre extrémité par une tête cariée quisert à fixer l’outil dans la boite du tour. Il arrive ordi-nairement que l’on ne laisse pas mordre le foret sur tou-tes ses arêtes à la fois ; on applique à l’aide d'un anneaumétallique contre l’une des faces du foret, une petitepièce de bois extérieurement cylindrique, qui vient frot-ter dans l’âme du canon, tandisque les deux arêtes oppo-sées de l’outil, peuvent seules mordre et aléser le trou.Ce procédé a l’avantage de permettre d’agrandir succes-sivement et d’aléser l’âme du canon à l’aide d’un seul etmême foret, en augmentant à mesure l’épaisseur de lapièce de bois, tandis qu’autrement il faudrait un grandnombre de forets de grandeurs différentes. Il est aussià remarquer que dans ce dernier cas, comme l’affûtagedoit avoir lieu sur les quatre faces à la fois, ils sont ra-pidement usés et mis hors de service, tandis que parleprocédé que nous avons indiqué, l’outil ne mordant quepar deux arêtes àla fois dure beaucoup plus longtemps.
Le tour à forer est horizontal. Dans quelques cas, ce-pendant, on a entrepris de travailler les canons, sousune inclinaison de 30° à l’horizon, de manière à faciliterle dégorgement des limailles. Le canon est supportépar un point seulement, au milieu de sa longueur, pourse prêter aux mouvements du foret qui, autrement, se-rait infailliblement brisé. Le foret, comme on le voit(fig. 137), a simplement sa tête carrée insérée dans laboite du tour, et n’est supporté en aucun autre pointde sa longueur.
La fig. 137 représente, en plan, le tour à forerpour les canons de mousquets ; f f, est la poupée ou cha-riot qui supporte le canon ; a, est la boîte du tour, danslaquelle entre la tête du foret; h, est le canon, fixé parson milieu dans le chariot, et que l’on peut faire avan-cer à l’cnconrre du foret, à l’aide du levier c que l’onmanœuvre à la main, et qui s’appuie successivementcontre chacune des chevilles d’une sorte de crémail-lère d, espacées les unes des autres d’environ 5 centi-mètres. Le foret ainsi établi, semble être, à premièrevue un outil très mauvais et très défectueux ; maisses vibrations perpétuelles n’affectent point l’exactitudedu forage; il fait 150 à 180 révolutions par minute.
Après que Taine du canon a été ainsi presque, amenéeau calibre voulu, on achève de l’aléser avec un alésoirtrès tranchant, qu’on recouvre ordinairement de languet-tes de bois sur deux de scs faces, de manière qu’il nepuisse mordre que très peu à la fois; enfin, si Ton veutjjolir l’intérieur, on se sert d’un alésoir en forme de limeou bien d’un cylindre de plomb enduit d’huile et d’é-meri.
Comme par suite des vibrations continuelles de l’ou-til, le canon, surtout lorsqu’il présente peu d’épaisseurest sujet àse courber, l’ouvrier doit l’examiner de tempsen temps, et au besoin le redresser à l’aide d’un mailleten bois.
On procède ensuite au dressage de l’extérieur, quis’exécute à l’aide de meules sèches en grès, de 2"',50de diamètre sur 0"',32 d’épaisseur auxquelles'on im-prime un mouvement de rotation très rapide, qui vajusqu’à deux tours par seconde. L’ouvrier tient le ca-non horizontalement et dans une direction parallèle àTaxe de la meule contre laquelle il le presse modéré-ment ; par suite de cette pression, le canon se met àtourner lentement et se trouve ainsi également attaquésur tout son périmètre. Dans ces derniers temps, on atrouvé beaucoup d’avantages à dresser le canon sur untour ordinaire (voyez tour), analogue à ceux dont onse sert dans les ateliers de machines.
Le canon est fermé à son extrémité, dans les arme»de guerre et dans la très grande majorité des armes dechasse, par une partie vissée qu’on appelle le tonnerre.Ce n’est que depuis quelques années qu’on a vu, maisseulement pour la chasse, des armes s’ouvrant au ton-nerre pour l’introduction de la charge; nous en par-
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