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ARMES A FEU.

ARMES A FEU.

a quelque prudence, et c’est le défaut de cette qualitéqui est la cause la plus ordinaire d’accidents.

On a inventé une foule de dispositions pour dispenser le chasseur de tonte espèce de soins ; nous ne don-nerons qu'un exemple des nombreuses dispositions in-ventées à cet effet, car elles sont peu employées, parceque malheureusement ces moyens compliquent l’arme.Celui dont nous paflonsest bien simple et bien facile-ment applicable à toutes les armes, et peut être mis encomparaison avec un système analogue dû à M. Gué-rin qui est combiné en vue de ne permettre au chiende s’abaisser que lorsque l’arme est appuyée à l’é-paule.

La disposition, due à M. Buzelaire, consiste àrendre mobile la partie postérieure de la ferrure quiforme la sous-garde. Cette partie devient un long res-sort qui rentre dans le fusil quand on le saisit a lapoignée, soit pour l’armer, soit pour faire feu. Ceressort tire un verrou monté sur la platine de la bat-terie, et ce verrou entre dans une encoche pratiquéedans le chien et qui empêche tout mouvement de sapart quand l’arme n’est pas saisie à la poignée. 11 de-vient donc impossible que le fusil soit armé ou fassefeu autrement que par la volonté du chasseur; touteaction sur le chien est sans danger.

Ce système est donc simple et n’exige pas d’atten-tion spéciale de la part du chasseur, mais seulementl’habitude de presser un peu l’arme en la saisissant àia poignée. On peut donc espérer que ce système scpropagera dans la pratique.

Mois de fusil. La fabrication du bois de fusil rentredans le travail ordinaire du bois, et nous n’aurionspas à insister ici si elle n’avait été dans ces dernierstemps l’objet d’essais intéressants.

L’irrégularité de la forme du bois, qui n’étant pasune surface de révolution ne peut être obtenue à l’aidedu tour, paraît en rendre l’exécution mécanique pres-que impossible. Cependant ce problème a été attaquépar M. Grimpé d’abord, qui avait annoncé la créa-tion de puissants moyens pour sculpter le bois à lamécanique, puis par M. Philippe de Girard , l’illustreinventeur de la filature de lin, et enfin par M. De-ooster.

Nous n’avons nul renseignement sur les procédésdes deux premiers inventeurs, mais ils se rapprochaientsans doute beaucoup de celui employé par M. Dccostcr.Il consiste essentiellement dans l’emploi de fraisesanimées d’un mouvement circulaire, et guidées demanière à descendre à une profondeur déterminéepour chaque position du bois. C’est en quelque sorte lasolution du problème général de donner à un morceaucle bois une forme quelconque déterminée, appliquée àun cas particulier, un mouvement imprimé d’aprèsune courbe donnée. Nous pensons qu’on publiera bien-tôt les dessins de ces appareils fort compliqués, maisextrêmement curieux, et qui pourront fournir le moyende produire bien des pièces en bois dur, toutes les foisqu’on sera assure de pouvoir en utiliser une reproduc-tion en nombre un peu considérable.

Armes carabinées. La justesse du tir et .l’accroisse-ment de portée des armes à feu constituent le plusgrand progrès que l’on puisse réaliser pour accroîtreutilement les forces militah*es d’un pays. C’est par riu-vention des armes carabinées qu’on a depuis bien long-temps essayé de réaliser de semblables progrès.

Pendant les guerres de la révolution, nos soldatseurent souvent à souffrir de la supériorité de tir quedonnait aux tirailleurs ennemis l’emploi do la ca-rabine. Cependant l’usage de ces armes, abandon-nées à l’époque des premières campagnes de la révo-lution, ne fut pas repris à cause de l’embarras du char-'gement. Le canon de ces armes portait intérieurementsept rainures hélîçoïdales (fig. 4 40). On y chassait de

force, à coups de maillet, une balle sphérique (fig. 1 i 1 ^d’un diamètre un peu plus grand que l'Ame , qui s’v

Fig. 449. Fig. 444

moulait et qui, lorsqu'on faisait feu, sortait, en suivantles rainures, animée d’un mouvement de rotation surson axe.

M. George Lcvell, directeur de la manufactureroyale d’armes à Ensfeld (Angleterre), a imaginé dene pratiquer dans l'ame (fig 442) que deux rainuresdirectement opposées, ayant des dimensions plus con-

Fig. 4 43

sidérables que les rainures ordinaires; on coule lesballes dans un moule qui leur donne la forme (fig. 4 43)de sorte que l’on peut les charger sans difficulté enintroduisant l’anneau qui les entoure dans les rainu-res, et lors de la décharge elles en suivent exactementla courbe. Tandis que dans les canons rayés ordinai-res, les hélices ne doivent jamais faire plus de 4/4 à4 /2 tour dans toute la longueur de l’ame, parce qu’au-deh’i de ce terme la balle, par suite de la vitesse quilui est imprimée, ne suivrait pas les rainures; on poutavec le système de M. Lovoll donner au pas des hélicesun mètre de longueur, ce qui correspond à une vitessede rotation double de celle que l’on obtient avec lesarmes carabinées ordinaires, et augmente par suitesensiblement la justesse du tir.

Des expériences faites en grand, en Angleterre, avecplusieurs compagnies de tirailleurs, les unes arméesde fusils Lovell, les autres de fusils de munition ordi-naires, ont montré que les premières ont produit plusd’effet à une distance de 280 mètres que les autres àune distance de 4 40 mètres seulement, et qu’en outrela charge de l’arme nouvelle se faisait avec plus dofacilité et de promptitude qu’avec l’ancienne.

L’énorme perte de temps qui résulte du modo dechargement au maillet a empêché jusqu’ici l’adoption,pour l’armée et même pour les corps d’élite, des armescarabinées, malgré la grande supériorité de tir qu’ellesprésentent.

Une heureuse invention, due à M. Dtdvigne, ollicie*français , est venue lever la difficulté.

Le problème que M. Delvignc s’était propose, et qu’ila complètement résolu, était celui-ci : après avoir in-troduit librement une balle dans un canon rayé, fairequ’elle ne puisse sortir que de force, avec une augmen-tation de volume suffisante pour remplir les rayures.Dans la carabine de M. Delvigne, la balle, librementdescendue dans le canon, repose sur l’extrémité d’unechambre pratiquée dans la pièce de culasse. Un seulcoup de baguette de fer, convenablement appliqué surla balle, suffit pour l’aplatir et changer ses dîmen*sions.

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