ARSENIC.
ARSENITÊS
Lorsqu’on obtient l’arsenic comme produit accessoiredu grillage des minerais d’étain (Alteuberg, Zinmvald,etc.), cette opération s’effectue dans des fourneaux degrillage ordinaires,, communiquant avec une série dechambres de condensation disposées comme ci-dessus.Les fumées qui se déposent dans les chambres sont mé-langées avec beaucoup de matières étrangères, et forte-ment colorées en gris plus ou moins noir; on les purifie,lorsqu’on en a rassemblé une certaine quantité, par ungrillage à part fait à une basse température.
Dans tous les cas l’acide arsénieux pulvérulent ob-tenu comme il vient d’être dit, ne peut être livré en cetétat au commerce, partie à cause de son impureté, par-tie parce que le transport et la vente à l’état de farineimpalpable d’une substance aussi vénéneuse, offriraienttrop de dangers; on le soumet préalablement à unedistillation, dans le but de le purifier et de le transfor-mer en même temps en une masse compacte et vitreuse.
Les fig. 163 et 16i donnent la coupe, l’élévation et le
plan d’un des fourneaux de sublimation employés àHeichenstein.
Les vases de sublimation sont en fonte et consistentchacun en une chaudière e placée sur un fourneau d etsurmontée de trois courts cylindres h; on charge parles portes e, e, le combustible sur les grilles circulairesa, a, dans lesquelles se trouvent les cendriers b, b } et lallamme s’échappe par les rampants f, f, qui la conduisentdans la cheminée commune g. Après avoir mis '180 kil.d’acide arsénieux en farine dans chacune des chaudiè-res e, e, on lute, au-dessus, les cylindres h, h, que l’onrecouvre de chapeaux î,i, munis de tubes de dégagement
/>, U, qui viennent aboutir dans une caisso de condensa-tion en bois. On allume alors le feu, que l’on poussegraduellement jusqu’à un degré convenable; l’acidearsénieux se volatilise, et se condense ensuite contre lesparois des cylindres; dans la partie supérieure la con-densation est très rapide et donne lieu à la formationd’uno poudre cristalline très fine, tandis que dans lecylindre inférieur, si l’opération est bien conduite, lachaleur étant plus élevée, l’acide arsénieux se prend enmasse. Si la température est trop basse, on n’obtientqu’une poudre cristalline; si au contraire elle est tropélevée, toute la matière se sublime dans les cylindressupérieurs, et passe même dans la cliambre de conden-sation ; les ouvriers jugent à la chaleur des cylindres,par le toucher, si l’opération marche convenablement.
Après \ 2 heures environ la sublimation est terminée,on laisse alors refroidir l’appareil, puis on démonte lescylindres et on en retire l’arsenic vitreux, tandis que lereste repasse dans la sublimation suivante. Il est rareque la masse vitreuse que l’on obtient par une premièresublimation, ait la pureté que réclame le commerce ; onla purifie de nouveau par une et meme quelquefois deuxsublimations subséquentes
L’acide arsénieux ainsi préparé se présente sous laforme d’une masse vitreuse, transparente, à cassure con-clioïde presque incolore, offrant seulement une légèreteinte jaunâtre. Conservé pendant longtemps, il perd satransparence; on avait d’abord attribué ce phénomèneà l’absorption d’une petite quantité d’eau, on a reconnudepuis qu’il était dû à un changement d’état molécu-laire, qui consistait en un passage de l’état amorphe àl’état cristallin.
On prépare moyennement chaque année tant à Rei-chenstein (Silésie), par le grillage du fer arsenical,qu’à Alteuberg (Saxe), par le grillage des minerais d’é-tain, 1500 quint, métriques d’arsenic blanc vitreux et25 quint, métr. d’acide arsénieux en farine.
I*. DEBETTE.
ARSENITES. Moins stables que les arséniates; secomportent comme eux avec le charbon; insolubles dansl’eau ; solubles dans les acides forts ; quand les dissolu-tions sont très concentrées, l’acide arsénieux cristallise ;quand elles sont étendues, l’hydrogène sulfuré en préci-pite immédiatement l’arsenic à Tétât de sulfure jaune.
Arsênite de potasse. Se prépare en faisant bouillir unedissolution de potasse sur un excès d’acide arsénieux,filtrant la liqueur et la faisant évaporer ; on n'obtientpas de cristaux, mais seulement une niasse mamelon-née très déliquescente, qui est employée pour préparerle VEUT DE SC11EELE.
ARSENIURES. Les arséniures ont tous l’éclat mé-tallique et sont en général très fusibles. Par le grillageils dégagent d’épaisses fumées blanches d’acide arsé-nieux ayant une odeur alliacée très forte et se transfor-ment en partie en arséniates. Ils se combinent aisémententre eux pour former des arséniures multiples ou desarsénio-sulfures très communs dans la nature. Beau-coup d’entre ces composés ont, sous le rapport industriel,une très grande importance; tels sont, par exemple, lesarséniures etarsénio-sulfures de cobalt, de nickel, d'ar-gent, etc. Nous en parlerons au nom de chacun de cesmétaux en particulier.
ARTESIENS (puits) ( angl . artesian wells, ail. ar-tesisebe brunnen). Nom donné aux trous de sonde forésverticalement, à partir de la surface du sol, dans unterrain stratifié, jusqu’à la rencontre d’une nappe d’eausouterraine comprise entre deux couches imperméables,le plus souvent argileuses. Lorsque l'eau s’élève dans letrou au-dessus de son embouchure et jaillit au dehors,d’une manière continue, on donne plus particulièrementau trou de sonde, le nom de fontaine jaillissante oupuits artésien, du nom de la province de France (l’Ar-tois) où ils ont été le plus anciennement pratiqués.