AUTOMATE.
AUTOMATE.
tièrcs et montres «l’or émaillées. Certaines figures arti-ficielles qui ont été nommées automates, méritent àpeine ce nom , puisque le charlatanisme a plus ou moinsîle part à leur opération. On peut ranger dans cetteclasse un grand nombre do figures qui parlent en appa-rence par mécanisme ; les horloges qui commencent àsonner ou à jouer, quand une personne fait un signe enlevant le doigt, etc. Il en est de même du joueur d’é-checs de Kempelen, qui a tant excité la curiosité dansle dernier siècle, et qui devait agir au moyen de per-sonnages cachés. Les ingénieuses figures des Tendlerpère et fils, construites à Eisenerz (Styric), qui imitaientun cavalier anglais et des danseurs de cordc, n’étaientprobablement aussi pas plus de vrais automates,que les fanloœini, sorte de poupées d’une grande per-fection que l’on voit dans beaucoup de villes d’Italie , etparticulièrement à Home.
Le pouvoir moteur de presque tous les automates estun ressort en acier, à cause de la force qu’il possèdesous un très faible volume et de la facilité que présenteson emploi. On sc sert rarement de poids, et seulementd’une manière partielle; l’emploi d’autres puissancesmotrices est plus limité. Quelquefois, du sable fin tombesur la circonférence d'une roue par laquelle le reste dumécanisme est mis en mouvement. On a employé l’eaudans le meme bnt ; et quand elle tombe dans une cham-bre remplie d’air, elle peut déterminer un courant d’airsuffisant pour produire dans des tuyaux convenablesune série de sons musicaux; il vaut mieux dans ce casemployer des lames métalliques vibrantes. Dans descas particuliers, on a fait usage du vif-argent, comme,par exemple, dans les magots chinois. On construitfréquemment, pour joujoux, de petites figures qui semeuvent au moyen d’un système d’engrenages a peinevisibles. Cette industrie est surtout très répandue dansla Foret-Noire et aux environs de Nuremberg (Bavière ),où elle fait l'objet d’un grand commerce. On voit( fig. '179 ) le mécanisme de l’un do ces automates, qui
pourra donner une idée suffisante de tous les autres ; cetautomate est un cygne susceptible d’effectuer des mou-vements variés. Four plus de clarté dans l’explicationdu mécanisme; nous la diviserons en deux parties biendistinctes; la première relative au mouvement de nata-tion du cygne; la seconde qui lui permet de plier soncou de temps à autre, au point de pouvoir plonger lebec et une partie de la tète sous l’eau, et en outre, dedandiner lentement, de côté et d'autre, son cou et satête.
Le barillet du ressort extérieur a une roue à roclictordinaire, porte une roue d’engrenage 1 qui engrèneavec le pignon de la roue 2; ccllc-ci engrène à sontour dans un pignon, représente sur la figure eu lignes
ponctuées, aux extrémités de l’axe duquel sont fixéesdeux roues à palettes a, a,...; ces palettes passent à tra-vers des fentes pratiquées à la partie inférieure du cy-gne et plongent d’une petite quantité dans l’eau, de tellesorte qu’en tournant dans le sens indiqué parles flèches,clics font avancer le canard ; les chambres dans lesquel-les ces roues tournent sont séparées par des cloisons im-perméables à l’eau du reste du mécanisme, afin d’enprévenir la destruction par faction de l’humidité. Lepignon dont nous venons de parler, engrène en outreavec la roue 4 qui engrène elle-même avec le pignon5 dont l’axe porte un volant 0, qui sert à régulari-ser le mouvement; un arrêt mobile qui n’est pas repré-senté sur le dessin vient s’engager entre les bras duvolant et permet d’arrêter la machine et de la mettre enmarche à volonté; il va sans dire qu’il faut dans ce der-nier cas que le ressort soit préalablement tendu, ce quise fait au moyen d’une clef comme dans les montresordinaires. Par le mécanisme que nous venons de dé-crire on n’obtient encore qu’un mouvement rectiligne;on produit un changement de direction au moyen dulevier horizontal m, maintenu dans sa position par unressort et tournant autour d’un axe vertical, qui portoune barre transversale h, aux extrémités de laquellesont fixées deux pattes palmées c, c; la roue 1 en-grène avec le pignon 7 et celui-ci fait mouvoir laroue de côté 8 , dont l’axe porte un excentrique 9qui, agissant sur l’extrémité du levier m } fait inces-samment varier l’inclinaison des pattes c, c, qui serventde gouvernail. On conçoit aisément qu’on puisse pro-duire à volonté tel mouvement que l’on voudra, en fai-sant varier convenablement la forme de l'excentrique;il serait plus commode de remplacer le levier par unemanivelle liée à une bielle formant le prolongement d’unchâssis qui embrasserait l’excentrique.
Le cou est la partie qui réclame Inexécution la plussoignée; il doit être flexible et consiste en un tube spi-ral de fil de fqr, recouvert de cuir très mince, on mieuxde la peau même du cou d’un cygne, préparée et ayantconservé ses plumes. La plaque 10 qui sert de baseau cou est mobile autour d’un axe horizontal parallèleau plan de la figure; elle porte un ressortd’acier main-tenu à sa partie inférieure par la fourchette 17, ettraversant tout le cou; ce ressort est très délié, et do : têtre seulement assez fort pour redresser sur-le-champ lecou et même le rejeter un peu en arrière; sa roideurdoit varier dans toute sa longueur de manière à corres-pondre à la courbure naturelle du cou de l’oiseau. A sapartie supérieure est fixée une corde à boyau f, qui passesur une série de petits rouleaux eu acier ou en cuivresupportés sur les châssis c, c, ..., fixés sur le ressortmême, et qui vient enfin s’enrouler sur la gorge d’unepoulie 13; l’axe de cette poulie en porte une seconde■14, sur laquelle s’enroule une chaîne légère, fixéepar son autre extrémité en un point proche de la circon-férence du tambour I 2 monté sur l’arbre d’une rouedentée 11 , qui engrène avec le pignon 5 de la roueI. Ccllc-ci en tournant fait mouvoir les roues dontnous venons de parler dans le sens indiqué par les flèclics, tend la corde f et fait ployer le cou du cygne jus-qu’à ce qu’il ait le bec dans l’eau; mais aussitôt aprèsque le tambour 1 l a fait une demi révolution à partirde la position indiquée dans la figure, le ressort du coucommence à agir et le relève peu à peu, en ramenanten même temps les poulies 13 et 14 dans leur posi-tion primitive.
La tête, de sou côté, est liée au moyen de charnièrestrès mobiles à la partie supérieure du cou, un petit res-sort en acier fixé au cou est lié par son extrémité à laplaque 10, par le moyen d’une corde à boyau; cettecorde est tendue dans la position naturelle, mais elle de-vient do plus en plus lâche au fur et à mesure «pic le.cou se ploie, de sorte que le ressort y agit alors sur la