BANC-A-T1KER
BANC-A-TIRER.
nuveuse à exécuter ; lu plupart du temps, surtout quandils sont de peu d’épaisseur, on se dispense de faire lesfaces concaves, on les fait seulement plates, en ayantsoin de ne tremper fortement que leur partie antérieure,le serrage des vis y incruste suffisamment les coussinetsverticaux pour éviter tout dérangement.
Disons maintenant quelques mots de la manièred’employer le banc-à-tirer.
Le fil métallique étant forcé de passer dans un troud’une section moindre que la sienne, s’allonge en raisoninverse du carré des diamètres; ainsi, en passant dansun trou de diamètre moitié du sien, il doit nécessaire-ment quadrupler de longueur ( sauf bien entendu l'é-crouissement du métal, qui résulte de la pression àlaquelle il se trouve soumis).
Tour que l’étirage marche bien, il faut :
4“ Eviter toute action de grippement entre le métalet la filière, qui détruirait bientôt celle-ci. Pour cela ongraisse ou mieux encore on enduit de cire le corps quel’un étire.
2 Ü La vitesse doit être peu considérable surtout pourles premières passes, dans lesquelles, à cause de l’irré-gularité primitive du ni, l’effort est très considérable, etpourrait dépasser la résistance due à la ténacité du métal,si l’action était comparable à un clioc. Les fils de feret de laiton de 7 à 8 millim. de diamètre supportent unevitesse de 0*",50 par seconde; ceux de I/2 millim. unevitesse de I met. Les fils d’argent et de cuivre plus finspeuvent être étirés encore plus rapidement.
3° 11 faut après chaque passage, ou au moins aprèsun petit nombre- de passages successifs à la filière, re-cuire le iil qui est devenu aigre par suite de l’écrouisse-ment qu’il a subi, et qui serait incapable de supporter unétirage ultérieur, si, par un recuit préalable, on ne luirendait sa douceur et sa ductilité premières. De plus,les parties qui primitivement étaient plus épaisses quele reste, font nécessairement naître des bosses corres-pondant aux parties où le métal plus comprimé a pufaire céder quelque peu la filière, et garder assez deressort pour se gonfler à la sortie du trou plus que lesparties voisines. Ce n’est que par des passes, correspon-dant «à un faible serrage, qu’on donne au fil bien’recuit,qu’il est possible de les faire disparaître.
4° Ne jamais donner des passes trop fortes capablesde désagréger le métal et d’en détruire le nerf quandmeme on ne le casse pas.
Le banc-à-tirer, tel que nous venons de le décrire,est certes un outil fort ingénieux, et dont l’emploi n’estplus limité à la tréfilerie proprement dite, à la fabrica-tion des lils de fer et de laiton. M. Vende et sonélève, M. Roger, en ont varié l’emploi à l’infini, parl’étirage de fils de formes très variées, ia fabricationde tubes, de prismes creux obtenus en faisant passer lecorps dans la filière, autour d’un mandrin, qui a laforme que doit avoir l’intérieur du tube: mais néan-moins ces produits étaient nécessairement limités parla forme des filières à des fils formant des surfaces con-tinues, sans arêtes ni saillies.
C’est à M. Roger, habile mécanicien, demeurant àParis , place du Panthéon, que l’on doit d’avoir ouvertune voie toute nouvelle pour obtenir d’une manière- ex-trêmement avantageuse, au moyen du bauc-à-tirer, desproduits qu’il serait coûteux et difficile d’obtenir paraucun autre procédé. On a pu voir, à l’exposition de1839 et à celle de 1844, les produits vraiment merveil-leux de cette manière d’ôpérer. Des entablements dori-ques, des ciselures de tout genre, du fil pour pignons,de longues bandes rainées et fouillées en tous sens ser-vant à la construction des i^tta-STS-buociiecrs, ontajuste titre excité l’admiration.
Disons quelques mots de ce procédé :
Au lieu d’employer seulement le banc-à-tirer à.l’éti.rage du métal, M. Roger a eu l’idée de s’en servir aussi
pour le couper. Pour cela, après avoir donne au corps,par la filière ordinaire, une forme rectangulaire, enve-loppe de la formo définitive qu’on veut obtenir, M. Rogerle fait passer dans une espèce de filière dans laquelle undes coussinets, et quelquefois les deux, sont taillés sui-vant le profil qu’on veut obtenir.
Ce couteau est mobile de manière à pouvoir descendreet monter au moyen d’une vis, et à enlever le métalpeu à peu comme le fait le couteau d’une machine àraboter. Le corps rectangulaire supporté par une partieplane ne peut changer de position, et la rainure ou leprolil qu’il s’agit d’obtenir se trouve découpé avec unepureté extrême.
Nous donnons ici(fig. 197) le dessin d’unde ces couteaux, quifera bien comprendrela manière d’opérer,et tous les mécaniciensapprécieront facile-ment les grands avan-tages d’un pareil pro-cédé.
Nous terminerons eivdisant quelques motsdes phénomènes qui ré-sultent de l’action del’étirage.
La pression des parois des trous de la filière s’exer-çant à la surface, du corps, les molécules de cette partiedevront prendre plutôt la forme filamenteuse qui résultede l’action à Laquelle elles sont soumises, que les molé-cules placées plus près de l’axe, et s’incliner davantagesur celui-ci. 11 en résulte ce singulier phénomène que,quelquefois (surtout dans l’étirage de l’acier fondu,lequel présente une difficulté extrême), le corps étire sedivise en petits cônes ou en petits gobelets superposés, cequi montre bien le mouvement qu’ont pris les molécules.
Eu général l’acier perd toujours un peu de sa résis-tance par son passage à la filière, quelque soin qu’on yapporte, mais les corps très malléables, le fer, le laitony gagneut un accroissement de résistance par suite de
l’écrouissage qu’ils y éprouvent.
On peut obtenir au banc-à tirer des fils d’une finesseextrême. Le docteur Wollaston a fait des fils de platinepour les. croisements des lunettes astronomiques de()"' '",005 de diamètre ; il en a même obtenu de 0 H,n ’,001 25.Il serait impossible de travailler un semblable fil, de letirer sans le rompre, comme aussi de percer des trousréguliers d’un diamètre microscopique. Pour les obtenir,il a renfermé un fil de platine dans un fil d’argent dixfois plus gros, puis a étiré le tout. Les deux métaux, ens’allongeant, conservent sensiblement le même diamètreproportionnel, et quand le fil obtenu est aussi délié qu’ilest possible de l’obtenir, on sépare le fil de platine, dixfois plus fin, en dissolvant l’argent par l’acid.e nitrique,qui laisse le fil de platine intact.
M. Becquerel a obtenu, par un procédé analoguedes fils d’acier extrêmement lins, en se scrvant.de mer-cure pour dissoudre l’argent.
Nous avons cru nécessaire d’entrer dans quelques dé-tails peu connus sur le banc-à-tirer, parce que cet outiloffre des ressources qui ne sont pas encore suffisammentutilisées. Le seul défaut qu’on puisse lui reprocher, quiparaît inhérent à sa nature, et qu’il semble bien difficiled’éviter, consiste en ce que les pièces étirées se cour-bent toujours, en quittant la filière, par suite des refou-lements inégaux du métal dans ses diverses parties. Ilfaut les redresser, co à quoi on parvient, soit en les frap-pant avec un maillet de bois, après les avoir placées surdes supports éloignés, la partie concave en dessous, soiten les pressant entre des surfaces planes pendant le
recuit.