BARATTE.
BARATTE.
Dans 1 es petites fermesou dans les ménages, onse sert presque exclusive-ment en France de lu ba-ratte à piston ( fig. 2 ),dont tout le monde con-naît l’usagc. L’arrache-ment ménagé dans le des-sin laisse apercevoir laforme du piston batteur,simple disque de bois percéu’un grand nombre detrous et fixé perpendicu-lairement à l’extrémité dumanche à l’aide duquul onle manœuvre. Le couverclede la baratte s’enlève faci-lement pour introduire lacrème, laver et enlever lebeurre. Le mouvement al-ternatif du piston, qui doit' être aus-i régulier que pos-sible, exige de la part de la batteuse une assez grandehabitude.
Dans certains pays où l’on bat le lait frais, ou biendans des laiteries fort importantes, on emploie des ba-rattes fondées sur le principe de celle que l’on vientde décrire, mais d’une capacité de 200 à 300 litres.Le piston est alors mis en mouvement par une espècede brimbale, qui reçoit elle-même son mouvement d’unmoteur quelconque.
La baratte, dite écossaise, de Drummont, dontquelques agriculteurs anglais semblent faire grand cas,appartient encore à la classe des barattes à piston.Elle se compose d’une cuve en bois, de forme ovale,partagée en deux compartiments par une cloison ver-ticale percée de trous à sa partie inférieure et à sapartie supérieure. Un piston percé de trous se meutlibrement dans chaque compartiment. Les tiges de cesdeux pistons sont réunies, par des courroies, à unepoulie animée d’un mouvement circulaire alternatif,de manière que l’un des pistons s’élève quand l’autres’abaisse, et réciproquement. Il résulte de ce doublemouvement que la crème se trouve rejetée tour à tourd’un compartiment dans l’autre et très vivementagitée. La poulie qui commande les pistons reçoitd’ailleurs sou mouvement d’une manivelle montée surun petit volant que l'on tourne à la main. Le beurre sefait très vite dans cette baratte ; elle coûte, en Angle-terre, 44 fr. pour 9 litres, et 100 fr. pour 50 litres.
La baratte à tonneau et la baratte à piston, dont ona donné ci-dessus les figures, sont les plus fréquem-ment employées. Mais il existe un grand nombre d’au-tres barattes, parmi lesquelles nous signalerons les sui-vantes, qui semblent les plus dignes de fixer l’attention.
La baratte dite de Rowan (fig. 3 et 4) se compose d’unecuve cylindrique ovale partagée en deux compartiments,dans le sens de sa longueur, par une cloison verticaleque l’on aperçoit dans le .plan de l’appareil. Cette cloi-son laisse à chacune de scs extrémités un certain es-pace libre qui permet au liquide de passer facilementd’un compartiment dans l’autre. Le batteur occupe unepartie de l’un des compartiments; il est mis en mou-vement par un pignon commandé par une roue dentéemontée sur l’arbre du petit volant, auquel on imprimea la main un mouvement de rotation régulier. Le li-quide, entraîné'et chassé par le mouvement du bat-teur, passe rapidement d’un compartiment à l’autre,avec un mouvement circulatoire analogue à celui quel’on observe dans les piles à chiffon des papeteries. Lesextrémités de la cuve et une partie du compartimentdu batteur sont garnies de couvercles qui s’opposent àla proicetion de îa crème. Ces couvercles sont percés
as;
Süffr.
1 de trous garnis de bouchons mobiles, qui se le\cntpour laisser entrer ou sortir l’air comprimé par le re-I feulement ou l’appel du liquide. Le compartiment libre
Fig. 3.
Fig. 4.
de la cuve est garni à sa partie supérieure par une pe-tite cloison, que l’on aperçoit sur le plan, au-dessousde laquelle passe le liquide en mouvement, mais quiarrête le beurre, que sa légèreté spécifique tend à réu-nir à la surface.
Pendant l’hiver, on peut remplacer la cloison verti-cale en bois de la baratte par un vase plat en étain,rempli d’eau chaude, pour amener'la masse à la tem-pérature la plus favorable à la formation du beurre. Onconstruit des barattes de Rowan de 10 à 80 litres decapacité. Leur prix varie de 25 à 100 fr.
La baratte dite de Sussex (fig. o) se compose d’uncylindre d’étain, de fer-blanc, ou même de zinc, fixé
sur des tasseaux qui lui permettent de rester horizon-tal. On introduit le lait ou la crème par îa porte à cou-