BATEAU A VALEUR.
BATEAU A VAPEUR.
chine h vapeur en général, mais plus particulièrementencore pour le cas des bateaux à vapeur, où les pertespar rayonnement, et l’impossibilité de donner beaucoupde hauteur à la cheminée rendent les pertes bien plusconsidérables.
L'article chaudières a vapeur, étant spéciale-ment consacré à cette question, nous dirons seulementici que les chaudières le plus généralement employéespour bateaux sont :
1° les chaudières à tombeau , pour les basses pressions;leur entretien et leur nettoyage offrent une grande sim-plicité.
2" Les chaudières à foyer et à tubes intérieurs, qui uti-lisent très avantageusement le calorique rayonnant, etpermettent de produire une vaporisation très rapide;elles ont l’inconvénient d’être d’un nettoyage difficile etd’un entretien coûteux.
3” Les chaudières à bouilleurs, fréquemment employéespour obtenir la vapeur à une pression élevée; toutes lesparties étant formées par des surfaces de révolution,sont moins sujettes à se déformer par les pressions in-térieures.
Les Anglais paraissent préférer de grandes chaudièrescarrées, dont sont munis les meilleurs bateaux à va-peur de leur marine royale, où la flamme et la fumée cir-culent dans des galeries verticales pratiquées dans leurintérieur. Ces appareils, d’un nettoyage difficile, ont l’in-convénient de se déformer aisément. On ne remédiequ’incoinplétement à ce défaut par des armatures inté-rieures; niais on parvient à leur donner par ces dispo-sitions des surfaces de chauffe très considérables. Ellesne sauraient résister à des pressions un peu grandes, etdans ce cas il faudrait toujours, pour obtenir un bonchauffage, se rapprocher des chaudières de locomotives,malheureusement trop coûteuses. C’est de l'accroisse-ment de la puissance de vaporisation des chaudièresque résulteront les progrès les plus importants peut-êtrede la navigation à vapeur; quelques essais faits danscette direction ont déjà fourni des résultats remarqua-bles. Les chaudières d’un bateau, remplies d’eau, offrenttoujours un poids très considérable, qu’une plus granderapidité dans la vaporisation permettrait de réduire; età égalité de poids, les mêmes chaudières pourraient alorssullirc pour des machines plus puissantes, capables parconséquent d’imprimer au bateau qui les porte une plusgrande vitesse.
liésercoir de vapeur. Les chaudières ne renferment ja-mais de l’eau que dans une partie de leur capacité, lereste l’orme réservoir de vapeur. Il y a avantage à ceque le volume de cette partie soit considérable, la ten-sion de la vapeur fournie aux cylindres est plus régu-lière, et elle se dépouille mieux de l’eau à l’état vésicu-laire qu’elle entraîne mécaniquement en se dégageantdu liquide en ébullition. Plusieurs constructeurs ontsurmonté avec succès leurs chaudières de vastes réser-voirs pour obtenir cette purification de la vapeur; cescapacités additionnelles sont jusqu’ici le seul remèdeapplicable à certains appareils évaporatoircs d’un vo-lume trop faible, relativement à la machine, et qui pré-sentent le grave inconvénient, que la vapeur entraînede l’eau jusque dans les cylindres.
Des conduites de vapeur. 11 importe beaucoup que lesconduites n’offrent pas d’étranglements qui gênent lepassage de la vapeur, et ne rendent pas, par exemple,comme cela a lieu dans quelques machines, la pressiondans le cylindre moindre que la pression dans la chau-dière. Il faut partir des dimensions adoptées dans lesmachines bien construites pour fixer les dimensions deces conduites, et il n’y a pas d’inconvénient à les faire-plutôt trop grandes, tandis qu’il est très nuisible de leurdonner des dimensions insuffisantes.
{tes dépôts salins. Le dépôt des corps dissous dansl'eau est mie dos causes les plus fréquentes de pertes
de chaleur et même d’explosions. Les corps déposés surles parois de la chaudière, étant mauvais conducteurs ducalorique, diminuent la quantité de chaleur qui parvientà l’eau qu’elle renferme, déterminent l’oxydation et la- destruction des parois de la chaudière, qui peuvent alorsêtre portées au rouge, et si le dépôt se fend, l’eau arri •vaut sur ces parois incandescentes est vaporisée instan-tanément et peut donner lieu à une explosion. L’emploiîle l’argile est venu diminuer beaucoup cet inconvé-nient pour les machines alimentées avec l’eau douce,qui ne renferme jamais qu’une faible quantité de sub-stances calcaires en dissolution. Mais pour les bateauxmarins qui emploient l’eau de mer, il serait impossibled’éviter des dépôts salins considérables si on laissait laconcentration qui se produit par l’effet de la distilla-tion atteindre le point où le sel se dépose.
L’appareil le plus parfait pour éviter cet inconvé-nient est la pompe à saumure de Maudslay. Cettepompe, mue par la machine, puise à la partie inférieurede la chaudière, où l’eau est la plus chargée de sel, unvolume d’eau qui contient précisément la quantité desel qui existe dans l’eau amenée par les pompes d'ali-mentation pendant le même temps.
Pour utiliser la chaleur de la saumure, on la faitécouler par un tube placé au centre d’un autre tube,par lequel s’introduit l’eau d’alimentation : celle-ci s’é-chauffe par ce contact, de manière à rendre la perte dechaleur de peu d’importance.
Quant à l’emplui des eaux acides pour l’alimentationdes chaudières, qu’elles attaquent et détériorent avectant d’énergie, nous résumerons au mot enA udieue avapeur les précieux résultats obtenus à cet égard parM. Le Chatelier.
Foyer , cheminée. La cheminée des bateaux à vapeurne pouvant être fort élevée, le tirage n’est jamais trèsfort, d’autant plus que la nécessité de la construire entôle vient ejicorc diminuer l’action des gaz échauffés.Un ne peut donc obliger la flamme à faire autant de cir-cuits autour de la chaudière que. dans le cas d’une ma-chine fixe.
Quelquefois on a employé un ventilateur, maisTusagene s’en est pas répandu. Quand on emploie la vapeurà haute pression, on la fait sortir du cylindre dans lacheminée et on obtient ainsi un tirage artificiel puis-sant. Il parait bien difficile de pouvoir jamais concilierla rapidité de la vaporisation, nécessaire à In légèretédes chaudières, avec l’emploi complet du pouvoir calo-rifique du combustible sans l’emploi d’un tirage artifi-ciel ; aussi est-il probable qu’il finira par être adoptéquand on aura bien étudié le système, le plus conve-nable. Une combustion plus parfaite compensera et au-delà la perte de force motrice que nécessitera le tirageartificiel.
ÿ III. Emploi de la pouce. — Appareils depropulsion. Le premier moyen qui se présenta àl’es-prit des inventeurs qui cherchaient à appliquer la ma-chine à vapeur à la navigation, fut de faire mouvoir parla machine des rames analogues à celles employées parles rameurs. Les volets articulés du marquis de Jouf-froy étaient l’application de cette idée. On a aussi es-sayé plusieurs fois, et dernièrement encore Achille deJouffroy , iils de L’inventeur des bateaux à vapeur, aproposé l’emploi de palmes articulées, auxquelles on im-primerait un mouvement de va-et-vient ; ces palmes secomposent de parties mobiles, afin que la résistanceque le fluide oppose à leur mouvement soit très grandepour déterminer l’impulsion du bateau et très faible dansl’autre sens. On voit qu’il s’agit d’imiter l'appareil na-geur des palmipèdes, qui se meuvent sur l’eau avec tantd’aisance par l’effet de la force motrice renfermée eueux, ce qui faisait dire à Bufïon que le cygne était leplus beau modèle que la nature nous ait offert pourl’art delà navigation.