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BATTEUR D’OR .

BATTU un D'OR.

d’épaisseur, en ayant soin d’adoucir le métal, pendanttoute cette série d’opérations, par un nombre suffisantde recuits intermediaires.

Ou coupe ces rubans en quartiers de 25 à 30" ,m decôté, que l’on superpose au nombre de 150, en les sépa-rant chacun par carré de vélin de ()"\IOà 0"‘.12decôté, en ayant soin de placer en dessus et en dessousdu paquet 20 feuilles de vélin sans interposition defeuilles d’or. Cet assemblage se nomme le premier fau-cher; et les feuilles de vélin vides, qui servent à amortirl’action des coups de marteau sur les premiers quartiers,portent le nom d'emplurcs. Le caucher se couvre de deuxfourreaux en fort parchemin, ouverts par les deux boutset que l’on place l’un sur l’autre à angle droit, de tellesorte que, quoique isolément chacun des fourreaux soitouvert par les deux bouts, réunis, ils couvrent néan-moins partout le caucher. Le battage s’exécute surun bloc de marbre poli de 0 m ,25 de côté, enveloppésur ses quatre faces verticales, de planches débordantde 0 o, , l0 trois de ces mêmes faces, tandis que la qua-trième reste un peu au-dessous du niveau supérieur dubloc, et porte une peau solidement clouée que l’ouvriers’attache par l’autre bout en guise de tablier, et dans la-quelle il reçoit les barures du travail. On bat le premiercaucher en le retournant de temps à autre, et allant ducentre à la circonférence, avec un marteau à manchetrès court, du poids de 6 k ,80 à 7\25 et à panne circu-laire légèrement convexe de 0"\ 12 à U 1 ", 13 de diamètre.Il est nécessaire de défourrer de temps à autre le cau-cher pour examiner l’état des quartiers, qui ne s’éten-dent jamais tous également; les uns n’occupent qu’unepartie de l’étendue des feuilles de vélin ; les autres lesremplissent en entier ; d’autres enfin débordent. On en-lève les derniers, et si l’on veut les avant-derniers, et oncontinue le battage jusqu’à ce que tous les quartiersrestants aient atteint les dimensions des feuilles de vélinqui les séparent; cela fait, la première partie de l’opé-ration est terminée.

Les quartiers du premier caucher sont partagés,à l’aide d’un couteau émoussé par le bout, en quatreparties égales, que l’on réunit pour en former un secondcaucher, tout à fait analogue au premier, et qui n’endiffère qu’en ce que l’on remplace, par de la baudru-che, les feuilles de vélin que l’on intercalait précédem-ment entre les quartiers. Le battage s’exécute à l’aided’un marteau plus léger, qui ne pèse que i k ,50, et estterminé lorsque les nouveaux quartiers commencent àdésafileurcr les outils.

On pose alors un à un chacun des quartiers sur uncoussin en cuir, et on les divise en quatre parties égales,à l’aide de deux couteaux en croix très affilés fixés àune planchette; enfin, ces nouveaux quartiers sont en-core réunis pour former un troisième et dernier caucher,que l’on bat comme précédemment ; de sorte qu’en défi-nitive, l’or s’est étendu sur une surface 256 fois plusgrande, et chaque feuille n’a plus que do millimètred’épaisseur, ce qui est encore bien au-dessus de l’épais-seur minimum que l’on peut obtenir par le battage;mais on préféré s’arrêter à ce point parce que, d’unepart le travail subséquent exigerait un soin extrême dela part de l’ouvrier, et donnerait lieu à un déchetconsidérable, tandis que, d’un autre côté, des feuillesplus minces fourniraient une dorure moins solide etbeaucoup plus difficile à appliquer, inconvénients quiseraient loin d’être compensés par la faible économieque l’on réaliserait sur la matière première.

Il ne reste plus qu’à couper les feuilles d’or en quatreet à les placer dans les quarterons, petits livrets dont lepapier, de couleur rouge-orangé, donne un plus beau re-flet à la feuille d’or, et qu’on a eu soin de frotter préala-blement avec un peu de terre bolaire de même couleurafin de prévenir toute adhérence de la part du métal.Chaque quarteron contient ordinairement 25 feuilles

d’or ; quand ils sont tous remplis on les assemble pardouzaines, que l’on presse fortement entre deux petitesplanches de bois dur de même dimension, et à l’aide«l’un morceau de linge nommé frottoir, on enlève toutce qui excède les bords des livrets.

En France , on amène seulement l’or au laminoir àl’épaisseur de 1 ,ll “ environ, puis on le découpe en quar-tiers de 27“ ,u de large sur i0" ,m de longueur; on assem-ble ces quartiers par paquets de 21, que l’on bat sur uneenclume en fer jusqu’à ce qu’ils soient réduits à l’épais-seur d’une feuille de papier, et qu’ils aient atteint lesdimensions d’un carré de 60“ m environ de côté. Onprend ensuite 56 des feuilles ainsi battues pour formeravec des feuilles doubles de vélin, un premier caucher,que l’on bat comme il a été dit ci-dessus. Lorsque lesfeuilles d’or désaffleurent les outils, on les retire et onles coupe en quatre, ce qui forme de nouveaux quartiersque l’on assemble au nombre de 112 pour former unsecond caucher; ce caucher battu donne de nouvellesfeuilles, qui, coupées en quatre, servent à faire un nou-vel assemblage dans lequel les feuilles de vélin interca-lées sont remplacées par des feuilles de baudruche, etqui porte le nom de chaudret. Les feuilles du cliatidret,après le battage, sont encore coupées en quatre et assemblées au nombre de 800 pour former une moule. Lesfeuilles de la moule sont enfin placées dans les quarte-rons, comme il est dit plus haut. En résumé, l’or s’estétendu sur une surface 832 fois plus grande, de sortequ’il est réduit définitivement à une épaisseur de demillimètre environ. Les feuilles défectueuses, ou bac-trêoles que l’on obtient, servent, avec les rognures, àfaire l’or en coquilles.

Les feuilles de vélin ou de baudruche sont recouver-tes d’tmo couche de sulfate de chaux (gypse) calciné,réduit en poudre fine, et qne l’on y étend au moyend’une patte de lièvre ; le sulfate de chaux est appelé pa»*les ouvriers brun, et l’opération se dit : passer au brun.

La baudruche préparée pnr les boyaudiers , a besoin,pour servir au travail du batteur d’or, d’être dégraissée ;ce que les ouvriers appellent suer. Ordinairement onplace, à cet effet, les feuilles de baudruche entre desfeuilles de papier non collé, et on bat le tout à coups demarteau. Il serait certainement préférable de saupou-drer chaque feuille de baudruche, de craie réduite enpoudre impalpable, et d’en former un paquet que l’oncomprimerait à une chaleur modérée; la craie absor-berait toute la graisse, beaucoup mieux que ne le faitle papier buvard dans le procédé actuel. Quand la mem-brane a été bien dégraissée, on y passe une couche d’uneliqueur composée de : colle de poisson, 90 p.; poivreblanc, 30; clous de girofle, 15; cannelle, 15; muscade,15; fleur de muscade, 12. On concasse le tout, et l’onfiait macérer dans cinq litres de vin blanc ou dans unlitre d’eau-de-vie pendant cinq à six jours ; on fait bouil-lir ensuite pendant six heures, et, après avoir passé laliqueur au travers d’un linge, on en imprègne une épongeavec laquelle on donne à chaud deux couches aux feuil-les de baudruche, en laissant sécher entre chacune, eton les presse ensuite.

Les feuilles de parchemin et de baudruche deviennentpar l’usage très dures et très cassantes. On leur rendleur flexibilité première en les plaçant une à une entredes feuilles- de papier blanc que l’on mouille avec duvinaigre ou du vin blanc, et que l’on réunit en paquetsque l’on recouvre de planches surchargées de poids. Au*bout de 3 à i heures, on retire ces paquets, on les placeentre des emplures de parchemin de 0“,30 de côté et onles bat pendant une journée entière.

Comme les feuilles de baudruche dégraissée sont trèshygrométriques et attirent l’humidité de l’air, il est né-cessaire de les dessécher chaque fois que l’on veut s’enservir, ce qui sc fait en on réunissant un certain nom-