BIJOUTERIE EN FONTE DE FEU.
BIJOUTIER-JOAILLIER
les aiguilles. On introduit les petits objets à polir dansun cylindre creux mis en mouvement par un moteurquelconque et rempli de poudre d’émeri et de grès,broyés à l’eau et réduits en pâte molle. Bar une rotationprolongée et peu rapide de trois ou quatre lois vingt-quatre heures, les objets ont pris un assez beau poli,qu'on termine en les passant après les avoir lavés, dansun autre cylindre renfermant du rouge d’Angleterre.
BIJOUTERIE EX FONTE DE FER. On connaîtsous le 110 m de bijoux en fonte de Berlin les bijoux ob-tenus simplement par le moulage delà fonte de fer. Lesprocédés employés n’ont rien de particulier, mais iln’est que peu d’habiles fondeurs capables d’obtenir despièces d’une netteté parfaite et offrant des arêtes dememe vivacité que celles du modèle. Le succès dépendd’une infinité de soins et de précautions qu’il est impos-sible de décrire. Les moules sont faits en sable de Fon*tenay-aux-Roses, comme tous ceux employés pour lemoulage de la fonte à Paris . On y mélange 1 de char-bon. Quelques fondeurs établissent leurs moules en terre.
L’épaisseur du métal devant être peu considérable, ilfaut pour obtenir une grande pureté, chauffer d’avancele moule et surtout couler le métal à une températurefort élevée.
La France n’a rien à envier aujourd’hui à l’Angleterreni même à la Prusse, où cette fabrication a pris nais-sance et a été portée à un haut degré de perfection.L’art de la fonderie en France a au moins égalé celuid’aucun autre pays, et nos habiles fabricants en con-naissent aujourd’hui toutes les ressources. (Voyez FON-DERIE DE FEU.)
BIJOUTIER-JOAILLIER (art du). Se divise en deuxparties bien distinctes, l’art du bijoutier en fin et celui«lu bijoutier en faux. Le premier travaille l’or et l’ar-gent, les pierres précieuses en tout genre; le secondemploie le chrysocale, sorte de laiton, qu’il dore ouargente, les pierres factices, qui se rapprochent par leuréclat, sinon par leur dureté, de celui des pierres pré-cieuses. Cet art, surtout le second, pour lequel la ma-tière première employée est de peu de valeur, maisprend sous les doigts d’habiles artistes les formes lesplus gracieuses, est devenu en France la base d’uneimmense industrie, dans laquelle nous ne reconnaissonspas de rivaux. (Voyez orfèvrerie.)
Traitant dans des articles spéciaux de la taille despierres fines (voyez lapidaire) et de la compositiondes pierres fausses et émaux (voyez verre), il nous resteà passer successivement en revue : 1° le métal et lesdivers alliages employés; 2° les moyens d’obtenir laforme voulue par moulage, laminage, étirage, estam-page et gravure; 3" la soudure des parties entre elles;4 Ü le montage des pierres par sertissement ; 5" la co-loration au moyen des émaux, des vernis:mise en cou-leur.
1. Métaux employés.' —L’éclat métallique le plus inal-térable est la condition première de tout bijou; l’or etl’argent sont donc par excellence les deux métaux em-ployés de toute antiquité pour la fabrication des bijoux,et ils ne peuvent être remplacés qu’autant qu’on par-vient, comme dans la fausse bijouterie, à donner à dulaiton l’apparence de l’or ou de l’argent, en le recouvrantd’une couche mince de ces derniers métaux. Les der-nières lois prescrivent trois titres légaux pour les ou-vrages d’or, et d^ux pour les ouvrages d’argent. Savoir,pour l’or :
■1" titre. — 920 millièmes ou 22 karats 1/32 et 1/2(l’unité divisée en 24 karats).
2 , ; titre. — 840 millièmes ou 20 karats 5/32 et -1 /2.
3 e titre. — 750 millièmes ou 18 karats.
Pour l’argent :
T r titre. — 950 millièmes.
2 e titre. — 800 millièmes.
La tolérance est de 3 millièmes pour l’or et 5 mil-lièmes pour l'argent.
Le titre des alliages employés, vérifié à la Monnaiepar les procédés que nous décrirons au mot Essais, estindiqué sur les objets fabriqués au moyen d’un poinçonparticulier à chaque titre.
II. Moyens d’obtenir les formes volumes. — 1° Mou-lage. Le moulage des objets un peu volumineux est unmoulage en sable dont nous n’avons pas à nous occu-per ici. Nous donnerons seulement, d’après M. Boué, àl’ouvrage duquel nous renverrons les personnes quiveulent étudier l’art de la bijouterie dans ses détails,le moulage dans des os de sèche, lequel convient surtoutpour les petits objets.
La première partie de l’opération consiste à dresser,par le frottement, sur une pierre bien plane, la partietendre de Los; la partie extérieure est formée d’une es-pèce d’écaille brune plus dure. Si les objets qu’on sepropose de mouler sont des bas-reliefs, il suffira de lesenfoncer dans Los au moyen d’une pression suffisante.En tournant ensuite l’os sens dessus dessous, le modèles’en détache par son propre poids. On forme le jet avecun couteau, en ayant soin d’en faire l’ouverture trèsévasée, afin de faciliter l’introduction delà matière,puis on dessèche l’os au-dessus d’une lampe ; on le re-couvre ainsi, en outre, d’une légère couche de noir defumée, qui offre l’avantage de boucher tous les inter-stices de l’os sans rien enlever à la finesse des em-preintes. L’os ainsi préparé est renversé sur une espècede brique bien plane, faite avec de la terre à creusets,et qui, en raison de son emploi, porte le nom de contre-os. Après avoir légèrement chauffé l’os et le contrc-os, on les réunit à l’aide d’une paire de pincettes,dont on appuie le haut, au moment de la coulée, sur lebord d’une terrine placée dans le foyer où la fonte alieu, et qui doit être à moitié pleine d’eau, afin que l’onpuisse facilement recueillir, sans déchet et sans pertede temps, les jets de matière. Les os de sèche serventencore à couler de petits objets en rondc-bossé quandl’épaisseur de ceux-ci ne dépasse pas le double de cellede la partie molle de l’os, qui est la seule propre à re-cevoir des empreintes. Pour parvenir à mouler de pa-reils sujets, il suffit de dresser, comme il a été ditplus haut, deux os de même grandeur, de placer entreeux les modèles que l’on veut reproduire, et de lespresser jusqu’à ce qu’ils se touchent. Par l’effet de cettepression le modèle s’incruste dans les deux os, et lors-que ceux-ci sont joints, on perce, à l’aide d’une pointed’acier, en dehors de l’objet moulé et avant de le retirer,trois ou quatre trous qui traversent les os de part enpart, et qui, après l’enlèvement du modèle, servent depoints de repère pour réunir, au moyen de chevilles,dans leur première, position les deux parties du moule.Cela fait, on sépare les os pour en retirer les modèles ;on forme le jet dans les deux parties ; on les échauffemodérément, et on les réunit au moyen de chevilles;après quoi, on procède à la coulée comme il a déjà étédit. »
Le moulage est, surtout de nos jours, bien moinsemployé dans la bijouterie que l’estampage; comme ildonne des pièces pleines, il ne peut produire que des bi-joux lourds et coûteux.
2° Laminage. — Etirage. Les parties des bijoux for-mées de parties linéaires, de plaques, fils, etc., s’ob-tiennent au moyen du lamixoir ou du baxc a TIRER(voyez ces mots). On appelle grainti les plaqués passésà un laminoir à rouleau gravé qui y imprime des grainsou des losanges de formes variées.
3 U Estampage. Les métaux employés en bijouterie,jouissant d’une grande malléabilité, prennent avec laplus grande facilité des formes variées, au moyen del’estampage. Nous renvoyons «à l’article estampage ladescription des procédés employés, ainsi que celle des