BISTRE.
BITUME.
bismuth, ce qui a ordinairement lieu au bout d’unedemi-heure, l’opération est terminée ; on retire les ré-sidus (en ail. graupen) a\cc un râble en fer, on les faittomber sur le mur incliné et de là dans une caisseen bois k remplie d’eau, ou ils se refroidissent, et onprocède à une nouvelle charge. On passe par 24 heures,dans un fourneau comme celui que nous venons de dé-crire, 3,000 kilog. environ de minerai, et on en retirede 200 à 215 kilog. de bismuth.
Les résidus de ce traitement sont cobaltifèrcs, et ser-vent concurremment avec les autres minerais de co-balt , trop peu riches en bismuth pour être soumisdirectement à la liquation, à la préparation du verrede cobalt (voyez cobalt). Dans cette fabrication, lebismuth ne se combine ni avec le smalt ni avec lesspeiss; il se sépare de ces produits, et par suite de saplus grande densité, il se trouve mélangé mécanique-ment à la partie inférieure des derniers speiss que l’onobtient, d’où on peut le séparer en les concassant et lestraitant par liquation dans le fourneau ci-dessus.
Tout le bismuth livré au commerce nous vient deTErzgebirge saxon; Schnceberg en produit annuelle-ment environ 4,000 kilog.; Johann-Georgenstadt et lesusines à cobalt de la Saxe , o à 600 kilog.; en tout 4,600à 4,600 kilogr. Son prix varie de 3 r ,50 à 4' le kilogr.
P. DEBETTE.
BISTRE. Couleur brune qui s’emploie de la mememanière que la sépia et l’encre de Chine. On la prépareavec de la suie de bois ; celle qui provient du hêtreest la meilleure. Après avoir pulvérisé la suie, on lapasse au tamis de soie, ensuite on la lave d’abord àl’eau froide, puis à l’eau chaude, pour dissoudre les selssolubles qu’elle renferme. On retire ensuite de la suielavée, par lévigation et décantation, une pâte très line,que l’on mêle avec un peu d'eau gommée et qu’onverse dans des moules où on la lais>n sécher. On ob-tient ainsi du bistre en pains qui sont livrés au com-merce. Le bistre ne sert que comme couleur à l’eau, etn’est jamais employé comme couleur à l’huile.
BITUME OU ASPHALTE [angl. asphaltum, ail. as-phalt). Substance minérale, noire ou brune, composéede carbone, d’hydrogène et d’oxygène, comme les corpsorganiques. Par sa couleur et sa cassure, il a de l’ana-logie avec de la poix, ce qui lui a quelquefois fait don-ner le nom de poix minérale. Sa densité est d’envi-ron 1,16. Il fonda la température de l’eau bouillante,s’allume aisément, et brûle avec vivacité en répandantune épaisse fumée. Soumis à la distillation sèche, ildonne une huile bitumineuse particulière., très peud’eau, une petite quantité de gaz combustibles, destraces d’ammoniaque, et laisse environ un tiers de sonpoids de charbon, qui incinéré donne des cendres con-tenant de la silice, de l'alumine, de l’oxyde de fer, del’oxyde de manganèse, et quelquefois un peu de chaux.Selon John, en traitant successivement l’asphalte pardivers dissolvants, on peut le séparer en trois élémentsdistincts. L’eau ne dissout rien ; l’alcool anhydre dis-sout une résine jaune formant les 0,05 du poids del’asphalte, également soluble dans l’éther. En traitantle résidu insoluble dans l'alcool par l’éther, on dissoutune résine brun-noirâtre que forme les 0,70 du poidsde l’asphalte, et que l’on peut obtenir en évaporant sadissolution éthérée ; cette résine se dissout aisémentdans les huiles volatiles et dans l’huile de pétrole. Lerésidu insoluble dans l’éther se dissout aisément dansl’huile de térébenthine et dans celle de pétrole. La po-tasse caustique dissout une quantité notable d’asphalte;mais le carbonate de potasse n’a pas sur lui d’actionsensible.
L’asphalte entre dans la composition des ciments hy-drauliques et dans celle des vernis noirs, appelés vernisdu Japon, qui servent à couvrir les boîtes à thé. etc...On prépare un vernis pareil, très beau, en dissolvant
I 2 p. de sueein fondu, 2 p. de résine et 2 p. d’asphnltndans 6 p. d'huile siccative de graine de lin, à laquelleon a ajouté 12 p. d'huile de térébenthine.
Il y a une espèce de bitume qu'on trouve à Anichesfdépartement du Nord), qui est noir, très fusible et mou.
II brûle avec flamme. L’alcool, l’éther et l’huile de té-rébenthine en extraient une substance grasse qui peutêtre saponifiée avec les alcalis.
Le bitume de Murindà, près Choco (Colombie ), estnoir-brunâtre, mou, à cassure terreuse. 11 a une saveuracide, brûle avec une odeur de vanille, et l’on dit qu’ilcontient une grande quantité d’acide benzoïque. Il paraîtêtre le résultat de la décomposition d’arbres qui conte-naient du benjoin.
L’asphalte se rencontre en immense quantité à la sur-face du Lac asphaltique, ou mer Morte (Judée ), dont lesflots le rejettent sur le rivage ; c’est de cette localité quevient la plus grande partie du bitume que l’on trouvodans le commerce.
Le gisement d’asplialte le plus remarquable qui existeau monde, est sans contredit la plaine ou le bassin,dit Lac de poix, qui en est rempli dans Tîle de laTrinité (Antilles ). Ce bassin, situé sur le point culmi-nant de l’île, exhale une odeur extrêmement forte quise fait encore sentir à une distance de plus de 16 kilomè-tres. Au premier aspect on dirait un lac rempli d’eau ;mais de plus près, on croit voir une surface de verre.Lorsque, pendant l’été, le soleil \ient à darder en pleindessus, cette surface se liquéfie sur quelques centimètres(l’épaisseur. Le lac est à peu près circulaire, et a environ5 kilomètres de tour; sa profondeur n’a pu être déter-minée. Il s’y produit assez souvent de larges fissures quise referment plus tard, ce qui a fait conjecturer qu’ilexiste une nappe d’eau au-dessous de la couche de bi-tume. Le sol qui l’environne est composé, jusqu’à unedistance assez considérable, de matières scoriacées etd’argiles fortement calcinées, et offre des signes nonéquivoques d’une action ignée. Dans plusieurs partiesdes bois qui entourent le lac, on rencontre dans le soldes trous et des fissures remplis de bitume liquide surune profondeur de 6 à 6 centimètres. M. Hatchett,qui a examiné quelques échantillons de bitume de laTrinité, a conclu de cet examen que ce qu’on considé-rait jusqu’alors comme du bitume pur, n’était en réalitéqu'une pierre poreuse et argileuse très imprégnée debitume.
Les diverses variétés de bitume appartiennent exclu-sivement aux terrains secondaires et tertiaires, et nesont point trouvés parmi les roches primitives, exceptétrès rarement, remplissant des fissures de formationbeaucoup plus récente. On le rencontre généralementdans les couches calcaires argileuses et sablonneuses,ainsi que dans les terrains volcaniques.
Le pétrole est une sorte de bitume liquide que l’onrencontre fréquemment sur les eaux qui surgissent aupied des volcans ; la mer en est même couverte en touttemps, près des îles volcaniques du cap Vert . M. Breis-lack a observé une source de pétrole qui s’élève du fondde la mer, au sud du pied du Vésuve .
La pétrole parait être en relation intime et constanteavec le sel marin; de sorte que presque tous les pays,comme l’Italie, la Transylvanie , la Perse, les environsde Babylone, les environs de la mer Morte , etc., où l’ontrouve beaucoup de pétrole, renferment des mines desel gemme, ou au moins des sources salées.
Le bitume élastique est une substance rare, qui ne sctrouve guère qu’en Angleterre, près de Castletown (Der-byshire), dans les fissures d’une argile schisteuse
Depuis quelques années on emploie en France avecle plus grand succès, pour couvrir les toits et les terras-ses, faire des trottoirs, enduire les bassins et réservoirsd’eau, un mastic bitumineux que l’on prépare principa-lement avec les bitumes de f.obsann (Bas-Rhin), de Seys-