BLANC DE ZINC.
BLANC DE ZINC.
11 sc manifeste ici un phénomène analogue à celuique Ton observe dans la fabrication du zinc métallique.Dans les usines à zinc, en ellet, le métal se condensedéjà à l'état liquide avant d’être sorti du massif dufourneau, et se rassemble à la jonction de la cornueet de l'allonge (fours belgesj; ici une partie du métalqui distille sc condense également à l’orifice des cor-nues qu’il finirait par obstruer, si on ne prenait le soinde nettoyer très fréquemment cet orilicc, soit à lamain, soit à l’aide de grattoirs mécaniques. Les crasseset résidus tombent et se rendent dans la trémie c d’oùon les enlève de temps à autre.
Le courant d’air chargé de blanc de zinc est conduitpar le tuyau k dans d’immenses chambres en maçon-nerie où le blanc se dépose. Pour diminuer le nombredes chambres nécessaires pour opérer la précipitationdu blanc, on y place ordinairement des châssis garnisdo toile qu’il faut secouer de temps à autre pour préve-nir leur obstruction. Chacune de ces toiles arrête non-seulement une partie des flocons de blanc entraînés parle couraut d’air, mais encore elle tend à faciliter ledépôt des particules qui la traversent, en détruisant lesefTets fâcheux produits par les étranglements qui ser-vent do communication d’une chambre à l’autre. Cedernier effet, auquel on n’a jusqu’ici attribué aucuneimportance, peut être obtenu sans toiles et devraitmême conduire à disposer celles-ci d’une manière toutedifférente de ce qui se fait actuellement.
On enlève le blanc déposé dans les chambres de ré-colte, sans arrêter la fabrication, au moyen de trémiesplacées à leur partie inférieure.
Nous venons de parler de la fabrication du blanc dezinc au moyen du zinc métallique. Dans certains casil peut y avoir avantage à le tirer directement des mi-nerais et matières zinciferes; il suffit pour cela d’opé-rer comme s’il s’agissait d’en retirer du zinc métallique(voyez zinc), à cela près qu’au lieu de condenser lesvapeurs métalliques, on les brûlerait par un courantd’air, comme nous l’avons dit plus haut.
Lorsque l’on essaye de fabriquer le blanc de zinc,en laissant le bain métallique directement exposé à laflamme d'un foyer, d’une part, les fumées et les cen-dres entraînées altèrent la blancheur du produit, endiminuent le prix, et peuvent même le rendre inven-dable ; et, d’autre part, le blanc formé s’accumule enmajeure partie dans l’appareil de fabrication, s’opposeen l’obstruant à l’oxydation complète des vapeurs mé-talliques, et arrête bientôt l’opération. Nous avonsrendu ce procédé industriellement applicable en em-ployant des gaz combustibles qui brûlent complète-ment sans résidus, cendres ou fumées, et qui chassés,ainsi que l’air qui sert à les brûler, par une machinesoufflante, font sortir de l’appareil de fabrication la to-talité du blanc de zinc qui s’est formé dans son inté-rieur. Un seul appareil de ce genre, de faibles dimen-sions, peut suffire à une production considérable ettrès économique de blanc de zinc.
Dans quelques cas nous avons employé la vapeurd’eau à une haute température pour agir sur le zinceu vapeur ou ses sels; enfin, nous avons égalementutilisé l’action combinée du chlorure de sodium ousel marin et de l’air ou de la vapeur d’eau, sur les sul-fates et sulfures de zinc, pour obtenir, d’une part, dusulfate de soude, et, de l’autre, de l’oxyde de zinc;dans ce dernier procédé, on peut disposer les appareilsde manière à recueillir le chlore ou l’acide hydrochlo-rique qui se dégage des appareils. Lorsque l’opérationest conduite de manière à obtenir un dégagement dechlore, il convient d’utiliser ce gaz pour la fabricationdu chlorure de chaux.
Le blanc de zinc à l’état floconneux présente sou-vent une teinte un peu jaunâtre ou un peu verdâtresuivant la qualité des zincs qui ont servi à le fabriquer.
Ainsi les vieux zincs renferment toujours delà soudure,et beaucoup de zincs du commerce proviennent de mi-nerais cadmiferes, et par suite le blanc obtenu peutrenfermer quelques tracés d'oxydes métalliques coloréstels que l’oxyde de fer et surtout l’oxyde de cadmium ;du reste cette proportion est tellement faible que lemélange avec un corps liquide la fait disparaître ; ainsitel échantillon très sensiblement coloré, mouillé avecde l’eau pure, puis moulé en pain et séché, n’offre plusla moindre teinte.
En résumé, on trouve actuellement dans le commercedeux qualités de blanc de zinc ; l’une dite blanc de neige tpréparée avec les zincs les plus purs, remplace le blancd'argent ; l’autre dite blanc de zinc remplace les cérusesde première qualité.
Nous avons déjà dit que le blanc de zinc et les cou-leurs qui en dérivent s’emploient à l'huile pure et mé-langée d’essence, à la colle, au vernis à l’esprit devin, au vernis à l’essence et au vernis gras, etc., soitpour la peinture artistique, soit dans la peinture enbâtiments. On s’en sert également :
Dans la fabrication des papiers peints ;
En parfumerie, pour préparer un blanc de fard co-loré par du carmin, tout à fait inoffensif et qui aumoins n’expose pas au ridicule les personnes qui, enfaisant usage, vont visiter des établissements d’eauxminérales sulfureuses;
Pour préparer soit seul, soit mélangé avec un peude gris de zinc, le mastic dont on se sert pour faireles joints des chaudières et machines à vapeur;
Pour la fabrication des papiers lissés et des cartesdites de porcelaine , préparées autrefois au blanc deplomb ; il est vrai que l’on a déjà remplacé le blanc deplomb par le carbonate de baryte qui n’offre pas lesmêmes inconvénients ; mais ce dernier foisonnant beau-coup moins que le blanc de zinc, celui-ci est encored’un emploi plus économique.
Enfin tout le monde a pu admirer à la dernière ex-position les magnifiques cristaux à base de zinc fabri-qués à la cristallerie de Clichy . Si ces essais ne sontpas encore passés à l’état de fabrication courante, celane tient qu'au prix encore relativement trop élevé dublanc de zinc, et si, comme me l’a affirmé M. Maès,l’habile directeur de cette cristallerie, les qualités infé-rieures de blanc de zinc, que l’on peut avoir au prixde 55 francs les 100 kilogrammes, lui donnent en-core de plus beaux cristaux que le minium, ce que lapureté relative des deux oxydes vient confirmer, nuldoute que, dans un avenir très prochain, la fabricationdes cristaux n’offre un immense débouché aux fabriquesde blanc de zinc.
Il est à remarquer ici que l’oxyde de zinc étant in-fnsible se combine avec beaucoup de difficulté avec lamilice et qu’il fournit un silicate très peu fusible; pourobtenir un cristal assez fusible pour être travaillé, onest obligé d’ajouter une certaine proportion d’acide bo-rique, qui facilite en même .temps la combinaison; lecristal obtenu est alors non plus un silicate, mais unboro-silicate, et est beaucoup plus dur et plus brillantque les cristaux à base de plomb.
Avant de quitter le blanc de zinc, nous croyonsutile de donner quelques indications sur la manièrede l’employer dans la peiuture à l’huile en bâtiments.La peinture prête à être employée se prépare ordinai-rement avec parties égales en poids de blanc de zincd’une part, et d'un mélange d'huile de lin ou d’huileblanche, d’essence et de siccatif d’autre part; toutefois,lorsque la surface à recouvrir est très absorbante,comme le plâtre neuf, on augmente la proportion dumélange oléagineux jusqu’à arriver dans le cas précitéà obtenir quatre kilogrammes de peinture avec un ki-logramme do blanc do zinc.
La proportion d’essence qui, dans les premières cou-