BLANCHIMENT.
BLANCHIMENT.
rigine animale sont imprégnées de matières grasses(laine) ou céreuses (soie) et colorantes, que l’on enlèveen les faisant digérer, à plusieurs reprises, à une tem-pérature plus ou moins élevée, avec des dissolutions al-calines qui les saponifient, et lavant à chaque fois àgrande eau. On achève de blanchir complètement lestissus d’origine végétale ou animale en les soufrant,opération qui consiste à les exposer à l’action de l’acidesulfureux, qui détruit le peu de matières colorantes quipeuvent être restées dans le tissu, mais ce derniers’imprègne toujours, dans cette opération, d’une cer-taine quantité d’acide sulfureux ou sulfurique que l’onne peut enlever entièrement par le lavage, et qui em-pêche que dans la plupart des cas on puisse teindre lestissus soufrés ; aussi ne soufre-t-on guère que les tissusqui ne doivent pas passer à la teinture, et dont la blan-cheur est une des principales qualités.
Blanchiment des tissus de coton. Les étoffesde coton, en sortant des ateliers de tissage sont impré-gnées :
1° D’une matière résineuse inhérente aux filamentsdu coton ;
2° De la matière colorante propre à ce végétal ;
3° Du parement ou parou du tisserand;
4° D’une matière grasse ;
5“ D’un savon cuivreux;
f)° De saletés provenant des mains des ouvriers.
7 U D’oxyde de fer, de quelques substances terreuseset de poussières.
La matière résineuse est soluble dans l’alcool, les dis-solutions alcalines et acides, et meme dans une grandequantité d’eau bouillante. Autrefois on commençait tou-jours le blanchiment en enlevant cette matière par unelessive alcaline; ce procédé est aujourd'hui presque en-tièrement abandonné.
La matière colorante est peu ou point soluble dansles alcalis, mais elle le devient complètement aprèsavoir été exposée pendant un certain temps sur le préà l’action simultanée de l’air humide et des rayons so-laires, ou après avoir été soumise à l’action d’une disso-lution de chlore.
Le parement ou parou est composé de matières fari-neuses, qu’on laisse ordinairement fermenter avant deles employer ; il peut renfermer de la colle, de l’amidonet du gluten; ce dernier est très soluble dans l’eau de-chaux. Lorsque le parou s’est desséché, le tisserandassouplit quelquefois les fils de la chaîne en les frot-tant avec une graisse quelconque à bas prix. L’étoffequi n’a pas été d’abord complètement débarrassée decette matière grasse, ne s’imbibe pas complètementd’eau dans les opérations subséquentes du blanchi-ment, et plus tard, il en résulte, lors de la teinture,des taches qu'il est presque impossible de faire dispa-raître. Chaque acide agit d'une manière différente surles matières grasses, ce qui donne lieu à des anoma-lies remarquables dans l’opération du blanchiment.Ainsi, les huiles ne donnent lieu, avec les acides acéti-que et hydrochlorique ou le chlore en dissolution, à au-cun dégagement gazeux, comme c’est le cas avec lesacides sulfurique et nitrique, mais elles se transformenten un composé insoluble meme dans une dissolutionconcentrée et bouillante de soude caustique. D’un autrecôté, par l’exposition à l’air, pendant un temps suffi-sant, les matières huileuses s'emparent d’une partie del’oxygène qu’il renferme, deviennent facilement sapo-nifiables, et par suite très solubles dans les alcalis.
Lorsque lu graisse employée par le tisserand pourassouplir les fils de la chaîne, reste seulement en con-tact pendant l’espace d’une nuit avec les dents en cuivredu peigne, il se forme une sorte de savon cuivreux,dont il est quelquefois très difficile de débarrasser letissu. Il est insoluble dans l’eau de chaux; mais l’acidesulfurique très étendu, dissout l’oxyde de cuivre, et met
en liberté les acides gras que l’on peut ensuite enleveraisément par une lessive alcaline.
Lorsque l’on fait bouillir un tissu imprégné de graisseavec de l'eau de chaux, il sc forme un savon calcaire,soluble dans un grand excès d’eau de chaux, et beau-coup plus dans une dissolution de soude caustique. Maisl’expérience semble avoir fait voir, du moins selon ledocteur I re, que toutes les matières grasses ou huileu-ses cessent d’etre solubles dans les lessives alcalines,lorsqu’il s’est écoulé un espace de temps assez consi-dérable depuis leur application sur les tissus, ou lors-qu’elles ont été en contact prolongé avec les acides acé-tique, carbonique et hydrochlorique.
Les saletés qui proviennent des mains des ouvrierss’enlèvent aisément parmi lavage à l’eau bouillante. Ilen est de même des matières ferrugineuses et des pous-sières qui s’attachent aux tissus.
Cela posé, nous pouvons passer à la description desmanipulations successives que l’on fait subir aux tissusde coton pour les blanchir.
On commence par faire digérer les tissus dans del’eau bouillante, afin d’enlever toutes les substances so-lubles dans ce liquide.
2° On lave ensuite le tissu dans la roue à laver ( angl .wash-whcel ), dont nous donnerons la description dansle courant de cet article. Ce lavage est d’une grandeimportance pour la réussite des opérations subséquentesdu blanchiment et doit être répété à plusieurs reprises ;d’autant plus qu’en hiver, lorsque l’eau de la roue à la-ver est froide, le blanchiment devient plus long et plusdifficile.
Dans ces deux premières opérations, les tissus de co-ton perdent environ 16 p. 100 de leur poids, tandis quedans le reste du blanchiment, ils n’eu perdent en toutque 0,4 p. 400.
3 U Au sortir de la roue à laver on fait bouillir les ca-licots avec un lait de chaux qui dissout le parou, etforme avec les matières grasses un savon calcaire quireste pour la plus grande partie fixé au tissu. Autrefoison se débarrassait du parou par une véritable fermen-tation, mais ce procédé, qui est encore suivi dans noin-bred’établissements, présente beaucoup d’inconvénients;d’une part, la fermentation peut altérer les tissus, sur-tout si on les a empilés en tas un peu considérable sansles avoir préalablement lavés, et de l’autre, les matièresgrasses et les savons insolubles qui salissent par placesles tissus deviennent très difficilement solubles dans lesalcalis caustiques et donnent lieu à des taches presqueindélébiles; effet dû, suivant le docteur Ure, à la réac-tion sur ces matières, des acides acétique et carboniquequi se dégagent durant la fermentation; aussi, est-ceavec raison que plusieurs praticiens expérimentés ajou-tent, dans les cuves à fermenter, une petite quantité delessive alcaline, dans le but de neutraliser les acidesci-dessus. Si ce n’était la présence des matières grasses,la fermentation, conduite avec soin, pourrait être unexcellent moyen d’enlever le parou, et on peut l’em-ployer, par conséquent, pour les tissus faits à la mécani-que, qui ne sont pas salis par des matières grasses ouhuileuses.
4° Le parou enlevé, on traite, à plusieurs reprises,les tissus par une lessive de soude caustique, qui dissoutles savons calcaires et cuivreux, ainsi qu’une portionde la matière colorante qui s’est résinifiée dans les opé-rations précédentes.
5” On expose ensuite les tissus sur le pré, ou bienon les traite par une dissolution de chlorure de chaux,que l’on maintient tiède, en y faisant arriver un cou-rant de vapeur. Lorsqu’ils sont restés un temps suffisantdans ce bain, on les en retire, et après les avoir égout-tés on les jette dans une cuve voisine remplie d’acidesulfurique ou hydrochlorique ; il se forme du sulfate dechaux ou du chlorure de calcium, et il se dégage du