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BLANCHIMENT.

BLANCHIMENT.

chlore libre qui réagit sur les matières colorantes dutissu ; on a ainsi l'avantage de ne pas employer unexcès de chlore qui pourrait attaquer le tissu lui-mêmeet d’en économiser la quantité, qui se trouve réduite àcelle strictement nécessaire, à tel point qu’il ne se dé-gage pas de la cuve d’acide une quantité de chlore sen-sible à l’odorat.

0° On traite de nouveau les tissus par une lessivealcaline, atin de dissoudre la portion de la matière colo-rante qui a été résinifiée par l’action du chlore, ou parcelle de l’air et des rayons solaires sur le pré. Il vasans dire que les opérations 5 et 6 doivent être répétéesà plusieurs reprises pour enlever complètement la ma-tière colorante, d’autant plus, que l’on courrait risqued'altérer les tissus, en les soumettant à l’action d’unexcès de chlore, si on voulait détruire en une seule foisleur matière colorante.

7" Enfin, on donne le dernier degré de blancheur autissu, dan3 de l’acide sulfurique tiède et très étendu,qui dissout les matières ferrugineuses ou calcaires, ac-cidentellement restées sur le tissu ; on doit ensuite lelaver aussitôt après, avec le plus grand soin, dans l’eaucourante ou dans la roue à laver, car si on le laissaitsécher au sortir du bain acide, celui-ci en se concentrantaltérerait infailliblement le tissu ; la meme chose pour-rait arriver si on laissait le tissu non lavé et imprégnéde la dissolution acide exposé à la gelée, par suite de laconcentration qui en résulterait.

Lorsque les tissus doivent passer à la teinture on peutterminer, sans aucun inconvénient, le blanchiment parune lessive alcaline, quoiqu’ils retiennent à la suite decette opération une teinte jaunâtre; mais lorsque cestissus doivent seulement subir l’apprêt, on doit termineren les passant dans un bain de chlore, afin de rendreleur blancheur aussi parfaite que possible; l’immersiondans l’acide sulfurique très étendu produit à peu prèsle même effet.

Il résulte de ce que nous venons de dire, que pourblanchir des tissus sans taches graisseuses, comme c’estgénéralement le cas des meilleures espèces de mous-selines, ou même des tissus imprégnés de matières gras-ses, destinés seulement à recevoir l’apprêt, il suffira deles soumettre à la série des manipulations suivantes :

4° Digestion dans l’eau bouillante.

2" Lavage à la roue à laver.

3“ Exposition sur le pré, ou immersion dans un bainde chlore.

5“ Lessivage au lait de chaux. (Ces deux dernièresopérations se répètent alternativement plusieurs fois desuite, jusqu’à ce que toute la matière colorante soit en-levée;.

6" Traitement par l’acide sulfurique étendu, suivid’un lavage à grande eau.

Le blanchiment des tissus qui ne sont pas exposéssur le pré, et qui ne sont pas séchés entre deux opéra-tions, peut être terminé dans l’espace d’une couple dejours, et on économise la dépense que cause l’emploides lessives de soude ou de potasse.

Des expériences très soignées ont fait voir ; 1° que,sous la pression atmosphérique, une ébullition continuede deux heures avec un lait de chaux, n’altère aucune-ment les tissus, pourvu qu’ils demeurent constammentrecouverts d’une couche de liquide en ébullition, et qu’onles lave immédiatement après à grande eau ; 2° queles tissus n’éprouvent aucune altération par la digestiondans de l’eau pure, bouillante, sous une pression de 10atmosphères ; 3° que l'on peut faire digérer les tissussous une pression de 10 atmosphères, sans les altérer,dans une lessive bouillante de soude caustique dont ladensité primitive serait de 1,015, jusqu’à ce que la va-porisation de l’eau ait amené cette lessive à un état deconcentration double; 4 U que, sous la pression atmo-

sphérique, les tissus ne s'altèrent pas, par l’ébullitionavec une lessive de soude ayant une densité de I ,070 ;5 W qu’il en est de même par une immersion de 8 heuresdans un bain de chlorure de chaux, susceptible de dé-colorer le triple de son volume de la solution d’essaid’indigo (voyez chlokomktkië;, et le traitement sub-séquent des tissus par un bain acide d’une densité de1,007 ; enfin 0° que les tissus ne s’altèrent pas lorsqu’onles laisse digérer, pendant l’espace de 8 heures, dansde l’acide sulfurique ou hydrochlorique étendu d’eaud’une densité de 1,035 et dégourdi.

Dans nombre de bons établissements, on pratiqueainsi : 1° enlèvement du pnrou ou parement par une di-gestion de 12 heures dans l’eau froide, suivie d’un lavage à la roue à laver; 2 U ébullition avec un lait dochaux de force convenable, ou mieux, deux ébullitionstrès courtes avec le lait de chaux, avec lavage à l’eauintermédiaire; 3” et 4" deux ébullitions successives, de

10 à 12 heures, a\cc une lessive de soude renfermantD de carbonate de soude cristallisé par 5G W de tissus àtraiter; 5° exposition de 7 à 8 jours sur le pré, ouimmersion, d’abord dans un bain de chlorure de chaux,puis dans de l’acide sulfurique étendu, comme il e>>tdécrit plus haut ; 6“ traitement par une lessive alcalinecaustique, renfermant autant et même moins de soudeque les lessives 3 et 4 ; 7° exposition sur le pré, ou im-mersion dans un bain de chlorure de chaux, puis dansl’acide sulfurique étendu, comme le n° 5 ; 8° lessive desoude caustique, comme le n u 6 ; 3° immersion dansun bain de chlorure de chaux, puis dans l’acide sulfu-rique étendu ; \ 0 Ü rinçage dans de l’eau chaude, ou lavage à la roue à laver.

Lorsque le nombre des cuves à chauffer à la fois dépasse 4 ou 5, il y a économie dans le chauffage par uncourant de vapeur; lorsqu’il est moindre, il est pluséconomique d’appliquer directement le feu sous h*schaudières dans lesquelles s’opère le lessivage ou le re-bouillage. L’emploi de la vapeur diminue le danger quol’on court, dans le chauffage à feu nu, d’attaquer lestissus; mais d’un autre côté, la vapeur en se conden-sant, étend les dissolutions que l’on emploie, et qui de-viennent alors incapables de servir au blanchimentd’une nouvelle quantité de tissus, tandis qu’au contraireces dissolutions se concentrent par l’application directedu feu sous les chaudières ; toutefois, il est à remar-quer que cette dilution n’offre aucun inconvénient dansle cas du lait de chaux. Lorsque celui-ci contient tropde chaux, ainsi que lorsqu’on le verse bouillant sur lestissus, on court risque de les endommager; aussi est-ilpréférable de l’introduire, par le bas, dans la cuve àlessiver. Pour une raison analogue, il faut avoir soin, àla suite d’une lessive de soude caustique, si les tissus nepeuvent être portés immédiatement à la roue à laver,de les transvaser dans une cuve remplie d'eau qui lesrecouvre complètement.

Lorsque le bain de chlorure de chaux est trop concentré,

11 se forme quelquefois dans le calicot, principalementsur les bords ou les parties les plus épaisses de la pièce,de peti.ts trous ronds très nets, analogues à ceux qu’yproduiraient des gouttes d’acide sulfurique concentré.Cela tient à ce qu’il se dégage de la dissolution concen-trée de chlorure de chaux, par la moindre élévation detempérature ou par toute autre cause, des bulles dechlore gazeux qui s’attachent aux parois des tissus, et yrestent fixées pendant un espace de temps suffisant pourcorroder et détruire les parties avec lesquelles elles setrouvent en contact ; ce sont évidemment les partiesles plus compactes du tissu , qui retiennent les bullesgazeuses avec le plus de force, et empêchent le plus long-temps sa dissolution dans la masse liquide. On prévientcet accident en employant des dissolutions de chlorurede chaux plus étendues, et en y agitant fréquemmentles tissus.