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BLANCHIMENT.

BLANCHIMENT.

Loisque les matières grasses qui imprégnaient le tissun'ont pas été complètement enlevées dans les premièresopérations du blanchiment, ellesrestent comme nous l’a-vons dit, et se reconnaissent dans les étoffes blanches,parce qu’il en résulte des parties qui n’absorbent pasl’humidité atmosphérique comme le reste, ce qui dé-truit l'uniformité de la teinte, et surtout lors de la tein-ture, parce qu’il se forme- des taches plus fortement co-lorées que le reste de la pièce, par suite de l’allinité quiexiste entre les matières grasses et les matières colo-rantes. Aussi devrait-on défendre aux tisserands d’em-ployer de la graisse pour assouplir les fils de leurchaîne, et le cas échéant, nettoyer les tissus aussipromptement que possible, et avant de les mettre enmagasin, pour prévenir l’altération, par le contact pro-longé de l’air, des matières grasses, dont il devientalors impossible de se débarrasser complètement. Il estaussi très essentiel que la graisse soit entièrement en-levée avant de traiter le tissu par le chlore. Les blan-chisseurs ne devraient également jamais garantir lestissus qu’ils livrent à l’impression avant de s’être assurésur quelques pièces, en les humectant avec de l’eau,qu’elles ne renferment aucune tache graisseuse.

Nous terminerons cette analyse générale des prin-cipes du blanchiment, en indiquant quelques règles àsuivre, résultats de l’expérience : pour les tissus impré-gnés de matières grasses, il convient d’éviter l’emploidu lait de chaux pour une première lessive ; on les traited’abord par une ou plusieurs lessives de soude, vientensuite le lait de chaux, et enfin on termine par une oudeux lessives de soude. On ne doit, dans ce cas, em-ployer l'immersion dans le chlorure de chaux, qu’àla fin du blanchissage; on fera digérer le tissu aprèschaque lessive, dans un bain d’acide sulfurique, pourdécomposer les savons insolubles formés, et rendre lesacides gras qu’ils renferment, solubles dans les lessivesde soude subséquentes.

Il nous reste maintenant à entrer dans quelques dé-tails sur la conduite des opérations et la nature des ap-pareils employés.

La première chose que doit faire le blanchisseur estde marquer les tissus qu’il reçoit, aux initiales de leurpropriétaire, avec du goudron, si ce sont des tlo&us decoton, et avec du nitrate d’argent s’il s’agit de toilesde lin.

Les tissus de coton destinés à l’impression sont gé-néralement flambés, avant d’être envoyés au blanchis-seur, pour enlever les filaments qui recouvrent leur sur-face, et qui rendraient impossible une impression netteet délicate; cette opération, dont nous donnerons lesdétails au mot grillage des tissus, s’exécute en lespassant avec une grande rapidité sur un demi-cylindreen fonte porté au rouge, ou d’après l’ingénieux procédéde M. Hall , au-dessus d’un courant de gaz enflammés.On plie et on enroule ensuite l’étoffe, suivant sa lon-gueur, de manière à en former un paquet que l’on lie avecune corde, que l’on met tremper dans une cuve pleined’eau, et qu’on porte ensuite à la roue à laver. Après lelavage, on porte le tissu dans la caisse à lessiver, oùon le traite par un lait de chaux ; lorsqu’on emploie lavapeur pour chauffer la lessive, on se sert d’une cuveanalogue à celle que nous décrirons plus loin, et quin’en diffère qu’en ce que la chaudière inférieure de celle-ci est remplacée par un fond en tôle, au milieu duquella vapeur arrive par un grand nombre de petites ouver-tures et se répand dans le liquide à échauffer. Le laitde chaux se prépare en prenant I kilogr. de chaux par30 à 40 kilogr. de tissus à lessiver, le délayant dansun peu d’eau, passant dans un tamis très fin, le diluantavec une. quantité d’eau suffisante, puis l’ajoutant alter-nativement avec les tissus dans la cuve à lessiver ; onachève ensuite de remplir celle-ci avec de l’eau, et onintroduit la vapeur qui amène bientôt le liquide ù l’é-

bullition. Aussitôt après cette lessive à la chaux, ondoit laver les tissus dans la roue à laver.

Pour ce qui concerne le blanchiment au chlore, onemploie 1/2 kilogr. de bon chlorure de chaux par kil.de tissu à blanchir, et on le dissout dans environ 30 li-tres d’eau.

Le procédé de Berthollet, pour reconnaître la teneuren chlorure du chlorure de chaux, au moyen d’une dis-solution d’indigo, est peu cxnct, par suite delà facilitéa\*ec laquelle s’altère la dissolution titrée d'indigo, quiest du reste difficile à préparer. Nous donnerons le pro-cédé de dosage par une dissolution d’acide arsénieux,dû à M. Gay-Lussac, à l’article ciilouométrie. Unprocédé facile à exécuter, dû au docteur Ihilton, etperfectionné par M. Crum, blanchisseur renommé deThorniebank, près Glascow, consiste à dissoudre unpoids constant de protosulfate de fer {vitriol t?er/)cristallisé dans de l’eau chaude, et à y ajouter ladissolution de chlorure de chaux, par petites quan-tités à la fois, jusqu’à ce que le fer soit entièrementperoxyde, ce qu’on rcconnait à la décoloration complètede la liqueur et au dégagement de chlore qui se mani-feste aussitôt que l’on a atteint ce point. La force de ladissolution de chlorure de chaux sera eu raison inversede la quantité qu’il faudra en ajouter pour arriver à cerésultat.

L’immersion dans un bain acide (angl souring) con-siste à immerger les tissus pendant 3 ou 4 heures dansde l’acide sulfurique étendu de 20 à 30 fois son volumed’eau, c’est-à-diro qui renferme en poids 6 *1 /2 à 7p. 100 d’acide sulfurique concentré (huile de vitriol), età une densité de 1,047 à 1,040.

Au sortir de ce bain, on lave les tissus à l’eau dansla roue à laver, puis on les fait bouillir pendant 8 à10 heures dans une lessive alcaline, contenant 2 p. 1 00de son poids de carbonate de soude cristallisé, ou l’équivalent en cendres de varcc ou en potasse; on rend préa-lablement cette lessive caustique, en saturant l’acidecarbonique par de la chaux vive, qui forme du carbo-nate de chaux insoluble, et décantant. Vient ensuite unlavage à l’eau dans la roue à laver, puis une immersionpendant o heures dans un bain de chlorure de chauxd’une force qui soit les 2/3 du premier bain, et ensuiteune digestion, dans un bain d’acide sulfurique étcikiu,de 2 à 4 heures, selon la couleur et la qualité du tissu ;enfin, l’on termine par un lavage à l’eau claire trèssoigné.

Avant délivrer en vente les pièces de coton ainsiblanchies, il est encore nécessaire de leur faire subirquelques préparations que nous allons décrire : on com-mence par enlever les plis contractés par le mouvementdans la roue à laver, ainsi que la plus grande quantitéde l’eau dont elles sont imprégnées entre des rouleauxde compression {angl. squeezers), représentes fig. 230

et 237, entre lesquels on les passe par deux à la fois,dans le sens de leur longueur. Ces rouleaux sont ordi-

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