BLANCHIMENT.
BLANCHIMENT.
sur les cylindres séchcurs, et le déposent ensuite surune table ou sur le plancher. La vapeur arrivant parle tuyau ««, s’introduit dans les cylindres séchcurs /suivant leurs axes , qui sont creux et tournent dansdes boîtes à étoupes (a nyl. stuffen-box), par les tubeslatéraux o,o.., et s’échappe de l’autre côté par un sys-tème de tuyaux tout à lait analogues; < 7 ,ç, sont dessoupapes s’ouvrant du dehors en dedans,, qui servent àadmettre l’air dans l’intérieur des cyliudres séchcurslorsque l’on cesse d’y faire arriver un courant de vapeur,ou même seulement lorsque la quantité de celle-ci di-minue, afin de prévenir la déformation qui résulteraitde la pression atmosphérique extérieure qui ne se trou-verait plus équilibrée.
Quelquefois, au lieu d’employer l’appareil sécheurque nous venons de décrire, on sèche les calicots, àleur sortie de la machine à empeser, dans une étuvesèche, dont on élève graduellement la température jus-qu’à 43° centigr. Enfin on termine par un nouveaucalandrage, qui leur donne le lustre et le lissage néces-saires; dans cette opération, on place en avant des cy-lindres une brosse cylindrique, animée d’un mouvementrapide de rotation, qui plonge en partie dans une cuvepleine d’eau, qu’elle entraîne en tournant, et projetteen pluie fine sur le calicot, de manière à l’huuiecterlégèrement avant son passage entre les cylindres. Il nereste plus qu’à plier avec soin les pièces, y appliquerla marque du fabricant, et les comprimer à la pressehydraulique, en interposant entre chaque pièce unefeuille de carton satiné et de distance en distance uneplaque de fer pour assurer l’uniformité de la pression,avant de les renvoyer aux fabricants dans un état pro-pre à la vente.
Quoique l’ensemble du blanchiment et de l’apprêtde. tissus de coton ne réclame pus moins de 25 opéra-tions successives, dont plusieurs exigent l’emploi demachines coûteuses, le blanchisseur ne reçoit que 1 fr.environ par pièce de 22 mètres.
Nous donnerons encore ici le système suivi il y aquelques années par un des blanchisseurs les plus re-nommés de Glascow :
On laisse fermenter les mousselines pendant 36 heu-res dans la lessive à la température de 35 à 65" C., sui-vant la saison. Le lessivage subséquent, de 51 kilog.
112 pièces de mousseline, se fait avec 3 kilog. depotasse perlasse et 1 kilog. de savon mou dissousdans 1,635 litres d’eau, et dure 6 heures; on laveà l’eau froide, on fait subir un second lessivage de3 heures, on lave derechef, puis on fait une immer-sion de 6 à '12 heures dans un bain de chlorure dechaux d’une densité de 1,025. On lave à l’eau froide, eton laisse digérer pendant une heure dans un. bain d’a-cide sulfurique étendu, ayant une densité de 1,0-175.On lave à l’eau avec soin, on donne un lessivaged’une demi-heure avec 1 k ,12 de potasse et 0 k , ( J0 desavon mou, on lave à l’eau pure, on fait une immersionde 6 heures dans un bain de chlorure de chaux d’unedensité de 1 ,015, On lave à l’eau, on passe dans un baind’acide sulfurique étendu d’une densité de 1,015, etenfin on termine par un lavage à l’eau très soigné.Pour les tissus plus épais, on doit leur faire subir ensus un troisième lessivage, suivi d’une immersion dansle bain de chlore, puis dans l’acide sulfurique étendu.
Lorsque dans le lessivage qui suit la fermentationon remplace la potasse par de la chaux, le remplace-ment se fait poids pour poids, seulement l’opération nedure qu’un quart d’heure, parce qu’un plus long séjourdans le lait de chaux altérerait le tissu.
On a adopté tout dernièrement dans rétablissementci-dessus le procédé suivant, qui fournit les blancs lesplus parfaits qui arrivent sur la place de Londres :
La chaux est rarement employée dans le blanchi-ment des mousselinesde première qualité, parce qu'on a
remarqué qu’elle altérait leur tissu, et que plus tardles couleurs ne se fixaient pas d’une manière solide surles mousselines blanchies à la chaux. On la remplacepar une lessive caustique formée en faisant bouillir, pen-dant une heure, dans de l’eau, des poids égaux de soudedu commerce et de chaux, et décantant; on n’ajoutepas de savon à la soude, comme cela a lieu pour lapotasse.
Les jaconas et les mousselines sont lavés à lu fin dublanchiment dans de l’eau de source, contenant un peudo bleu d’azur, qui leur donne une teinte agréable àl’œil. Si ce sont des tissus communs, on y ajoute unpeu d’empois dissous dans de l’eau bouillante. Ils sontensuite tordus ou pressés, passés à la machine à éten-dre que nous avons décrite, puis enroulés sur un cy-lindre d’étain chauffé à la vapeur qui les sèche com-plètement dans l’espace d’un quart d’heure. Il ne resteplus qu'à les dérouler, à les plier et à les comprimer àla presse hydraulique, pour qu’elles soient propres à lavente. Les frais de blanchiment et d’apprêt sont payésà raison de 0 f ,60 e à 0 f ,90 c par pièce de 11 mètres delongueur.
L’organdi est tordu ou pressé après le dernier la-vage, porté au séchoir, puis empesé avec un apprêtque l’on prépare en faisant bouillir 1 k ,20 d’amidon avec20 litres d’eau, et y ajoutant ensuite 500 grammes debleu d’azur. On le tord, on le porte quelque tempsdans un étuve chauffée à43°, où onletravaillejusqu’àceque l’apprêt l’ait bien également pénétré; on l’étendensuite dans une chambre froide, et on le porte enfinau séchoir, où on l’étire pendant le séchage dans lesens de la largeur, ce qui lui donne une sorte d’élasti-cité. Le blanchiment et l’apprêt réunis d’une pièce de11 mètres d’organdi se payent de 0 f ,90 e à 1 f ,50 c .
Lorsque l’étoffe est en partie tissée avec des fils préa-lablement teints en rouge d’Andrinoplc, ou en bleu parl’indigo, le blanchiment, ou plutôt le blanchissage, enexige beaucoup de soin. On commence par la faire dé-gorger dans de l’eau de source; on fait bouillir avecprécaution dans de l’eau de savon, et, après un nou-veau lavage à l’eau fraîche, on les immerge dans unedissolution convenablement étendue do chlorure de po-tasse (voyez chlorures décolorants); on répète cesopérations jusqu’à ce que l’on ait obtenu un blanchis-sage suffisant; enfin on passe l’étoffe dans un baind’acide sulfurique étendu qui, si l’on a opéré avec soin,avive les couleurs, et on termine par un lavage à grandeeau.
Les guingamps qui sont tissés avec des fils préala-blement blanchis, sont simplement débarrassés du pare-ment ou parou par un lavage à grande eau, bouillispendant peu de temps avec de l’eau de savon, rincés àl’eau, passés dans un bain d’acide sulfurique étendu etlavés à grande eau.
Outre les procédés de blanchiment que nous venonsde décrire, on a imaginé d’imprégner les tissus d’unedissolution alcaline caustique d’une densité de 1,02 ,puis, après les avoir laissés égoutter, de les placer sur ledouble fond à jour d’une chaudière, à travers lequel onfait arriver de la vapeur d’eau, après avoir assujetti, aumoyen de vis et d’écrous, le couvercle supérieur qui seferme hermétiquement. Ce procédé a été depuis en-tièrement abandonné en Angleterre.
Il nous reste à parler des taches graisseuses que l’ontrouve souvent sur les tissus de coton, taches qu’il esttrès difficile de faire disparaître dans l’opération dublanchiment, et qui produisent un effet très désagréable,surtout dans les étoffes teintes en rouge par la garanceou en bleu par l’indigo. Les fils de la chaîne sont souventde mauvaise qualité, ou tellement fins, qu’ils peuventà peine supporter la traction des lisses ou le frottementde la navette, surtout lorsque le parou en séchant estdevenu roidc et cassant ; le tisserand cherche alors à