BLANCHIMENT.
BLANCHIMENT.
au moins en fermant toutes les issues du fourneau ;par ce moyen, le bain est tenu très chaud, sans cepen-dant atteindre à l'ébullition, ce qui est un point essen-tiel , car on s’exposerait à attaquer la soie, et nonseulement en dissoudre une portion , mais encore lapriver de son lustre; on y plonge alors les éclic-vcaux de soie enfilés sur des perches ou lissoirs disposéshorizontalement au-dessus de la chaudière ; la partieimmergée dans le bain se dégorge peu à peu, le verniset la matière colorante se dissolvent, et la soie prendla blancheur et la souplesse qui lui sont naturelles.Lorsqu’on est arrivé à ce point, on tourne les éche-veaux sur les lissoirs, de manière à ce que la partieprimitivement hors du bain y soit trempée à son tour;dès que le tout est parfaitement dégommé, on retireles échcveaux du bain ; on les tord à la cheville, onles dresse, et on procède à l’opération suivante :
*2° Cuite. On a des sacs en canevas grossiers appe-lés poches, dans chacun desquels on renferme environ12 à 1o kilog. de soie dégommée, et on les place dansun bain semblable au précédent, mais qui renfermeune moindre quantité de savon, de sorte que l’on peutsans inconvénient le porter à l’ébullition. On la sou-tient pendant une heure et demie, en ayant soin deremuer souvent les sacs, dans la crainte que ceux qu’onlaisserait séjourner sur le fond de la chaudière ne su-bissent une trop forte chaleur.
La soie perd dans ces deux opérations environ 25p. 100 de son poids.
3 U Enlin la troisième et dernière opération du dé-creusage a pour but de donner a la soie une légèreteinte qui en rende le blanc plus agréable et mieuxapproprié à l’usage que l’on en veut faire. Ainsi l’ondistingue" le blanc de Chine , qui a un léger reflet rou-geâtre, le blanc azuré et le blanc de fil. Tour produireces diverses nuances, on commence par préparer uneeau de savon assez concentrée pour qu’elle deviennemousseuse par l’agitation ; on y ajoute ensuite, pour leblanc de Chine , un peu de rocou que l’on mélange avecsoin dans la liqueur, et on y passe la soie à plusieursreprises, s’il est nécessaire, jusqu’à ce qu’elle ait acquisla nuance désirée; les autres blancs s’obtiennent' enazurant plus ou moins la soie par l’addition d’une cer-taine quantité d’indigo fin, dans le bain de savon. Danstous les cas, il faut, au sortir du bain, tordre la soie etl’étendre sur des perches pour la faire sécher; on laporte ensuite au soufroir, si elle est destinée à resterblanche.
A Lyon , on ne se sert pas de savon pour la troisièmeopération s après lacutii, on lave la soie, on la soufre,et on l’azure dans de l’eau de source convenablementchargée de bleu.
Quant aux soies destinées à la fabrication des blondeset des gazes, on ne peut les soumettre au décreusageordinaire, parce qu’il est essentiel qu’elles conserventleur roideur naturelle. On choisit à cet effet les soiesécrues de Chine , qui sont d’un très beau blanc, ou lesplus blanches que fournissent les autres pays ; on faittremper, on les rince dans de l’eau claire ou dans unetrès légère dissolution de savon; puis on les tord, onles soufre et on les azuré. Quelquefois on réitère uneseconde fois toute cette série d’opérations.
M. Roard a observé que la soie complètement dé-creusée, perd son moelleux et son lustre lorsqu’on laplonge de nouveau pendant quelque temps dans unbain de savon, ou même seulement dans l’eau bouil-lante ; c’est pour cela qu’on ne peut aluncr la soie dé-creusée à chaud, et qu’elle perd même son lustre lors-qu’on la teint en brun, couleur qui réclame l’emploid’un bain d’eau bouillante. Pour prévenir cet accident,il faut, lorsque les soies doivent plus tard être teintes,employer d’autant moins de savon pour le décreusageque la teinte qu’elles doivent recevoir sera plus foncée.
Selon M. Roard, il faut employer 8 litres d’eau et laquantité correspondante de savon pour décrcuser com-plètement I kilogr. de soie. Les soies écrues dans les-quelles le vernis qui les recouvre a déjà éprouvé quelquealtération, n’acquièrent jamais une blancheur complèteque par l'action de l’acide sulfureux ; l’exposition sur lepré donne aussi de bons résultats, et on dit que les Chi-nois emploient avec avantage ce procédé.
On a essayé de remplacer le savon par le carbonatede soude, qui agit il est vrai plus activement, mais noproduit jamais un blanc aussi parfait. On a aussi es-sayé de blanchir la soie à la vapeur, et on a pris à cesujet, en Angleterre, un brevet dont nous rendronscompte à l’article soie.
Il paraît que les Chinois n’emploient pas de savonpour obtenir ces belles soies blanches qui sont impor-tées en Europe . Michel de Grubbens, qui a résidé long-temps à Canton,.a vu et pratiqué lui-même leur mé-thode, dont il a publié la description dans les Mémoiresde l’Académie de Stockholm pour 1803 ; elle consiste àdécreuser la soie dans un bain composé de : 25 partiesd’eau de source, 6 p. de farine de blé, 5 p. de sel marinet 5 p. d’une espèce particulière de fèves blanches, pluspetites encore que les fèves turques, et préalablementlavées.
Baumé a indiqué un procédé qui consiste à faire ma-cérer pendant 48 heures la soie écrue dans un mélanged’alcool à 36° B. (ayant une densité de 0,837), etd’acide hydrochlorique pur; au bout de ce temps elleest aussi blanche que possible, et possède un éclat etun moelleux remarquables. La perte en poids danscette opération n’est que de ce qui prouve quo lamatière colorante seule a été attaquée et dissoute. Ceprocédé paraît n’être pas passé dans la pratique en grandà cause delà dépense qu’il occasionne; on pourrait re-couvrer une partie de l’alcool en saturant dans l’eaumère l’acide hydrochlorique avec delà craie, et soumet-tant ensuite à la distillation. Voy. teinture sur soie.
blanchiment de la laine. La laine est recou-verte, comme la soie, d’un enduit particulier qui portele nom de suint ( angl . yolk) ; c’est une matière grasse,onctueuse, d’une odeur forte, dont il faut probable-ment rechercher l’origine dans la transpiration cutanéedes moutons, mais qui a dû subir, par l’action desagents extérieurs, une série de modifications qui oiitaltéré sa constitution. Il résulte des expériences de Vau-quelin, que le suint se composede plusieurs substances,savoir : 1 U d’un savon à base de potasse, qui en consti-tue la majeure partie; 2° d’une quantité notable d’acé-tate de potasse ; 3° d’une petite quantité de carbonatede potasse et d’une trace de chlorure de potassium ;4" d’un peu de chaux à l’état de combinaison non déter-minée; 5" d’un acide gras particulier; et enfin 6° d’unesubstance animale à laquelle il doit son odeur. Outreces éléments constitutifs du suint, on rencontre aussiaccidentellement dans la laine brute, diverses autresmatières, telles que des poussières, etc.
La proportion de suint est variable, suivant la naturede la laine ; mais en général elle est plus abondantedans la plus belle. La perte, dans le désuintage, est de45 p. 100 en poids pour les laines les plus fines, et seulement de 36 p. 100 pour les laines grossières.
Le suint, en raison de sa nature savonneuse, se dis-sout pi*omptement dans l’eau, à l’exception d’un peu dematière graisseuse qui est libre, mais qui se détacheégalement et reste en suspension dans la liqueur.-Ilsemblerait, d’après cela, suffisant de soumettre les lai-nes à un simple lavage à l’eau courante ; mais l’expé-rience a démontré que cette méthode ne réussit jamai saussi bien que celle généralement adoptée, et qui con-siste à laisser les laines dégorger pendant quelque tempsdans une petite quantité d’eau tiède ordinaire, ou mêlée