BLANCHISSAGE.
BLANCHISSAGE.
d’un quart d’urine putréfiée; 15 à 20 minutes suffisentdans ce dernier cas, si l’on a eu soin de chauffer lel>ain à une chaleur telle que la main puisse à peine lasupporter; on agite fréquemment les laines avec uneperche, on les enlève au bout du temps indiqué, on lesfait égoutter, et on les place ensuite dans de grandescorbeilles, afin de pouvoir les rincer complètement dansl’eau courante.
On admet généralement que l’urine putréfiée agit surle suint par rammoniaque qu’elle renferme, et qui serta saponifier l’excès de matière graisseuse qui n’est pascombinée avec la potasse. L’urine fraîche ne peut êtreemployée parce qu’elle contient un acide libre qui endécomposant le savon que renferme le suint contrarie-rait l’opération du désuintage.
Si les laines sont mieux désuintées dans une petitequantité d’eau que dans l’eau courante, comme le dé-montre l’expérience, cela tient à la nature même dusuint qui, en dissolution concentrée, agit comme un vé-ritable savon, et contribue ainsi à enlever les particulesgraisseuses qui adhèrent aux filaments. On doit aussiremarquer qu’un trop long séjour de la laine dans unbain qui s’est chargé de suint, et qui renferme de l’u-rine putréfiée, altère sa qualité en faisant gonfler etmeme fendre ses filaments; on dit alors que la laine aperdu son nerf. Une chose également essentielle à obser-ver, c’est de ne jamais travailler la laine dans le bain aupoint d'en déterminer le feutrage, ce qui rendrait extrê-mement difficiles le eardage et le filage subséquents; àcet effet, il faut se borner à faire tourner lentement lalaine dans le bain, ou à la fouler modérément sous lespieds.
L’eau bouillante'pouvant altérer la laine, il est detoute nécessité de ne jamais amener la température dubain de désuintage à un point voisin de l’ébullition, nimême en réalité, au-dessus de 60° centigrades.
Quelques auteurs recommandent d’employer pour ledésuintage, des bains de savon ou des lessives alcalines ;mais jusqu’ici on a toujours préféré suivre l’ancienneméthode, qui est la plus économique et qui donne desrésultats satisfaisants.
Lorsque le lavage est opéré, les laines qui doiventrester blanches sont traitées par l’acide sulfureux, li-quide ou gazeux, comme nous l’indiquerons au motsoufrage. L’exposition sur le pré peut aussi contri-buer très efficacement au blanchiment delà laine. Quel-ques personnes, excitées par la cupidité, trempent leslaines dans du lait de beurre ou dans de l’eau de craieavant de les livrer au commerce; par cette fraude blâ-mable, ellesen accroissent lablancheur et en augmententconsidérablement le poids.
On blanchit la laine tantôt en toison, tantôt lors-qu’elle a déjà été filée; cette dernière est toujours d’unplus beau blanc. On a remarqué que la laine de certai-nes parties de la toison, et particulièrement celles desaînés sc blanchissait beaucoup plus difficilement que lereste.
Après le soufrage la laine est roide et dure au tou-cher; on lui rend sa douceur et sa souplesse primitivespar un très léger bain de savon.
BLANCHISSAGE. Les opérations du blanchissagesont tout à fait semblables à celles du lessivage des tis-sus destinés au blanchiment. Nous les rapporterons ce-pendant avec quelques détails, ce qui nous fourniral’occasion de décrire les appareils dits à circulation deM. René Duvoir, les plus parfaits qui aient été imagi-nés, et qui sont un notable progrès sur ceux décritsci-dessus. Nous emprunterons cette description à l’inté-ressante notice que cet ingénieux inventeur a dernière-ment insérée dans la Hevue de l’Architecture et des Tra-vaux publics.
Le blanchissage, comme on sait, consiste en neufopérations principales :
1° Le triage, opération qui a pour but de distribue)*le linge à blanchir en plusieurs tas, suivant son degréde finesse et de saleté ;
2" Le trempage, ou première imbibition d’eau froideque l’on fait ordinairement subir au linge dans des ba-quets ;
3° Vessangcage, ou lavage du linge aussi dans l'eaufroide, pour enlever le plus gros de la malpropreté.Cette opération, faite presque toujours d’une manièrebrutale au moyen de battes en bois, est souvent nuisibleau linge ;
4° Le coulage, qui consiste à faire passer à travers lelinge une dissolution alcaline de soude ou de potasse ;les cendres de bois servent aussi à cet usage. (Cettedissolution doit être presque à l’état d’ébullition pourque son effet soit complet). C’est là l’opération capitaledu blanchissage ;
5" Le savonnage, dont le but est d’enlever complète-ment les taches qui auraient résisté aux opérations pré-cédentes :
C" Le rinçage, complément du savonnage pour enleverl’eau de savon ;
7° L 'égouttage, dont le nom indique assez l’objet*,
8" Le séchage, qui doit compléter l’évaporation del’eau contenue dans le linge ;
9° Enfin le pliage et le repassage , auquel se rattachele raccommodage des accrocs faits au linge.
La plus importante de ces opérations est la qua-trième ; c’est l’appareil destiné à la faire que nous allonsdécrire en détail. Les autres, sauf la huitième, étantfaites manuellement, par suite de leur nature même, onne peut rendre le travail le plus productif possible quepar une bonne disposition des appareils, et en les faisantse succéder dans l’ordic des opérations afin d’éviter touttransport inutile.
Quant à l’opération du séchage, elle se fait soit à l’airlibre, soit au moyen du séchoir (voir ce mot).
Nouvel appareil de lessivage par circulation. — Lecoulage des lessives, tel qu’il est fait ordinairement,présente de graves inconvénients : dans ce système, onfait chauffer la lessive dans une chaudière on fonte, entôle ou en cuivre, placée clans un massif de maçonnerieau-dessus d’un foyer alimenté par du bois ou du char-bon ; un robinet adapté à la partie inférieure de la chau-dière sert à faire couler la lessive,, arrivée à l’état d’é-bullition, dans des seaux que l’on vide ensuite dans lecuvier où sc trouve le linge déjà trempé. Ce cuvier, toutà fait indépendant de la chaudière, placé à un niveausupérieur, est recouvert d’une toile grossière ou charriersur laquelle on place de la cendre de bois.
L’eau chaude, versée sur la cendre, s’empare peu àpeu des sels solubles que celle-ci renferme et forme unedissolution alcaline qu’on nomme lessive , et qui n’agitcomme moyen de blanchiment, que par le carbonate depotasse qu’elle contient. On forme souvent et avecavantage la lessive, en mettant avec l’eau dans la chau-dière une quantité déterminée de sel de soude ou de po-tasse pour donner à l’eau le même degré alcalimétrique.La lessive filtre à travers la toile et tombe sur le linge,qu’elle traverse avant d’arriver au fond du cuvier. Unrobinet placé en bas du cuvier lui donne issue sur unconduit en bois ou en tôle qui la verse dans la chau-dière, où elle entre de nouveau en ébullition pour êtrereversée ensuite dans le cuvier. Quelquefois la chaudièren’est pas même munie d’un robinet, et il faut puiser lalessive à la main.
Ce système grossier présente les inconvénients sui-vants :
La vapeur qui se dégage de la lessive pendant letransvasement emplit la pièce destinée à ce service,obscurcit l’air, se condense sur les plafonds et sur lesmurs, qu’elle détériore, et occasionne uno perte dechaleur, et par suite de combustible, qui devient con*