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BLEU DE PRUSSE .

BLEU DE PRUSSE .

h, la voûte qui recouvre le fourneau ; et o, le rampantqui conduit les produits de la combustion dans la che-minée.

On remplit environ à moitié la cornue avec le mé-lange ci-dessus, et ou commence à la chauffer graduel-lement en chargeant du combustible sur lu grille.Aussitôt que la cornue est arrivée au rouge, on enferme le col avec la plaque i, et on entretient seu-lement le feu de manière à maintenir cette tempéra-ture ; de quart d’heure en quart d’heure, on enlève uninstant la plaque i, pour brasser rapidement la massepâteuse avec un ringard en fer. Pendant l’opération, ilse dégage des gaz combustibles, qui viennent s’en-flammer à la bouche de la cornue chaque fois qu’onl’ouvre. La quantité de ces gaz diminue à mesureque l’opération avance, et l’on peut regarder celle-cicomme terminée lorsque toute flamme a disparu. Lapremière opération dure en tout environ 12 heures, ycompris le temps nécessaire pour réchauffement dufourneau et de la mouflle ; les opérations suivantes,dans lesquelles on introduit le mélange dans la cornuedéjà portée au rouge, ne durent que 8 heures. Un in-convénient qu’on n’a pu surmonter jusqu’ici, et quiaugmente considérablement le prix du prussiate depotasse, tient à ce que lo fer nécessaire à sa prépara-tion doit être fourni par les parois memes de la cornue ;la fonte se dissout surtout dans la partie inférieure dela cornue et d'une manière souvent inégale, et bientôtla paroi se trouve percée d’outre en outre en certainspoints. On est donc obligé de donner aux parois de lacornue une épaisseur considérable, de 3 à o centim.,et par suite, pour produire à l’intérieur une tempéra-ture convenable, de chauffer le fourneau au rouge vif,ce qui détériore et brûle rapidement la paroi exté-rieure de la cornue. On a essayé d’ajouter directementau mélange de charbon animal et de potasse, du fertrès divisé en limaille ou en tournures, mais les résul-tats ne paraissent pas avoir répondu d’une manière sa-tisfaisante à ce qu’on espérait. Lorsqu’il se manifesteun trou à la partie inférieure de la cornue, ou lui faitfaire une demi-révolution sur son axe, on bouche letrou avec un morceau de tôle que l’on lute avec dumastic de fer, et ainsi réparée, la cornue peut servirencore a une nouvelle série de fontes.

L’opération terminée, on puise la matière avec unecuillère en fer, et on la verse dans une caisse en tôleque l’on ferme ensuite, et où on la laisse refroidir ;lorsque la masse est suffisamment refroidie, on la lavoà l’eau bouillante jusqu’à épuisement. Les eaux de la-vage sont filtrées dans une chausse en laine, et la dis-solution jaune et claire qui passe au travers du filtreest, soit employée immédiatement pour la fabricationdu bleu de Prusse , soit concentrée à un degré conve-nable dans des chaudières en tôle, puis versée dans descristallisoirs en bois. Le prussiate jaune que l’on ob-tient ainsi doit encore être purifié par une ou deuxcristallisations subséquentes avant d’être livré au com-

merce. Par suite de la grande solubilité du prussiatede potasse, les eaux-mères en renferment encore unequantité très notable, et en outre des carbonate, phos-phate et sulfate de potasse, et des chlorure, sulfure etsulfo-cyanure de potassium; on les emploie immédia-tement à la préparation d’une qualité inférieure de bleude Prusse , ou bien, ou les concentre par évaporationpour en retirer du prussiate de potasse impur.

Voici la théorie de cette fabrication :

Le charbon animal consiste essentiellement en car-bone, et renferme en outre une quantité assez faibled’azote; lorsqu’on le chauffe seul, il n’éprouve aucunealtération ; mais lorsqu'on le mélange avec de la po-tasse et qu’on chauffe le tout au rouge, l'affinité dol’alcali pour le cyanogène détermine la formation docelui-ci au moyeu de l’azote et d’une partie du car-bone renfermés dans le charbon animal. Lorsque, ou-tre la potasse, il entre du fer dans le mélange, il seforme également du cyanure de fer qui, ayant unetrès grande affinité pour le cyanure de potassium, secombine avec lui pour former un cyanure double quiest le prussiate de potasse. Presque toujours, surtoutsi l’on a arrêté l’opération un peu trop tôt, il ne seforme pas une quantité de cyanure de fer suffisantepour saturer tout le cyanure de potassium qui se trouvealors en excès dans la masse, et passe dans les eauxde lavage. Pour transformer le cyanure de potassiumen excès, en cyano-ferrure de potassium ou prussiatejaune, avant de faire cristalliser la dissolution, on yverse du sulfate de protoxyde de fer (vitriol vert) endissolution, jusqu’à ce qu’il commence à se former unprécipité blanc ou bleuâtre et persistant; dans cetteréaction, une partie du cyanure de potassium est dé-composé , il so forme du sulfate de potasse d’une part,et de l’autre du cyanure de fer, qui se combine avec lecyanure de potassium non décomposé, pour former unenouvelle quantité de prussiate jaune.

Préparation du. bleu de Prusse . Nous avons déjà donnéplus haut la théorie de fabrication du bleu de Prusse ;il ne nous reste qu’à entrer à ce sujet dans quelquesdétails pratiques.

On distingue les bleus purs ou bleus de Paris f et lesbleus mélangés d’alumine ou bleus de Berlin . Le choixdes matières premières de la fabrication dépend naturel-lement de la beauté et du prix des objets que l’on veutfabriquer; pour les sortes les plus lines, on emploie duprussiate de potasse, purifié par une ou plusieurs cristalli-sations successives; pour les bleus communs, on se sertpresque toujours de la dissolution brute de prussiate dopotasse; enfin, pour les variétés inférieures, on emploiemême les eaux-mères de la fabrication du prussiatecristallisé.

Le sel de fer, presque exclusivement employé, est lesulfate de protoxyde de fer ; il ne doit pas contenir decuivre, lequel donnerait lieu à un précipité brun rou-geâtre qui altérerait sensiblement la couleur du bleu dePrusse ; on reconnaît la présence du cuivre en dissol-vant un peu du sulfate à essayer dans de l’eau, acidu-laut la liqueur avec de l’acide sulfurique et y plongeantune lame de fer bien décapée: s’il y a du cuivre dansle sulfate, il sera réduit, et viendra former un enduitrouge et métallique sur la surface de la lame de fer.On peut bien purifier le sulfate cuprifère et en préci-piter tout le cuivre, en le dissolvant dans l’eau et lefaisant bouillir pendant quelque temps avec un peu d’a-cide sulfurique et de la tournure de fer ou de la vieilleferraille; mais ce procédé ne laisse pas que d’entraînerdans des frais assez coûteux, et il vaut mieux danstous les cas se procurer dans le commerce du sulfatede fer exempt de cuivre, ce qui n’offre pas beaucoupde difficultés. Avant d’employer ce sulfate, ou le laisseexposé à l’air jusqu’à ce qu’il ait pris extérieurementune couleur brun jaunâtre. Il conviendrait peut-être