ROIS.
même d’employer, pour la préparation des bleus les pluslins, du nitrate de peroxyde ae fer, qui fournit un bleud’une beauté telle, que les frais qu’entraînerait sonemploi seraient compensés et au-delà par la qualité duproduit obtenu.
La dissolution brute de prussiate dépotasse, et meme leprussiate puritié par une seule cristallisation, renfermentencore, comme nous l’avons fait remarquer, plus oumoins de carbonate de potasse, de sorte, qu’outre le bleude Prusse , il se précipite en même temps de l’oxyde jaunede fer qui en altère la teinte ; pour prévenir cet inconvé-nient, on neutralise le carbonate de potasse par de l’acidesulfurique que l’on ajoute, soit à la dissolution de prus-siate de potasse, soit à celle de sulfate de fer. Dans lafabrication des bleus de Berlin communs, on neutra-lise le carbonate de potasse par de l’alun; il en résulteun précipité d'alumine qui se mélange intimement avecle bleu de Prusse , et en augmente beaucoup le poidssans en diminuer notablement la teinte, lorsque la quan-tité n’eu est pas très considérable. À cet effet, on dis-sout la quantité d’alun nécessaire, préalablement déter-minée par expérience, dans la dissolution de sulfate de1er, puis on verse le tout peu à peu, et en ayant soind’agiter continuellement, dans la dissolution de prus-siate de potasse, ce qui donne lieu à la formation d’unprécipité d’un bleu plus ou moins foncé qui ne tardepas à se déposer. On décante le liquide surnageant, on leremplace par de l’eau pure, on agite pour mettre denouveau le précipité en suspension, on laisse déposerde nouveau, on décante, et on continue ainsi à laverpendant longtemps par décantation, afin d’enlever lesmatières solubles et de foncer la couleur du bleu,comme nous l'avons expliqué au commencement decet article, par l’absorption de l’oxygène dissous dansl’eau ; on jette ensuite le résidu du lavage sur deschausses en toile où on le laisse égoutter, on le com-prime modérément, et on le divise en petits pains quel’on laisse sécher à l’ombre.
Comme le bleu de Prusse une fois desséché est dif-ficile à réduire de nouveau à l'état d’extrême divisionqu’il possédait étant humide, il est souvent vendu etemployé en pâte (c’est-à-dire non desséché), surtoutpour les fabriques de papiers peints, etc.
Nous avons donné plus haut les caractères du bleude Prusse pur; les bleus qui contiennent l’alumine pré-sentent par lo frottement d’autant moins d’éclat cuivréqu’ils en renferment en une plus grande quantité.
Le bleu de Prusse est employé dans la peinture àl’aquarelle, mais non dans la peinture à l’huile. Pourson emploi dans la teinture, voyez les articlesimpression sur étoffes et teinture.
MM. Stéphen et Nax de Londres ont pris en Angle-terre un brevet (en -1837), pour un procédé qui leurpermet de dissoudre le bleu de Prusse , de sorte quel’on peut non plus 'seulement l’appliquer par impres-sion , mais encore l’employer en dissolution comme laplupart des autres matières colorantes, ce qui eu étendconsidérablement l’application.
Ce procédé consiste d’abord à faire digérer le bleu dePrusse du commerce, pendant 24 à 48 heures, avecde l’acide hydrochlorique concentré ou de l’acide sul-furique au maximum de concentration que l’on doitétendre, après le mélange, de son poids d’eau ; on laveensuite soigneusement, avec de l’eau pure, par décan-tation, afin d’enlever tout l’acide, on jette sur un filtreoit on termine le lavage, on dessèche le résidu, on lebroie avec de l’acide oxalique, et Je mélange est so-luble dans l’eau.
L'insuffisance de la description du procédé dans lapatente, ainsi que le manque de détails sur les quan-tités de matières à employer, et les précautions à suivredaus la manipulation , ont déterminé dernièrement
M. Karmarsch à faire à ce sujet une série d’e'xpéricnccsdont voici les résultats principaux.
1° Lu traitement préalable du bleu de Prusse , par lesacides hydrochlorique ou sulfurique, offre l’avantage :
a. Qu’il est nécessaire d’employer, pour rendre lebleu soluble, une beaucoup moindre quantité d’acideoxalique ;
b. Que la dissolution de bleu de Prusse peut se con-server longtemps sans déposer aucun précipité, ce quiarrive infailliblement lorsqu’on ne fait pas subir aubleu ce traitement préalable;
c. Enfin, qu’il faut une moindre quantité d’eau pourdissoudre le bleu, ce qui permet d’obtenir une dissolu-tion plus concentrée.
2" La quantité d’acide oxalique nécessaire pour dé-terminer la dissolution du bleu de Prusse est faible ;
| un excès de cet acide, loin d’augmenter la solubilité duj bleu dans l’eau, la diminue.
| 3 U La combinaison de bleu de Prusse et d’acide oxa-: lique n’est pas soluble en toutes proportions dans l’eau,et lorsqu’il n’y a pas assez d’eau, une partie reste,sans se dissoudre, sous la forme de boue d’un bleufoncé.
4" Les proportions les plus convenables pour obtenirun bleu soluble en dissolution concentrée, susceptibled’être filtrée sans résidu et de se conserver longtempssans donner lieu à aucun dépôt, sont : 8 parties de bleude Prusse traité par l’acide sulfurique, puis bien broyéavec 1 p. d’acide oxalique, et dissous dans 256 p.d’eau. Voyez prussiate.
BLEU DE TOURNESOL. Vovez tournesol.
BLEU D’INDIGO. Voyez indigo.
BLEU D’OUTREMER. Voyez outremer.
BLEU RAIMOND. Voyez teinture.
BLUTEAU ou BLUTOIR. Voyez moulins.
BOCAiil). Voyez métallurgie.
BOIS (angl. wood, ail. holz ). On désigne sous ce nomla partie ligneuse des arbres. Le bois est essentiellementcomposé de ligneux, mais il renferme en outre diversessubstances que la sève tient, pour la plus grande partie,en suspension ou en dissolution. Ce sont surtout desmatières gommeuses ou résineuses, l’extractif, et desprincipes colorants. Le bois se conserve indéfinimentdans l’air sec ainsi que lorsqu’il est tenu plongé dansl’eau; mais lorsqu’il est exposé à l’influence alterna-tive ou simultanée de l’air, de l’eau et de la lumière, ils’altère peu à peu en absorbant de l’oxygène et en pro-duisant de l’acide carbonique ; il perd de sa cohésionet finit par se convertir en une poudre grise ou bru-nâtre. Le chlore blanchit le bois sans le dissoudre.L’acide nitrique bouillant et concentré le jaunit, dé-truit sa cohérence, et finit par le convertir en acideoxalique. L’acide hydrochlorique le noircit sans lerendre soluble. L’acide sulfurique concentré et bouil-lant le carbonise également; à froid cet acide con-centré et en excès le transforme en gomme, puis enétendant d’eau et faisant bouillir, la gomme se changeen sucre de raisin. A chaud, une dissolution concen-trée de potasse dissout le bois en formant une liqueurbrune, qui renferme des acides oxalique, acétique etulmique.
: On admet en général que les bois verts renferment
de 0,37 à 0,48 de liquides, suivant qu’ils sont plus ou; moins compactes, et qu'après un an de coupe, ils eni retiennent encore 0,20 à 0,25. Le bois est très hygro-! métrique; on ne peut le dessécher complètement qu’enI le réduisant en copeaux minces, puis l’exposant pen-j dant 24 heures au moins, et jusqu’à ce qu’il commence1 à brunir, dans une étuve sèche, à la température de, 4 20 à 130° centigr. Tous les bois, quels qu’ils soient,j parfaitement desséchés et conservés dans une chambre| sans feu pendant un an, absorbent 0,08 à 0,10 d’eau.
I La plupart des bois sont plus légers que l’eau, mais