BOUGIES.
BOUGIES.
donner une teinte rouge brunâtre, et d’obtenir un pro-duit qui coule très aisément.
Récemment Trischler a recommandé le procédé sui-vant, dans lequel il emploie aussi l’acide sulfurique :on met dans une cuve de bois, doublée en plomb,iUü kilogr. de suif brut concassé, et on l’arrose avecun mélange de 25 kilogr. d’eau et de 4 k ,2o d’acide sul-furique ordinaire, puis on y fait arriver pendant 2 heu-res , eu agitant constamment, un courant de vapeurd’eau produit par une chaudière particulière. On laisseensuite reposer pendant une demi-heure, on enlève lesuif en l’égouttant aussi bien que possible et on letransvase dans une autre cuve, puis on fait écouler leseaux acides et les résidus dans une cuve placée près dela première et à un niveau inférieur. On remet alorsde nouveau le suif dans la première cuve doublée enplomb, on y ajoute le quart de son poids d’eau, et on yfait arriver un courant de vapeur d’eau. 10 minutésaprès que l’eau est entrée en ébullition, on ajoute, par4 00 kilogr. de suif, 1 kilogr. de sel marin, et autant depotasse en dissolution, marquant 5" à l’aréomètre, qu’ilest nécessaire pour neutraliser exactement l’acide li-bre. La réussite de l’opération dépend essentiellementde l’exactitude de la neutralisation, ce à quoi on arriveaisément en s’aidant de papier de tournesol et de cur-cuma ; le premier ne doit plus être rougi et le secondne doit plus passer au brun. Enfin on transvase le suifpurifié dans une chaudière en plomb, chauffée extérieu-rement à la vapeur, et on l’y maintient fondu jusqu’àce que toute l’eau qu’il renfermait se soit évaporée; ilest alors propre à la fabrication.
D’après l’inventeur, ce procédé s’applique avec avan-tage à toutes les graisses, et fournit un suif qui donneimmédiatement des chandelles aussi blanches que cellesobtenues avec du suif ordinaire, et qui ont subi un blan-chiment de trois mois.
Quant aux mèches, elles se font en coton. Elles doi-vent être bien démêlées , légèrement torses et parfai-tement sèches; on les coupe ordinairement de lon-gueur, à la main.
La fabrication des chandelles à la baguette est théo-riquement une opération très simple, qui consiste àplonger, verticalement et à plusieurs reprises, les mè-ches dans le suif fondu, jusqu’à ce que la chandelle aitacquis la grosseur voulue. On donne d’abord aux mèchesla rigidité convenable en les trempant quelques in-stants dans le bain de suif, puis les étendant ou lesroulant entre les mains ou sur une table. Au-dessus dela chaudière où l’on fond le suif est un châssis circu-laire, suspendu à une corde passant sur une poulie fixéeau plafond, et équilibré par un contre-poids qui sert àle manœuvrer ; on y suspend les mèches, et en ap-puyant légèrement sur le châssis, on amène les mèchesa plonger dans le bain de suif fondu à une températureaussi basse que possible ; lorsqu’elles se sont recou-vertes d’une couche ayant une épaisseur suffisante, onlaisse remonter le châssis par l’effet du contre-poids, eton laisse refroidir à l’air les chandelles pendant untemps assez long, pour que, par une nouvelle immer-sion dans le bain, elles puissent se recouvrir d’unenouvelle couche de suif. On continue ainsi jusqu’à ceque les chandelles aient acquis la grosseur voulue.
La fig. 262 représente une disposition un peu diffé-rente adoptée à Edimbourg . Au milieu de l’atelier estplacé un axe vertical AA, mobile autour de deux tou-rillons. Il est percé vers le milieu de sa hauteur de 6 ou-vertures rectangulaires, que traversent autant de barresen bois IL 15,.., mobiles chacune autour d’axes fixés dansl’arbre vertical AA; il résulte de cette disposition 1 2 bras,dont i seulement sont représentés dans la figure. A cha-cun de ces bras sont suspendus, par des tiges verticales,les châssis r, o,.., chacun desquels porte 6 ficellestendues horizontalement; enfin on enfile 18 mèehos sur
chaque ficelle; ce qui fait 4,206 mèches pour toute lama-chine. Quoiqu’il semble un pe i unir , cet appareil sc ma-
nœuvre aisément parun seul ouvrier, qui amène successi-vement les divers châssis au-dessus du bain de suif pourles y plonger. Les 4 2 bras étant d’égale longueur et àpeu près également chargés, se tiennent naturellementdans une position horizontale; cependant, afin de pré-venir toute oscillation pendant la rotation de l’appareil,lesbrasB,B, sont maintenus dans leur position horizon-tale au moyen de petites chaînes a, a, fixées par l’unode leurs extrémités à la partie supérieure de l’axe AA,et se terminant, par l’autre bout, à de petites plaquescarrées en bois b, qui sont engagées dans les encochesmarquées c, sur les bras B, B. Lorsqu’il devient néces-saire d’incliner les bras pour faire plonger les mèchesdans le bain de suif, l’ouvrier appuyant sur le levier I),qui communique par une chaîne avec le petit levier eplacé dans une rainure du bras B, chasse hors de l’en-taille c, la petite pièce de bois carrée dont nous avonsparlé, et rend ain^i au bras la liberté de ses mouve-ments. Lorsque l’ouvrier relève le châssis, la petitepièce de bois est ramenée dans l’encoche c, au moyend’une chaîne g, qui passe sur deux poulies de renvoifixées sur l’arbre B, et est terminée par un contre-poids h. La fabrication marche ainsi d’une manièrecontinue, d’autant plus que le refroidissement des chan-delles est considérablement accéléré pour leur dépla-cement continuel au milieu de l’air qui les entoure. Lenombre de révolutions que doit faire la machine dé-pend évidemment de la grosseur des chandelles à fa-briquer et de la température qui règne dans l’atelier ;lorsque cette température est modérément fraîche, ilsuffit de 2 heures pour préparer les mèches et fabri-quer une charge de chandelles, de sorte que, dans cecas, un seul ouvrier peut, en 1 2 heures de travail, fa-briquer 7,776 chandelles.
La fabrication des chandelles moulées est encore plussimple, s’il est possible, que celle des chandelles à labaguette. Les moules dont on se sert ordinairement,dits en étain, sont composés de 4 p. d'étain et de 2 p.do plomb, et sont formés de deux parties : le corps dumoule, cylindre creux, poli avec soin à l’intérieur etouvert par les deux bouts ; le chapeau du moule, portantune ouverture pour laisser passer la mèche. Ces deuxparties sont soudées ensemble, et présentent alors laforme d’une clmndcllo. 8 à 42 de ces moules, et mêmesouvent beaucoup plus, suivant leurs dimensions, sontfixés verticalement sur la table de coulée, de manière àce que l’extrémité ouverte de ces moules soit placée enliant et au niveau du fond d’un canal pratiqué dans la