BOUGIES.
tubledecouléc. On introduit ensuite les mèches dans lesmoules au moyén d’un iil de fer recourbé en crochet,on les attache par l’un des bouts avec de petits mor-ceaux de fils de 1er qui reposent en travers sur l’ori-fice supérieur du moule -, l’autre bout sortant à la partieinférieure par le trou qui le termine , il est facile, aumoyen d’un petit coin en bois, de maintenir la mèchedans un état de tension convenable.
Alors, après avoir fixé les mèches au milieu desmoules, on fait fondre le suif à une très douce chaleur,on le verse dans un vase en fer blanc muni d’une anseet d'un goulot, et l’on remplit successivement tous lesmoules. Si l’on coulait le suif trop chaud, outre l’in-convénient qu’il aurait de sauter, on 11e pourrait re-tirer les chandelles des moules qu’avec beaucoup dedifficulté. O11 attend toujours avant de couler qu’il sesoit formé une légère pellicule au-dessus du suif enfusion. Aussitôt après la coulée, et avant que le suifne se soit entièrement solidifié, on tire par les deuxbouts, afin de les redresser, les mèches qui se courbentpresque toujours un peu pendant la coulée. O11 laisseensuite la solidification se terminer dans un endroitaussi frais que possible ; on enlève l’excédant de suif àl’aide d’une spatule en bois, puis 011 retire des moulesles bougies qui se sont détachées des parois par suite duretrait dû au refroidissement. Nombre de fabricantsblanchissent leurs chandelles, en les exposant à l’ac-tion réunie de l’air et de la rosée, pendant quelquetemps, avant de les mettre en paquets; cette opérationdevient superflue, dans les grands établissements, lors-que les chandelles sont gardées en magasin pendantquelques mois avant d’être livrées au commerce, ce quidu reste devrait toujours avoir lieu, parce qu’en vieil-lissant elles acquièrent une blancheur suffisante et unequalité supérieure..
L’addition d’une petite quantité de cire au suif aug-mente la consistance de la chandelle en la rendantd’ailleurs d’un usage plus agréable; elle porte alors lenom de chandelle économique. Quelquefois au lieu defondre le suif avec la cire, on fond cette dernière sub-stance à part et on l’introduit dans le moule à chan-delles, qu’on roule horizontalement jusqu’à ce que sesparois en soient partout recouvertes. On remplit le viciea la manière ordinaire par une mèche et du suif fondu,et l’on obtient ainsi une chandelle entièrement revêtuede cire dont l’aspect est agréable et le prix peu élevé.
D’après quelques auteurs, la fécule de marron d’Indeajoutée au suif dans des proportions convenables, don-nerait une chandelle bougie qui réunirait presque toutesles qualités de la cire.
bougjes du cjke. Ces bougies -sont rarement mou-lées , parce que la cire se détache difficilement desmoules, et parce qu’il se forme très aisément des bour-souflures dans l’intérieur de la bougie. Pour la fabri-cation des cierges, on suspend ordinairement les mèchesdans une position verticale, et après avoir ramolli lacire dans de l’eau chaude, on la prend par petites por-tions, et on l’applique sur les mèches que l’on rouleentre les mains. Pour les bougies ordinaires, 011 sus-pend les mèches à un châssis circulaire placé au-dessusd’un bain de cire, fondue dans une chaudière en cuivreétamé, et on verse successivement, à l’aide d’une cuil-lère, la cire fondue au sommet des mèches le long des-quelles elle coule et se solidifie. Lorsque les bougies ontatteint la grosseur voulue, on les enlève et on leurdonne lu régularité convenable en les roulant sur unetable en noyer poli, au moyen d’une planche rectan-gulaire également en noyer poli.
Malgré les difficultés que présente le moulage desbougies de cire, ce procédé 11e doit pas être mis de côtéet a beaucoup d’avenir; comme exemple de ce quenous avançons, nous citerons une fabrique de Berlin ,qui livre au commerce des bougies de cire moulées,
complètement exemptes de défauts, et qui se distin-guent par l’éclat de leur surface et la régularité de leurforme.
BOUGIES DE BLANC DE BALEINE. Le bblUC de bfl-leinc ou spcrmaceti tient le premier rang parmi les di-verses matières employées à la fabrication des bougies,tant à cause de la blancheur et de la transparence qu’ilpossède que par la pureté et l’éclat de la lumière qu’ilproduit. On obtient les plus belles bougies en employantle blanc de baleine raffiné que l’on trouve dans le com-merce en grosses masses parfaitement incolores, à tex-ture cristalline et fortement lamelleuse, et nullementgrasses au toucher. On trouve aussi dans le commerceune seconde sorte de sperinaceti, grasse au toucher, etqui fournit des bougies d’une qualité bien inférieure,que l’on reconnaît aisément à ce qu’elles présententmoins de transparence et une moindre sécheresse autoucher.
La confection des bougies transparentes de blanc debaleine n’offre aucune difficulté , et n’exige qu’unegrande pureté de la part des matières premières, parceque les moindres impuretés deviendraient visibles aumilieu de la masse transparente de la bougie. Si l’onemployait le blanc de baleine pur, on obtiendrait desbougies à texture lamelleuse et très cassantes; ou dé-truit cette texture en ajoutant au blanc de baleine3 p. 100 environ de son poids de cire; il va sans direque l’on doit choisir à cet elfet la plus belle cire qu’onpuisse se procurer. Toutes les bougies de blanc de baleinese font pftr moulage; le blanc de baleine doit être assezchaud pour que les parties qui se sont solidifiées surles parois des moules, lors de la coulée, se liquéfient denouveau, de telle sorte que les moules présentent lemême aspect que s’ils étaient remplis d’eau claire. O11atteint très facilement la température convenable, quel’on détermine au mieux à l’aide d’un thermomètre;l’expérience a démontré que lorsque les moules n’é-taient pas trop froids, une température de 60" C suffi-sait dans lu plupart des cas. Le blanc de baleineéprouve, par le refroidissement, un retrait considé-rable qui produit dans chaque bougie et autour de lamèche un vide qui s’étend quelquefois jusqu’à la moitiéde sa hauteur ; on remplit ultérieurement ce vide en ycoulant du blanc de haleine, puis on achève de laisserrefroidir les bougies, on les retire des moules, et onleur donne le dernier poli, en les roulant entre lesmains, avant de les mettre en paquets.
Si l’on veut obtenir des bougies colorées, on agite leblanc de baleine fondu avec une très faible quantité dematières colorantes broyées à l’huile. Les matières lesplus convenables à employer sont : pour le rouge, lecarmin ; pour le jaune, leolirôrnate de plomb ; et pour lebleu, le bleu de Prusse . La proportion extrêmementminime de ces substances, qu’il suffit d’ajouter à labougie pour lui donner une teinte agréable à l’œil, n’aaucune influence sur la couleur et l’éclat de la lu-mière.
Bougies stéariques. La fabrication de ces bougies,qui a pris dans ces derniers temps une extension con-sidérable, a commencé à Paris , et est due à MM. Gay-Lussac et Cheiriïul, qui prirent aussi à ce sujet un breveten Angleterre, dès le mois de juin l 825. Les différentesopérations en usage pour la fabrication de la bougiestéarique peuvent se subdiviser comme il suit :
1° Saponification, qui consiste à combiner les acidesgras contenus dans le suif avec de la chaux, et à élimi-ner ainsi la glycérine;
2" Pulvérisation des savons de chaux ;
3° Décomposition des savons de chaux par de l’acidesulfurique étendu ;
•l u Lavage des acides stéarique, margarique et oléiquerendus libres, d'abord avec de l’eau légèrement acidu-lée, puisa l’eau pure;