Band 
A-F.
JPEG-Download
 

BOUTONS.

BOUTONS.

Les boutons en laiton et en cuivre dorés se fabriquentcomme il suit : on réduit d’abord le cuivre, le laitonou le tombac, au laminoir, en feuilles d'une épaisseurconvenable. On découpe dans ces feuilles à l’emporte-pièce des rondelles de la grosseur des boutons que l’onveut fabriquer, on recuit ces rondelles pour les adoucir,et, au sortir du four, on les frappe à l’aide de coins,qui impriment sur leur pourtour le nom du fabricantet qui leur donne une forme un peu convexe, afin qu’ilsne s’attachent pas les uns aux autres lors de la dorure.On soude ensuite les anneaux, on polit les boutons surle tour avec un brunissoir d’hématite, et on les décape.

Il ne reste plus qu’à appliquer la dorure : à cet eftèton place dans un vase en terre la quantité d’amalgamed’or nécessaire pour les dorer, et une petite quantitéd’acide nitrique étendu; puis on agite les boutons, àl’aide d’un pinceau rude, jusqu’iwce qu’ils soicut uni-formément recouverts d'une couche d’amalgame. Pourpréparer cet amalgame, on place l’or laminé en feuillesaussi minces que possible dans un creuset de liesse,et on le porte au rouge ; on y ajoute alors huit fois sonpoids de mercure, on laisse encore quelques momentssur le feu jusqu’à ce que tout l’or soit dissous, puison le refroidit brusquement, en le coulant dans l’eau,afin de prévenir la tendance qu’il a à se grumelerlorsqu’on le laisse refroidir lentement. La dorure estnaturellement d’autant plus forte que l’on a employéun amalgame plus riche et en plus grande quantité.On chasse ensuite le mercure des boutons recouvertsd’amalgame, en les chauffant dans une chaudière enfer, travail très dangereux pour les ouvriers qui l'exé-cutent, lorsqu’on ne prend pas de grandes précautionspour les soustraire à l’action des vapeurs mercurielles.Dans la plupart des fabriques de boutons dorés, cesvapeurs passent immédiatement au sortir de la chau-dière dans un large canal horizontal en tôle de fer, quiles conduit dans une haute cheminée d’appel; disposi-tion qui, en produisant un tirage très vif, protège trèsefficacement l’ouvrier, tout en permettant de recueillirla plus grande partie du mercure qui se condense dansle canal en tôle. Au sortir de la chaudière, on lave lesboutons à l’eau, on les sèche et on termine en les po-lissant sur le tour avec un brunissoir d’hématite rouge.

Les boutons plaqués sont découpés à l’emporte-piècedans des feuilles de cuivre plaqué, en ayant soin deplacer le côté de l’argent en dessous. Les bords du coininférieur sont relevés de telle sorte que, dans le décou-page des boutons, les bords se recouvrent d’une légèrepellicule d’argent. On soude après les anneaux avec dela soudure d’argent, au moyen du chalumeau. Ontourne ensuite les boutons sur les bords en ayant soinde ne pas enlever d’argent; puis on les décape sur lerevers, et on les y argente légèrement en les faisantbouillir avec une dissolution de crème de tartre et dechlorure d’argent. Enfin on les termine sur le tour aubrunissoir.

La confection des anneaux forme une partie impor-tante de la fabrication des boutons, et s’exécute ordi-nairement comme il suit : on enroule en spirale serrée,sur le tour autour d’une tige de fer ronde, le fil métal-lique qui doit les former.

La spirale obtenue (fig. 280 ) ayant reçu un double

280.

mandrin C, est mise sur l’enclume, puis est frappéeavec une sorte d’emporte-pièce, de manière à se mou-ler sur le mandrin et à prendre la forme D. L’emporte-pièce oorte un tranchant qui marque le milieu d ; il est

alors facile, au moyen de forts ciseaux, de couperchaque tour de spirale, qui est ainsi converti en deuxanneaux parfaits de bouton.

Chaque anneau est soudé séparément au bouton, aumoyen de la lampe et du chalumeau; on emploie d’ha-bitude la soudure d’argent.

Il nous reste à dire un mot des boutons portant desreliefs, tels que ceux pour livrées, lorsqu’on ne les fa-brique par moulage et qu'ils doivent avoir un certainvolume.

Pour garnir en enivre doré ou argenté le devant dubouton déjà formé d’une plaque de métal à laquelle ona soudé un anneau, on prend une plaque mince doréeou argentée, on en enlève au découpoir des cercles dedeux ou trois millimètres plus grands que le moule;on met celui-ci sur le tour en l’air, en l’y fixant parl’anneau qu’il porte; et alors, avec un brunissoir quel’on pousse contre la partie du cercle mince qui excèdele moule, on sertit la plaque sur ce dernier, et le bou-ton est fini.

Lesboutonsmilitaircs et ceux pour livrée, qui doiventporter des légendes, des chiffres ou des armoiries enrelief, présentent quelques différences dans leur con-fection. Avant d’appliquer ou de sertir sur le moule lespetits cercles qui doivent les recouvrir, on les graveavec un balancier analogue à ceux qu’on emploie pourfrapper la monnaie. On a deux coins qui se correspon-dent ; l'intérieur est gravé en creux, le supérieur estgravé en relief. La plaque ronde entre juste dans uncreux circulaire, et en meme temps que le balancier yimprime la gravure, il relève à angles droits le bord dela plaque, en forme de petite écuclle, dans laquelle ilne reste plus qu’à sertir le moule comme ci-dessus.

Doutons à vis. Nous ne parlerons que pour mémoired’un genre de boutons qui a été tenté il y a quelquesannées, et qui consistait dans une espèce de doublerondelle, dont l’unc formait écrou sur la tige soudée à1 autre rondelle, tige filetée en vis. Ces boutons avaientl’avantage de s’adapter à l’étoffe sans couture ; il suf-fisait de percer un trou dans l’étoffe pour passer la tigeet visser l’écrou. C’était à peu près le seul avantagequ ils pussent offrir, aussi ne les rencontre-t-on plusnulle part aujourd’hui.

Doutons semi-métalliques. Une nouvelle fabricationde boutons, que nous appellerons semi-métalliques, estcelle qui consiste à serrer fortement une rondelle deforte toile cutre deux rondelles métalliques. La rondclle supérieure, d’un diamètre un peu plus grand quela rondelle inférieure, est sertie sur celle-ci, de tellesorte que la toile reste fortement pressée.

Les deux rondelles métalliques sont percées à leurcentre, de telle sorte que le tailleur traverse avec sonaiguille, coud la toile, et par suite attache le bouton àl’étoffe avec la plus grande facilité.

Doutons en pâte céramique. Une curieuse industrie estnée dans ces dernières années, nous voulons parler desboutons fabriqués en matières analogues à la pâte deporcelaine. Cette invention est très heureuse, car lespetits boutons surtout ont une résistance au moins égaleà celle des boutons en os et peuvent être obtenus à desprix bien inférieurs. C’est vers 18i0 que M. Prosser,le premier inventeur, en dota l’Angleterre.

Dans le procédé Prosser , la pâte, formée générale-ment d’éléments fusibles, tels que le feldspath et lephosphate de chaux, afin de donner au bouton cuitune translucidité suffisante, était moulée tout à faitsèche. On lui donnait le liant indispensable pour lemoulage et le maniement des boutons moulés, à l’aided’un corps gras chauffé à une douce chaleur avec lapâte. La poudre préparée était moulée à l'aide de pe-tites machines à balancier qui frappaient les boutonsun à un. Après le moulage, ils étaieut placés à la mainsur des rondeaux en terre cuite, et encastés dans