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A-F.
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ROUTONS.

BOYAUDERIE.

des manchons que Ton superposait dans les fours oùTon cuit la porcelaine tendre à la manière anglaise. Lacuisson s’opérait, dans ces fours, à feu intermittent, dola mémo manière que celle des porcelaines, qu’on yplaçait en même temps.

Ces procédés ont été améliorés, et la productionamenée à un degré fabuleux de bon marché par un fa-bricant français , M. Bapterossc. Le point de départ deses procédés consiste en une presse pouvant monter500 boutons à la fois.

Donnons quelques détails sur ses procédés, détailsque nous empruntons au rapport fuit par M. Ebelmen à la Société d’encouragement.

M. Bapterosse fabrique deux qualités de boutons :les boutons dits agate et les boutons strass.

La pâte à boutons agate est composée de feldspathlavé aux acides pour le débarrasser de l’oxyde de fer,et d’une petite proportion de phosphate de chaux. Lapute des boutons strass est composée de feldspath pur;une petite quantité de lait mélangée à la pâte luidonne le liant nécessaire pour qu’elle puisse sc mouleraprès une dessiccation convenable.

Une seule presse peut, comme nous l’avons dit,mouler jusqu’à 500 boutons à la fois , et l’ouvrier quila dirige peut frapper, en moyenne, deux ou trois coupspar minute. En tombant de la presse, les boutonsviennent se ranger sur une feuille de papier maintenuepar un cadre rectangulaire en fer.

Les fours qui servent à la cuisson des boutons sontronds ou rectangulaires ; mais le principe de leur con-struction est le meme. Le foyer est central, commedans les fours à cristal. Un certain nombre d’archesse partagent l’espace à l’entour du foyer, et chacuned’elles reçoit six ou sept mouffles superposées. Laflamme s’élève du foyer jusqu’à la voûte du four, pourredescendre dans chacune des arches, et en circulanttout à l’entour des moufles jusqu’à des carneaux placésà la partie inférieure, et qui vont se réunir dans unecheminée centrale. Les fours ronds ont jusqu’à soixantemoufles.

Chacune des moufles peut recevoir une plaque euterre réfractaire de la même dimension que la feuillede papier sur laquelle se sont rangés les boutons ausortir de la presse. Quand la plaque est rouge, l’ouvriervient poser dessus la feuille de papier recouverte deboutons. Le papier brûle et les boutons se trouventrangés sur la plaque de terre rouge dans la dispositionsymétrique qu’ils avaient au moment du moulage. Lesplaques sont remises au four; elles y restent pendantdix minutes environ, temps suffisant pour la cuisson.On retire la plaque, on enlève avec un rfible les bou-tons qui la recouvrent, et comme elle a conservé presquetoute sa chaleur, elle peut servir immédiatement à unenouvelle opération.

Un four de soixante moufles, qui peut cuire, en vingt-quatre heures, 500 masses de boutons, brûle dans lememe temps environ 6,000 kilogr. de houille.

En introduisant dans la pfite des boutons différentsoxydes métalliques, M. Bapterosse obtient des boutonsde couleur teints dans la masse. Enfin, par impression,il obtient des boutons portant tous les dessins demandéspar la consommation.

Par ces procédés perfectionnés, et malgré les déchetsinévitables en opérant sur un si grand nombre de piècesà la fois, l’inventeur a pu abaisser le prix des boutonsblancs de 8 fr. la masse encartée (prix de 1845) à l fr.75 cent.

BOYAUDERIE. Nous ne pouvons mieux faire pourdonner la description de cette industrie que d’empruntercelle qu’a donnée M. Labarraque dans le mémoire qui luiil valu le prix de la société d’encouragement et qui l’aamené à l’admirable résultat de montrer qu’on pouvait,par l’emploi du chlorure de soude, effectuer tout lo tra-

vail du boyaudier en évitant la putréfaction et par suitel’épouvantable infection qui en résulte.

I. — des hoyaux insufflés. L’art du boyaudierconsiste à débarrasser la membrane ou tunique muscu-leuse des autres membranes qui constituent l’intestin.Pour y parvenir, on emploie successivement, dans la préparation des boyaux soufflés, les opérations suivantes :1° le dégraissage, 2° le retournage , 3° la fermentationputride , 4° le ratissage , 5" le lavage, 6° Y insufflation,7° la dessiccation, 8° Indésinsufflation, 9" Yaunage. 1 0° lesoufrage, Tl*’ le ployage. Nous allons exposer, dans desparagraphes séparés, chaque opération, après avoir faitconnaître l’atelier où se fait le premier travail.

De l'atelier. On ne peut dépeindre le sentiment pé-nible et le dégoût qu’on éprouve lorsqu’on entre pourla première fois dans une fabrique de hoyaux insufflés.Qu’on se représente un local de 4 à 6 mètres de long,sur 4 à 5 de large et de 3 à 4 de haut, clos dans l’hi-ver, et les croisées ouvertes en été, entouré de vieillesfutailles de la capacité de 250 litres ; dans le milieu decette enceinte, des bouts de bois descendant suffisam-ment pour attacher des agrafes, et quelquefois scellésau sol; à côté, des baquets plus ou moins grands, ettous ces vases, ou la plupart, contenant des intestins enpleine putréfaction ; les vases incrustés, pour ainsi dire,de matières à moitié corrompues; le sol, s’il est pavé,toujours plus qu’humide par les matières fécales et ledéchet des boyaux dont il est parsemé; s’il n’est pointpavé , présentant plusieurs mares où de l’eau fétideséjourne, comme pour augmenter encore les causesde l’horrible puanteur qui vous environne en se répandant au loin.

Près de l’atelier, ordinairement dans le jardin, setrouve un trou de 3 mètres carrés environ, dans lequel onjette les excréments et les morceaux de boyaux rebutés.C’est surtout quand on vide ce foyer d’infection que l’o-deur se développe avec violence. ,

Toutefois, il est nécessaire de le relater pour prouverl’influence de l’habitude sur l’homme; les ouvriers, as-sez nombreux, qui se livrent à ce travail ne sont pasplus souvent malades que s’ils s’occupaient de tout au-tre métier : ils sont imprégnés d’une odeur fade et nau-séabonde, qui ne les quitte pas, même après leur toi-lette du dimanche, et qu’on reconnaît facilement pourpeu qu’on ait fréquenté leur atelier.

1 ° Dégraissage. Après s’être procuré les boyaux grêlesde bœufs et de vaches, que le boyaudier va chercher auxabattoirs deux fois par semaine, soit dans des hottes, soitdans des voitures, selon sa plus ou moins grande exploi-tation, il les dépose dans des tonneaux défoncés, pourles dégraisser le plus tôt possible ; car l’ouvrier a observéque plus U tarde, plus le dégraissage devient difficile.

Quand il veut opérer, il mot une quantité donnée deboyaux dans un baquet avec un seau d’eau ; il prend undes bouts, qu’il passe sur une agrafe placée sur un mor-ceau de bois et à 2 mètres environ de haut; il tire en-viron trois pieds de long du boyau avec la main droite,et de la main gauche il passe une portion d’intestin surl’agrafe, de manière à former une sorte de nœud; celafait, il prend la portion d’intestin qui pend, la faisantpasser entre le pouce et l’index de la main gaucho. Dela main droite, il tient un couteau semblable à ceux dontsc servent les charcutiers, et avec adresse le fait glissersur l’intestin jusqu’auprès des doigts de la main gau-che, do manière à enlever le tissu graisseux, et portionde la "membrane péritonéale ; ensuite la main gauchebaisse en tenant toujours delà même manière l’intestin;le couteau agit comme on l’a déjà indiqué, jusqu’à ceque la portion pendante soit dégraissée. Cela opéré, dela main gauche l’ouvrier défait le nœud, tire de la maindroite une seconde portion d’intestin égale à la première,et successivement arrive au dégraissage complet duboyau.