Band 
A-F.
JPEG-Download
 

BOYAUDERIE.

BOYAUDERIE.

Si le soleil est trop ardent, on a à craindre que ladilatation de l’air qu’ils contiennent ne les fasse déchi-rer, alors on les met sous un hangar. Le vent peut, enles froissant les uns contre les autres, les faire trouer, etou les en garantit le mieux possible. On évite aussi lagelée avec le plus grand soin, ce dernier état de la tem-pérature leur étant également nuisible.

8° Dèsinsufflatxon. Une fois la dessiccation opérée, lesboyaux sont portés dans une pièce humide, espèce docellier : là des ouvrières tenant dans la main droite unepaire de ciseaux prennent les intestins, les percent avecla pointe de cet instrument pour chasser l’air, et cou-pent avec les ciseaux, le plus près possible de la liga-ture, la portion de boyau qui n’a pas été souillée, etainsi de suite à chaque point d’attache, en pressant suc-cessivement dans toute la longueur pour chasser l’air.

9° Aunage. Lorsqu’on a une certaine quantité deboyaux de dessoudés, l’ouvrière les mesure par paquetsde 45 à 20'", dont elle fait une espèce d’écheveautrès large, qu’elle attache avec le bout du boyau, demanière qu’à l’endroit de la ligature celle-ci offre unesorte d’anse destinée à les enfiler dans une broche enbois. On laisse ces paquets dans le cellier pour qu’ilss’imprégnent bien d’humidité $ ceci est indispensablepour la réussite de l’opération suivante.

40“ Soufrage. Le soufroir est de diverses dimensionsselon l’importance de la fabrique , je le suppose de2 mètres de haut et de l ra ,65 en tous autres sens. Onmet à la partie supérieure 100 paquets ou davantage deboyaux enfilés par leur anse, à un ou plusieurs bâtons,et encore très humides ; s’ils ne le sont pas assez, on lesasperge d’eau avec un balai, qu’on trempe de temps entemps dans ce liquide. On pose à la partie inférieureune terrine contenant environ une livre de fleur de sou-fre ; on jette dessùs des charbons allumés et on ferme laporte, sur les jointures de laquelle on applique des ban-delettes de papier enduites de colle, ou plus souvent onbouche les interstices avec de la terre délayée dansl’eau. Au bout de quelques heures on ouvre la porte,et, après le temps nécessaire pour laisser dégager lesvapeurs d’acide sulfureux, on retire les boyaux.

41° Ployage. Les boyaux soufrés sont rapportés aucellier. Etant suffisamment humides, l’ouvrier prend undes paquets, choisit le bout qui présente les ligaturesles plus rapprochées, en fait plusieurs doubles de lo à20 centim. de long, et ensuite entortille à l’entour lerestant du boyau, qu’il arrête à la fin, en faisant passerle bout sous le dernier pli. Le paquet présente la formed’un fuseau effilé par les deux bouts.

Cela opéré, les paquets sont portés au magasin et misdans des cases aérées qui en contiennent cinq cents.Pour les livrer au commerce, on les emballe dans dessacs qui contiennent la même quantité, et on y ajoute*du poivre, du camphre, etc.

Pour donner idée de la facilité de l’emploi du chlo-rure de soude, et combien il est peu coûteux, nous nouscontenterons de rapporter l’expérience suivante, faitedevant la commission de la Société d’encouragement. 11paraît après cela inconcevable que le travail ne se fassepas toujours d’après les procédés si simples, malgré lesefforts de l’autorité municipale.

On a mis dans six seaux d’eau l k ,50 de chlorure desoude marquant 4 6°, et décolorant 1 6 parties de sulfated’indigo, et versé ce mélange sur cent boyaux de bœuffétides : l’odeur a été détruite instantanément, et aubout de quelques heures, le boyau a été travaillé : lamuqueuse se détache très facilement, les boyaux sontsuperbes, et le deviennent davantage après les autresopérations. En établissant le prix de cette eau de Javelleà base de soude à 10 fr. les 50 kilogr., les frais pourcent boyaux de bœuf s’élèveront à 30 cent., et en sup-posant qu’on soit obligé d’élever la dose de ce chloruredo manière à en mettre I kilogr. pour cinquante intes-

tins, contenance ordinaire d’une futaille, la dépense nedépassera pas 40 cent., c’est-à-dire un peu plus de 4/3 decent.par boyau; on doit se fixer à ces quantités et à cedernier chlorure, qui offre évidemment les plus avanta-geux résultats.

II. — des cordes a boyaux. Avant de faire con-naître la préparation des boyaux de moutons pour lafabrication des diverses cordes, nous allons décrire lamanière de faire celle d’intestins de cheval, qui ne reçoitpour traitement préparatoire que le travail indiqué dansle premier paragraphe; ensuite nous exposerons les di-verses opérations qu’on fait subir à ceux de mouton ; etenfin nous ferons connaître les manipulations qu’on em-ploie pour chaque espèce de corde, que nous distingue-rons par les noms connus des ouvriers et des commer-çants. Chaque sorte fera le sujet d’un chapitre particu-lier : ainsi nous traiterons, outre la cordc des rémouleurs ,dite des Lorrains , des diverses cordes faites avec lesboyaux de moutons, et qu’on nomme :

4 ° Corde à raquettes.

2 ° Corde à fouets.

3° Corde pour les chapeliers , dite d'arçon.

4° Corde pour les horlogers.

5° Et la Corde à instruments de musique.

Corde pour les remouleurs, dite des Lorrains. Les cor-des des remouleurs, polisseurs, etc., se font avec desboyaux de cheval débarrassés de la membrane mu-queuse par la fermentation, comme nous l’avons indi-qué dans le premier paragraphe. Le boyau fétide estpris par un des bouts, dans lequel on fait entrer uneboule en bois, fichée au bout d’un piquet scellé sur unétabli. A la suite de cette boule sont quatre lames tran-chantes : ou, pour rendre l’explication plus claire, qu’onse représente un couteau rond à quatre lames, surmontéd'une boule en bois. On tire également le boyau avecles deux mains, et au fur et à mesure il se coupe enquatre lanières égales. On prend quatre, six ou lmitlanières,'suivant qu’on veut faire la corde plus ou moinsépaisse; on attache par un nœud particulier les lanièresà un double bout de ficelle préparée exprès, et qu’onnomme lacet; on passe le lacet dans une cheville intro-duite dans un trou pratiqué sur un poteau fortement scellé.A une distance de 10 mètres, se trouve un semblable po-teau avec des chevilles, sur l’une desquelles on passe leslanières. On sc rapproche du premier poteau, et l’en-semble des lanières est attaché à un nouveau lacet qu’onenfile à la cheville dont nous avons déjà parlé. Les ou-vriers désignent ce premier travail par le mot ourdir.On coupe les lanières, on les attache de la même ma-nière que ci-dessus, si elles sont assez longues, ce quiarrive presque toujours, attendu que les bouts sont re-cousus par de la filandre, après les avoir coupés préala-blement en biais et disposés de manière que la couturene fasse pas épaisseur inégale; si elles sont assez lon-gues, disons-nous, on fait une seconde longueur, jus-qu’à ce qu’enfin le boyau soit tout employé. On les che-ville entièrement garnies.

Sitôt 1 'ourdissage fini, l’ouvrier place convenablementle rouet, et passe dans le crochet de l’émérillon la ficellequi tend la corde ourdie; il met un second lacet : si lerouet est suffisamment fort, il donne quelques tours àla roue par le moyen de la manivelle, et place sur unecheville la corde déjà tordue. Il agit de même sur cha-cune des cordes ourdies ; ensuite il passe la main, enpressant convenablement, sur la corde, à parti r du rouet,et coupe avec son couteau les filandres qui ne font pascorps avec la corde. Celle-ci ne diminue pas en lon-gueur par la dessiccation, attendu que toujours elle estramenée à la même dimension par les chevilles; maispar le tordage et la dessiccation, elle diminue beaucoupen épaisseur : après le premier tordage, elle est de lagrosseur du doigt.

Quelques heurés s’étant écoulées, on remet les corde»