boyaudeme.
BOYAUDERIE.
Jusqu’ici nous sommes, à très peu de chose près, ar-rivés it résoudre le problème que nous nous étionsproposé ; savoir, de faire avec de gros boyaux de pe-tites cordes. Celles que nous avons obtenues contien-nent trois intestins, et sont infiniment moins grossesque pur le procédé usité jusqu’à ce jour : elles ne sontpourtant pas aussi lines que celles de Naples ; malgrécela, nous trouvons en elles un motif qui nous encou-rage à tenter de nouvelles expériences. Nous sommesintimement convaincusqu’en choisissantes intestins despetites espèces de moutons qu’on tue à Paris , nous par-viendrons à obtenir des chanterelles au moins aussi bon-nes que celles de Naples,et qui conserveront mieux la note.
Une des cordes de notre premier essai a été remise àun musicien, il a dit : C’est une petite seconde que vousme donnez, elle ne pourra servir de chanterelle; maislui ayant assuré qu’au violon elle monterait au ton con-venable avec facilité, il l’a placée à l'instrument, et ila observé en effet que cette corde, tendue pour la pre-mière fois baissait moins vite de ton, une fois arrivéeau diapazon de l’Opéra. Sur notre prière, et encore aprèsl’avoir maniée entre ses mains humides, il l’a tendue demanière à arriver à quatre tons au-dessus du diapazon :alors elle a cassé. La partie restante, remontée sur l’in-strument, a été tendue à un ton de moins, c’est-à-dire àtrois tons au-dessus du diapazon de l’Opéra ; arrivée là,elle a cassé : l’humidité ou la sueur des mains iniluedonc sur la ténacité des cordes. Une corde a été placéesur le violon, et montée rapidement au. diapazon del’Opéra; l’artiste a exécuté un assez long morceau, lacorde a baissé do deux sixièmes de ton. Il nous a assuréqu’une chanterelle de Naples neuve aurait baissé biendavantage. Le violon étant accordé a été déposé dansun appartement clos, et examiné deux jours après il atrouvé que la corde avait baissé d’un demi-ton. Letemps était sec lorsque le violon a été accordé; le len-demain il a plu assez abondamment; le jour de l’exa-men, l’air était chargé de plus d’humidité que deux joursavant; vingt-quatre heures après cet examen, l’instru-ment a été examiné de nouveau et la trop grosse chan-terelle s’est trouvée juste.
Les intestins de chien et de chat ne présentent riende remarquable dans leur préparation particulière, pouren faire des cordes. Celui de chat n’a guère qu’une lon-gueur de 1 ra ,50 à 2’", il estd’inégale grosseur. Aussi, enayant fait une corde avec un seul boyau, un bout setrouve assez mince pour faire chanterelle, et l’autremoitié peut servir de seconde. La corde est très cassanteet très sèche. En faisant la corde avec deux boyaux, defaçon à mettre un gros bout avec un mince, on l’ob-tient égale, mais elle est trop grosse.
L’intestin du chien est un peu plus égal; il a unelongueur d’environ o mètres, du moins ceux que nousnous sommes procurés ; nous on avons fait des cordes àdeux et trois boyaux, elles paraissent solides et nouscroyons qu’elles doivent être justes.
Nous nous sommes procuré aux abattoirs les boyauxde trente moutons, dont nous n’avons pu connaître lepoids : environ les deux tiers étaient moyens, les autresassez gros ; nous les avons traités de trois mauières dif-férentes, avec des modifications de détail que l’étudenous a suggérées, et ces expériences ont été faites avecle soin dont nous pouvons être capables ; elles peuventêtre exécutées par un ouvrier soigneux ; en obtiendra lesmêmes résultats, et toujours avec sucoès. Tous cesboyaux n’ont fourni que des chanterelles, la plusgrande partie aussi fines que celles de Naples .
Nous avons aussi traité des intestins de moutons quinous sont parvenus d’Avranches, département du Cal-vados, et du département des Ardennes : ils étaienttrès bien conservés au moyen de la saumure, après lesavoir laissés dégorger dans l’eau pendant deux jours,en renouvelant matin et soir ce liquide ; nous leur
avons fait subir les autres opérations et noua en avonsfait des cordes très fines, mais qui sont ternes, sèches,et qui se cassent très facilement : on ne peut point,d’après cela, espérer de faire des cordes à instrumentsavec des boyaux qui auront été salés.
Nous croyons superflu de donner plus de détails surnos expériences. Nous nous bornerons donc à donner letableau du poids que nos chanterelles peuvent portersans se casser, en prenant une chanterelle de Naples demême dimension, pour juger comparativement leursforces ; et ce tableau prouvera jusqu’à quel point non*avons réussi.
Force comparative de nos chanterelles avec cellesde M<t]> le s.
Hauteur du mercure dans le baromètre : 0“,7o5.
Hygromètre de Saussure : 77 degrés d’humidité.
Thermomètre de Réaumur : 12 degrés et demi.
DÉTAIL
des
COUPES.
POIDS
qu’ont porté,avant de casser,
OBSERVATIONS.
3 intestins en-trant au n° 3de la filière.
•I3 k ,03l
. Les poids ont été[ mis sur le plateauI sans secousse, et/ avant de voit’\ casser la corde,k il s’est écouléI cinq minutesV trente secondes.
3 intestins en-trant au n° 3de la filière.
!4 k ,844
3 intestins en-trant au n° 3de la filière. I2 k ,7ï9
3 intestins en-trant au n° 3de la filière. 14 k .2o0
I Lcs poids ont étémis doucement;il s’est écoulé,depuis le pre-mier poids jus-qu’au momentoü la cordc acassé, sept mi-nutes quinze se-condes.
| Trop soufrée. ElleJ a supporté lesJ poidscinq minu •v tes.
Non soufrée.
2 intestins en-trant au n° 1
de la filière. 9 k ,03l
3 intestins en-trant au n ü 4
de la filière. 16 k ,375
3 intestins en-trant au n° ode la filière.
I9\000
( J k ,062
, peu soufrée. Elleest de mêmegrosseur quecelle qui, avantde casser, amonté au violon,comme chante-relle,quatre tonsau-dessus dudiapazon del’U-péra.
Peu soufrée.
Nota. On a pris, dans toutes les expériences, mêmelongueur de corde, c’est-à-dire 0 |n ,o5; les nœuds faitsau plateau et à la corde supérieure, il s’est trouvé danstoutes tes expériences On»,37 à partir des nœuds. Le pla-teau pesait 4 kil., et fait partie des poids que nous rap-portons.