Band 
A-F.
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BOYAUDERIE.

BBASER.

Si l’on veut examiner les cordes à instruments, ilfaudra, suivant nous, à finesse égale et au même nom-bre d’intestins, mettre la corde sur l’instrument, savoircombien de tours il faudra donner à la cheville pourarriver au diapazon de l’Opéra. On se servira alors del’instrument, ou on laissera la corde tendue pendantun temps donné ; on examinera la qualité du son, et onnotera de combien la corde a baissé. On la mettra auton, et on laissera ensuite l’instrument pour l’examinerde nouveau un ou plusieurs jours après. Pendant cetespace de temps, les variations de l’atmosphère devrontêtre notées.

Ensuite ou avant il faut examiner, sur une longueurdonnée, quelle est celle des cordes de même dimensionqui porte le plus de poids avant de casser : car cellequi porte davantage sera celle qui monte le plus haut;et si elle monte, par exemple, un ou deux tons de plus,nécessairement étant fixée au ton juste, elle résisteraplus facilement et plus longtemps sous l’archet.

La corde la meilleure et qui doit faire le plus longusage, est celle qui change le moins d’aspect quand onla monte sur l’instrument : celles qui se ternissent etperdent leur transparence ne doivent pas résister. Lesmusiciens, s’ils y ont fait attention, doivent avoir ob-servé ce fait.

La corde qui arrivera le plus vite au ton, qui varieramoins, et qui aura le son le plus plein, le plus sonore,et qui pour ainsi dire fera la cloche, sera la meilleure.Il faut que le son ne soit ni maigre, ni criard, ni faux.

Peut-être les musiciens out-ils d’autres moyens pourapprécier la bonté des cordes ; mais ceux qui viennentd’être indiqués paraissent essentiels.

III. —îvAumiuCHE. Pour compléter la descriptionde l’art du boyaudier, il ne nous reste qu’à faire con-naître la manière de préparer la baudruche dout se ser-vent les batteurs d’or.

Les bouchers, boyaudiers et charcutiers entendent parle mot baudruche l’intestin cæcum du bœuf ou du mou-ton ; mais ce mot ne doit être consacré que pour la doublemembrane que les batteurs d’or emploient de temps im-mémorial. Elle est retirée du cæcum dubœuf, et les seulscharcutiers font cette opération. On ne peut jamais laretirer entière, le tiers environ de cette pellicule setrouvant faire partie commune avec le suif, dont on nepeut la débarrasser sans qu’elle sc déchire.

Une fois que l’ouvrier a décollé îa portion de mem-brane péritonéale qui entoure la partie fermée du cæ-cum, il la tire, et elle suit de la longueur de 0"',G0 à0 m ,80. Elle revient sur elle-même, on la met à sécher.Étant sèche, elle ressemble à une licelle. L’ouvrier quiprépare la baudruche prend cette membrane desséchée,la met tremper dans une solution de potasse très fai-ble. Suffisamment humectée, il la place sur une plan-che pour la ratisser avec le couteau. Quand ces pelli-cules sont bien propres et suffisamment dégorgées dansl'eau, il les étend sur une espèce de châssis en bois de1 1,1 à 1 "‘,20 de long sur 0“,27 de large ; il est formé delieux montants assemblés par deux traverses : ces qua-tre morceaux de bois offrent dans leur longueur unerainure de 5 à 8 millimètres de large.

Pour étendre cette membrane, l’ouvrier la prend dansscs mains et place sur le haut du châssis un des bouts,ayant soin que la partie de cette membrane qui étaitextérieure étant sur l’intestin de l’animal, soit la por-tion qui s’applique sur le châssis; il la tire en toussens et la fait adhérer sur le bord dudit châssis; unefois cela fait, il prend une autre membrane, qu'il ap-plique sur celle qui est déjà tendue, ayant soin de lais-ser à l’extérieur ce qu’il nomme la fleur du boyau,c’est-à-dire plaçant les deux membranes, de façon queles parties qui adhéraient à la membrane musculeuse setrouvent l’une contre l’autre. De cette manière, elles secollent parfaitement et ne font qu’un seul corps.

Ces deux membranes sèchent promptement, exceptéles extrémités, qui sont collées sur les traverses duchâssis. Quand le tout est bien sec, l’ouvrier coupe labaudruche avec un bon couteau et en suivaut la rai-nure dont nous avons parlé.

Les bandes de baudruches sont ensuite livrées à unautre ouvrier pour les recouvrir de ce qu’on nomme lefond , leur donner le dernier apprêt et les couper degrandeur convenable.

Quand l’ouvrier veut terminer la baudruche, il prendchaque bande, les colle sur lin châssis comme- celuidont nous avons parlé, mais qui ne porte point de rai-nures, il enduit de colleles bords de cechâssis et y placela bande de baudruche. Une fois sèche, cette membraneest lavée avec une dissolution contenant, par litred’eau, -15 à 20 grammes d’alun, et on laisse encoresécher ; ensuite on enduit la baudruche, au moyen d’uneéponge, d’une solution concentrée de colle de poissonfaite avec du \ in blanc, dans lequel on a fait macérerdes substances âcres et aromatiques, telles que girofle,muscade, gingembre, camphre, etc. Ces derniers in-grédients sont ajoutés pour empêcher les insectes d’at-taquer la baudruche : suffisamment enduite de ce queles ouvriers nomment le fond , on la recouvre d’unecouche de blanc d’œufs. La baudruche est ensuite cou-pée en morceaux carrés de 0 m ,13 de coté. On les sou-met à la presse pour les aplatir ; on les met en tas oulivrets, et on les livre au batteur d’or.

Ce dernier travail se rapproche beaucoup de celuide la préparation du taffetas d’Angleterre.

IV. — crin A pêcher. Le crin à pêcher n’est pas leproduit de l’art du boyaudier. Nous croyons, sans pou-voirrafîirmer, que cette substance provient du ver à soie.Nous pensons qu’elle est retirée des cocons les plusbeaux, lesquels sont réservés pour la propagation dol’espèce. Quand le papillon s’est fait jour, ces coconssont pris et jetés dans une chaudière pleine d’eau bienchaude, on prend une foule de brins avec un balai debruyère ; ils s’agglutinent et ne suivent au rouet quetrès peu, en raison du trou dont le cocon est percé ; onsoufre ces brins pour les blanchir, et on les met enpaquets. La matière animale résineuse qui entoure cofil le rend imperméable à l’eau.

Quelques personnes croient que le crin à pêcher sefait en prenant le ver à soie, le brisant en deux, tiranten sens inverse, et tenant chaque moitié d’une main ;ce qui lui a mérité le nom que les marchands lui don-nent, de boyau de ver à soie.

Selon M. liegnart, le fil connu dans le commerce sousles dénominations de fil de Valence, de crin marin, defil de boyau de ver à soie, etc., se prépare comme ilsuit : Lorsque le ver à soie est sur le point de filer, onle plonge dans le vinaigre; après une macération de2-i heures, on l’en retire et on lui rompt la têto. Unfil se présente ; en tirant sur la tête, ce fil s’allonge et sedéploie sous la forme que vous lui connaissez. On ex-pose ce fil à l’air pendant quelques heures, tendu entredeux petits bâtons; il prend alors une grande consis-tance. Si ou rompt la tête au ver à soie avant de lefaire macérer dans le vinaigre, le fil suit, mais enoffrant l'image d’un mucus qui ne prend pas de cousistance.

BRASER(ani/L brazing, af/.messinglcethung). C’estsouder ensemble les bords des pièces de fer, de cuivre,de laiton, etc., avec un alliage composé de laiton et dezinc, auquel on ajoute quelquefois un peu d’étain oud’argent. Les surfaces qui doivent être ainsi soudéesdoivent être limées très proprement, et n’être souilléesni par le contact des doigts, ni de toute autre manière.On humecte ordinairement l’alliage en copeaux et pres-que pulvérulent, avec une pâte formée de borax en pou-dre et d’eau ; on applique le mélange dans cet état, onle fait sécher, et on chauffe ensuite le tout à la chaleur