URIQUE.
URIQUE.
tcnv, d’cii extraite les fragments de craie qui pourraient s'y trouver, et surtout les morceaux de pyrite,qui se rencontrent fréquemment dans les argiles plas-tiques et dans les marnes inférieures à la craie. On yréussit très bien par le lavage ; mais ce procédé est tropcoûteux pour être employé lorsqu’il s’agit de briquescommunes; il consiste à délayer la terre dans de l’eauet à faire écouler la bouc à travers des grilles ou endéversoir, dans des bassins où elle se dépose et où onla laisse jusqu’à ce qu'elle ait acquis par la dessiccationune circonstance suffisante pour être travaillée. Quantaux fragments de craie et autres matières peu dures, ilssont aisément broyés par le passage entre des cylindresbroyeurs; aussi ce procédé de corroyage de la terreest-il avec raison employé dans beaucoup de loca-lités.
Lorsqu’il s’agit de mélanger la terre à briques avecdu ciment, du sable, des escarbilles, etc., on super-]>ose, en couches horizontales, les diverses matières amélanger, puis on effectue le mélange par le marcliageou dans les tinnes dont nous avons parlé.
A de rares exceptions près, toutes les briques se façon-nent à la main.
Les moules ( fi-gure 293)dont onse sert pour fa-çonner les briquessont ordinaire-ment en bois, quel-quefois doublés enmétal ; leurs di-mensions détermi-nent celles de la 293.
brique, et sont toujours un peu supérieures, eu égardau retrait qu’éprouve la terre par la dessiccation et lacuisson ultérieures. Suivant la forme du moule, on ob-tient des briques ordinaires, à coin, à couteau, etc.Quelquefois on donne aux moules assez de longueurpour qu’ou puisse y mouler deux briques à la fois,qui se trouvent alors séparées par une traverse enbois.
L’ouvrier mouleur sable les moules et les place surune table dont la surface est également recouverte desable, afin que l’argile ne s’y attache pas; il remplitchaque moule d’une masse de terre à brique, l'y com-prime, enlève l’excédant à la main, et unit la surfacesupérieure avec un couteau en bois qui porte le nomde plane .
Quand la brique ou les deux briques sont faites, unapprenti les transporte avec le moule sur Taire de labriqueterie, dont le sol est bien uni par le battage etsablé; il tient le moule de champ, afin que les briquesne glissent pas; il les fait sortir du moule en le re-tournant, et les pose à plat, et en rangs bien alignés,pour ne pas perdre de place. D’autres fois, c’est l’ou-vrier mouleur qui démoule lui-même la brique sur uneplanche sablée qui sert a la porter sur Taire.
Aux environs de Paris , une compagnie de brique-tiers se compose de quatre ouvriers : un qui mêle,marche et prépare la terre; deux mouleurs, dont l’unse détache de temps en temps pour aller chercher laterre préparée, et un garçtn pour démouler les briqueset les placer sur Taire : cette compagnie fait, enmoyenne, 7,000 briques ordinaires par douze heuresde travail effectif.
Quand les briques commencent à se raffermir, onles relève sur champ dans la même place où elles étaienta plat; puis, quand elles ont pris assez de consistancepour se laisser transporter sans être déformées, on lespare , c’est-à-dire qu’on enlève avec un couteau toutesles bavures du moule ; on les met ensuite sur un banc,et on les rebat sur toutes les faces avec une batte ; en-fin, on les met en kaie % c’est-à-dire qu’on les place les
unes sur les autres, de manière à en former une espècede muraille à claire-voie pour qu’elles finissent de scsécher entièrement.
Lorsqu'on le peut, on fait raffermir les briques àl’abri sous de grandi hangars couverts ; dans le cascontraire, on les garantit de la pluie ou d’une dessicca-tion trop prompte avec des abris mobiles formés declaies et de paillassons.
On a inventé et préconisé bien des machines pourmouler les briques ; mais bien peu d'entre elles offrentavantage et économie sur le travail à la main, tant parsuite de leur prix élevé que de leurs dérangements fré-quents. Parmi ces machines, nous n’en décrirons quedeux qui fonctionnentdepuis longues années en France ,celle de M. Carville et celle de M. Terrasson.
Disons, avant de décrire ces machines, qu'actuel-lenient on fabrique en Angleterre, avec de la terreassez sèche pour pouvoir être réduite en poudre àla batte, et que Ton soumet à une très forte pression,dans des moules métalliques, pour lui donner unecohérence suffisante, des briques qui n’ont pas besoind’être séchées, et qui peuveut être immédiatement por-tées au feu. Ce procédé a d’abord été appliqué enFrance , et M. Mollerat avait exposé, en 1819, des bri-ques ainsi fabriquées; ces briques sont plus légères, eten général plus saines après la cuisson que les autresbriques.
La machine établie par M. Carville, à Moulineau,près Paris , consiste en une chaîne sans fin traînantles moules en fonte, joints à charnière les uns aux au-tres, sous la hase d’un tonneau corroycur qui y dé-charge, par une ouverture latérale, une partie de laterre qu’il renferme. A la suite de la tinue se trouveun rouleau qui comprime !a terre dans les moules, et,plus loin, un refouloir qui opère le démoulage de hauteu bas, et dépose les briques sur des planchettes con-duites par une chaîne sans fin placée dans une direc-tion rectangulaire à celle qui porte les moules, et quiles amène jusque sur la brouette qui sert à les trans-porter au séchoir. Des trémies convenablement placéesservent à sabler les moules ; un filet d’eau tombe con-tinuellement sur le rouleau compresseur, et empêchela terre de s’y attacher ; enfin, les moules se lavent dansun bac rempli d’eau, placé à la partie inférieure de lachaîne sans fin, avant de repasser sous la tinne.
Les fig. 298, 299 et 390 représentent une machineTerrasson. Elle se compose d’un grand châssis rectangulaire en bois, fortement relié par des traverses éga-lement en bois, et maintenu dans le sens de sa largeurpar trois longs boulons en fer. Ce bâti est assemblé sursix montants M, réunis deux à deux par des traverses,et armés à leur partie inférieure de sabots à roulettes,pour rendre tout l’appareil facilement transportabled’un point à l’autre de la briqueterie.
A la partie postérieure de la machine il y a deuxtambours creux, Y, AV, qui supportent deux cour-roies sans fin, sur lesquelles sont fixées les piècesen bois dur, E, E, ..., formant une espèce de chapelet,et dont l’écartement est régularisé par des baguettestransversales qui les relient deux à deux; ces baguettessont destinées à supporter les planches de moulage, etles pièces de bois latérales E, E, ., à déterminer le ni-veau de l’argile. Le tambour postérieur V peut êtrerappelé au moyen de vis placées sur chaque face dubâti, afin de maintenir le chapelet sans fin dans unétat de roideur suffisant. Le tambour W porte, surle prolongement de son arbre, une roue dentée DD,qui communique avec la manivelle G, de sorte que,dès que Ton agit sur - celle-ci, le tambour antérieurentraîne la chaîne sans fin. Or , comme le grandj cylindre C, nommé vomprimeur , peut être fixé àj une hauteur convenable, le chapelet le force à mar-cher dès qu'il s'avance rempli de terre. Pour éviter