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BRODERIE.

BRODERIE.

de pointure, parmi lesquelles l’auteur cite : la broderieou tapisserie travaillée à l’aiguille ou au métier, et cellequi se lait sur des étoiles de soie blanche, et sur destoiles de coton en y employant des teintures qui péné-traient les étoiles.

Quant à la pratique de la tapisserie tissée à la na-vette, il est certain qu’on la travaillait primitivementdebout, sur le métier monté perpendiculairement. Ho-mère (Odyssée, livre I, v. 31) et Virgile (Géorgiques ,livre I, v. 294) déposent de cet ancien usage, lesiils de laine étaient tendus de haut en bas perpendicu-lairement, comme ils le sont aujourd'hui dans la hautelisse (voyez tapisserie), avec cette différence cepen-dant que les lisses n’étaient point arrêtées par le bassur un cylindre. Sénèque nous apprend qu’on les assu-jettissait par le moyen d’une pièce de bois à laquelle onattachait des poids très pesants (Epie., DO).

Les Egyptiens furent les premiers, selon Pline,qui changèrent l’ancienne méthode qui était incom-mode et (pii introduisirent l’usage de travailler assis,connue le font aujourd’hui les artistes-ouvriers desmanufactures royales des Gobelins , de Beauvais etd’Aubusson , etc., et depuis longtemps nos tisserands etnos drapiers.

l)e nos jours, M. Jubinalapubliéun livre intitulé Re-cherches sur l’origine et l’usage des tapisseries, et il citeplusieurs passages de la Bible , qui prouvent l’antiqueusage des étoffes richement brodées à la main et offrantdes ligures diverses. L’usage, ajoute-t-il, de ce genrede travail était en effet plus ancien que celui des étoffestissées au métier, et les premières tapisseries consis-tèrent certainement en broderies à l'aiguille tracées surle canevas.

Mais nous croyons devoir faire remarquer ici que lecanevas lui-même n’a pu être façonné qu’à l’aide del’aiguille ou de la navette, et avec des lils tendus surun métier à Pinstar des tapisseries des Gobelins : déslors le canevas n’était à proprement parler qu’une bro-derie, ou étoffe tissée , tissure en broderie , dénominationgénérique par laquelle les auteurs de l’antiquité dési-gnaient indifféremment toutes les étoffes façonnées surun métier, soit à l’aiguille, soit avec un fuseau servantde navette.

M. Jubinal rapporte aussi, d’après Pline (Histoirenaturelle, livre XIII, ch. 43), que, lorsque les habitsétaient usés, les anciens s’en servaient comme de tramepour couvrir l’étoffe de broderie, ce qui donnait au tissuune nouvelle durée. A cet effet les tissus étaient dé-coupés suivant les contours d’un dessin, puis appliqués,couchés et cousus sur un fond uni d’une couleur diffé-rente, fréquemment sur les bords d’une étoffe, d’unvêtement; et c’est à cause de cette pratique qu’Ovidcet Horace appellent les robes que les matrones deRome portaient comme ornement : robes brodées oubordées d’une frange de pourpre (Ovide , Ars amat.,livre!, 32 flivre 11, 600. Horace, Satir. , I, 2, 3j.

Chez les Romains, une simple bordure ou broderie encouleur, placée sur le vêtement, exprimait la dignité,le sexe, Page et le deuil ; et cette pratique existe memeaujourd’hui dans certaines localités du pays de Bade;ou les femmes de lu campagne se distinguent par desvêtements bordés ou brodés avec des couleurs diffé-rentes, suivant le culte religieux qu’elles professent.

Des diverses sortes de broderie. La première classe debroderie comprend la broderie blanche, ainsi appeléeparce qu’on l’exécute sur toute espèce d’étoffe blancheavec du coton blanc, plat, mouliné ou retors, du cor-donnet, de la gauce, etc. Ce genre de broderie com-prend :

l u La broderie de feston , qui consiste ordinairement àbroder et à découper la bordure de l’étoffe sans qu’elles’ellile, en suivant les contours <Pmi dessin à dents,tracé nécessairement soit sur un papier, soit sur l'étoffe

elle-même. On emploie aussi les broderies do festondans le corps de l’étoffe elle-même sans la découper. Cedessin prend alors des formes et des noms différents :feston droit, uni, ondé, à crête de coq, à feuilles, bourré,plein, d'application, à picot, à imitation de dentelles, àjour et à découpage, etc. ;

2” Broderie en reprise , sur étoffes claires, dont lescontours et les nervures du dessin sont faits à pointsde reprise, et les milieux ou pleins sont ensuite remplisde ces mêmes points ;

3" Broderie uu plumetis, sur tissus souples et serrés,mousseline, laine, jaconas, madapohun, batiste, etc.,que l’on produit par un point horizontal embrassant au-tant d’étoffe en dessus qu’en dessous ;

4" Broderie de dentelle , sur tulle, fausse blonde, gaze,et autres étoffes façonnées à l’aide du métier à la Jac-qlîakt, qui se font en imitation des dentelles etdes blondes, par des points à fils tirés dans l’étoffe,soit avec des applications diverses.

La deuxieme classe comprend la broderie de couleur ,qui se divise elle-même en plusieurs genres, savoir :

I ” La broderie appliquée, dont les figures sont relevéeset arrondies par le coton ou le vélin, que l’on met des-sous pour les soutenir, et quel’on colleou que l’on coud ;

2" La broderie en courbure ou au lancé, celle dont laganse, le lacet, ou la passementerie, sont couchés surle dessin, et cousus avec de la soie de même couleur pardes points piqués, coulés ou de surjet.

3" La broderie d’application, lorsque le drap, le ve-lours ou tout autre tissu a été découpé suivant la formedu dessin ; puis couché, collé ou cousu sur l’étoffe avecdu fil ou de la soie :

4" La broderie au passé , qui s’exécute comme labroderie au plumetis et paraît uniforme des deux côtésde l’étoffe ; cette broderie est appelée plate, lorsque lesfigures sont plates et mises sans couchures, paillettes,ou autres ornements ;

5'* La broderie au passé épargné, celle qui présenteune surface plate et irrégulière à l’envers ;

6” La broderie en guipure, qui est un mélange de bro-derie appliquée en conduire, et d’application, et qui scfait eu or, argent, clinquant et bouillons d’or ou d'ar-gent de plusieurs façons; on y ajoute aussi de lanacre, des plumes, des perles, des pierreries, etc.

Le plus ordinairement, les diverses broderies pren-nent les noms des matières qu’on emploie : broderie eulaine, en soie, lacet, cordonnet, peluche, chenille, plu-mes, gaufrurcs, cheveux, crins, paillettes et lamésd’or, d’argent et d’ivoire, baleine, cannetille, perles,paille, nacre, pierreries, découpures et applicationsde draps ou de velours, etc.

On dit broderies par méplats ou à teintes plates,lorsque les lils ou d’autres matières colorées sontemployés parjuxtà-position seulement; broderies nuan-cées, lorsque la brodeuse cherche complètement à repré-senter la nature en suivant le modèle ou l’objet naturellui-même, alin d’en imiter toutes les nuances.

On dit aussi : broderie au crochet, au métier, autambour, du nom des outils et ustensiles qui servent àcette fabrication. On peut comprendre dans le nombredes broderies celles qui consistent à former des fleurs surtoutes sortes de tissus avec des rubans dits faveurs,ou des gazes diversement colorées. Voilà du veste, lamanière de procéder : Après avoir arrêté le ruban sur letissu par un point, on replace l’aiguille beaucoup plusloin, ce qui fait froncer l’étoffe qui se trouve ainsi ar-rêtée en formant un bouillon; et on recommence jus-qu’à parfaite confection de la fleur.

Points de broderie. Les points de broderie sont aunombre de deux :

L Celui dit de passé, qui embrasse l’étoffe, soiten hauteur, soit en largeur, autant en dessus qu’endessous. et qui n’a pour toute variation que des