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BRODERIE.

BRODERIE.

nœuds dits points d’armes, qui font les étamines, etremplissent quelques fleurs.

2° Celui de chaînette qui se fait à l’aiguille ou avecun crochet, en tirant en dessus le fil ou cordonnet àbroder, de sorte qu’il forme une longue boucle ; puisen renfonçant le crochet ou l’aiguille au milieu de cetteboucle, on ramène ensuite une nouvelle boucle.

Du reste, il suffit de voir faire ces deux points uneou deux fois, pour pouvoir les exécuter sans maître.

Oii distingue eucorc la broderie sur canevas quicomprend la broderie à velours en relief, et les diffé-rents points pour marquer le linge et pour faire de petitsouvrages en perles de verre.

La broderie sur canevas est appelée plus communé-ment broderie en tapisserie, ou seulement tapisserie depoints, à cause des points dont elle est formée, lesquelscombinés et arrangés diversement représentent les fi-gures que l’on veut, et prennent aussi différentes déno-minations suivant les pays d’où ils viennent, où ils sefont *. Points de Berlin , de France, de Hongrie , d’An-gleterre; et à la manière dont ils sont faits sur le cane-vas : Points de croix de chevalier ; petit point, gros point,point des Gobelins, que nous avons ainsi nommé parceque la tapisserie faite avec ce point imite très bien latexture de la tapisserie, tissée à l’instar des Gobelins.

Broderie en tapisserie. Les éléments de la tapisseriesont au nombre de cinq, savoir :

1 “ Le dessin que la brodeuse veut imiter ;

2° Les fils de laine ou de soie teints diversement etconvenablement assortis ;

3° Le canevas plus ou moins régulier, dont les filsenlacés carrément reçoivent et dirigent le point ;

4° Le métier sur lequel on tend convenablement lecanevas ;

5“ L’aiguille à large tête et à pointe émoussée quisert à passer librement les fils colorés à travers les car-reaux ou mailles des canevas.

C’est avec les fils colorés qu’on reproduit un objetquelconque sur le canevas, et l’art consiste à le repro-duire sans peine, dans un état de perfection désira-ble : or, il faut que l’artiste brodeuse ait sans cesse sousles yeux un dessin de l’objet ou l’objet naturel lui-même qu’elle veut imiter.

Les dessins sont de plusieurs espèces composés pardes dessinateurs spéciaux.

Les uns sont gravés, imprimés et coloriés sur unpapier canevas , de manière que les traits et les couleursremplissent exactement les carreaux qui répondentchacun à un point de tapisserie.

Les autres sont tracés sur le canevas lui-même, autrait, avec ou sans ombres coloriées; dans ce derniercas, la brodeuse travaille à l’imitation du coloriste,c’est-à-dire, eu plaçant les fils colorés suivant son goûtet la nature des objets ; et le dessin lui indique lesendroits qu’elle doit mettre dans l’ombre et ceux qu’elledoit éclairer.

La tapisserie elle-même qu’on achète toute faite, serttrès souvent de modèle, qu’on imite alors sur la partiecorrespondante du canevas ; ce qui se fait en comptantsuccessivement avec une épingle, les points de telle outelle, nuance du modèle, et les carreaux du canevas, quidoivent les recevoir ; mais cette manière de faire la ta-pisserie dite à points comptés ou à points de compte, de-mande plus de temps et plus de soins que la tapisseriedessinée , ainsi nommée, parce qu’elle est faite sur le des-sin tracé ou imprimé sur le canevas.

Tels sont les dessins habituellement employés au-jourd’hui ; mais ces dessins sont souvent insuffisantspour le but qu’on se propose, et surtout d’un prix d’a-chat fort élevé. C’est donc pour obvier à ces deux in-convénients que nous proposons une nouvelle méthodepour composer et reproduire facilement et économique-ment des dessins de tapisserie, sans Tintermédiairc d’un

dessinateur dont les services sont toujours fort coûteux(voyez DESSIN, MACHINES A DESSINER ).

11 existe encore un autre genre de dessins de,brode-ries, que nous avons proposé il y a six ans, particuliè-rement pour la fabrication de la tapisserie à l’instardes Gobelins (voyez tapisserie).

On choisit des dessins lithographiés ou gravés et co-loriés par les procédés ordinaires, puis on applique et oncolle dessus, avec de la cire molle, une feuille de papier-canevas, rendue transparento par le vernis, et dont lenuméro, c’est-à-dire le nombre des carreaux, comptéssur une mesure de longueur de 27 millim., déterminentla dimension du dessin que l’on veut exécuter sur unmorceau de canevas d’un numéro donné.

Ensuite on copie le dessin vu à travers le papier-canevas transparent, dont les carreaux indiquent lenombre des points et les couleurs qu’il faut employer.

Ce procédé, du reste, est exploité avec succès aujourd’hui par deux habiles brodeuses en tapisserie, qui ontpris chacune un brevet d’invention non expiré; mais,nous le disons sans crainte à qui veut l’entendre : tesdeux brevets sont nuis conformément à la loi, parce quel’invention ou l'application du procédé n'est pas nou-velle.

Quant aux règles de l’art pour faire sûrement debeaux dessins en tapisserie, nous les donnerons à l’ar-ticle dessins colories. Cependant nous devons dire,de suite, que le goût, l’habitude et le plus ou le moinsde connaissance qu’on a du dessin et du contraste simul-tané des couleurs (voy. Contraste de s couleurs),guideront encore mieux que tout ce qu’on pourrait dire.

Mais il est des règles matérielles que nous allons in-diquer ici pour bien faire les points de tapisserie, c’est-à-dire pour les exécuter d’une manière complète et éco-nomique. Ainsi, il faut toujours exécuter le point encouvrant le bon fil de la chaîne qui existe sur le fil dela trame, et en ayant soin de piquer d’abord l’aiguillede dessous en dessus puis do dessus en dessous, et ainside suite.

On compte sur le canevas, pour l’exécution du petit-point, soit 1 carreau pour 4 point du dessin.

Pour l’exécution du gros-point, soit 2 carreaux entous sens pour I point du dessin.

Pour l’exécution du point des Gobelins, soit 2 car-reaux pris sur la largeur, et 'I carreau sur la hauteur,pour 1 point du dessin.

Broderie en velours. La broderie en velours ou ve-loutée à plat ou en relief a été inventée en 4 805 parDelorme. Elle se fait en laine, en soie, ou en coton,sur toutes sortes de tissus, pour habillements et pourmeubles.

Le procédé consiste à former sur l’étoffe, nécessaire-ment dessinée, avec une aiguille, par le moyen d’unmoule rond ou tranchant , des boucles ou points dechaînette en laine, ou en soie, ou en coton, que l’oncoupe ensuite avec des ciseaux pour former, soit levelours, soit des reliefs.

Ces boucles se font de deux manières, à points simpleset à points doubles : le premier point se fait en passantle fil à broder dans l’étoffe et sur le moule; pour lepoint double, on ajoute à chaque boucle un second pointarrière; ce second point est plus solide que le premier,parce que son poil ne peut être arraché.

luirions maintenant des métiers à broder.

Le meilleur métier à broder, ou plutôt le plus facileà manier, est, sans contredit, celui qui est construit surles principes du métier de tisserand, moins le peigneet le buttant, avec un système de plusieurs crochets oude pinces en fer, fixés sur les jumelles ou traverses dumétier, et servant à tendre le canevas sur les deux côtésopposés; cependant ce métier, qui était déjà connu ilil y a plus de cent ans, est peu ou point en usage au-jourd’hui, à cause de son prix de construction, oui est